Gabriel Ranvier, une plaque au héros de Belleville

Le mercredi 25 mai prochain, en fin d’après-midi, M. Éric Pliez, maire du 20e arrondissement, dévoilera une plaque à la mémoire d’un de ses prédécesseurs, Gabriel Ranvier (1828-1879), qui a joué un rôle éminent lors de la Commune de Paris.

Ranvier a représenté le 20e arrondissement au Comité Central de la Garde nationale et, par deux fois, il a été élu maire de l’arrondissement. Depuis la mairie, située à cette époque rue de Belleville, dans l’ancienne guinguette de L’Ile d’Amour, il a veillé sur ses administrés et été l’âme de la résistance de Belleville pendant la Semaine sanglante (21-28 mai 1871).

Le dévoilement sera précédé à 18h00, sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville, 139 rue de Belleville, d’un spectacle historique sur la Commune de Paris par la troupe « Les mystères du Vieux Paris ».

Tous les citoyens de l’arrondissement sont chaleureusement conviés à assister à cette cérémonie

Plaque à l'ancienne mairie du 20e

Gabriel Ranvier, invitation à la cérémonie du 25 mai 2022

« Ranvier. Un long corps maigre au haut duquel est plantée, comme au bout d’une pique, une tête livide, qu’on croirait coupée s’il baissait les paupières […] Mais qu’il ouvre la bouche et qu’il parle, un sourire d’enfant éclaire son visage », L’Insurgé, Jules Vallès

L’élu du 20e

Gabriel Ranvier fait partie de ces figures qui n’ont pas écrit l’histoire de la Commune. Mais qui l’ont faite !

Après la proclamation de la République, Gabriel Ranvier est élu une première fois maire du 20e, le 6 novembre 1870, mais très vite, l’élection de ce « petit patron » d’un atelier de décoration sur porcelaine et laque est invalidée pour faillite quelques années plus tôt.

1ère mairie du 20e

Ancienne mairie de Belleville puis du 20e arrondissement, rue de Belleville

Il entre alors en politique et s’engage plus que jamais aux côtés des blanquistes. Membre du Comité Central de la Garde nationale, il est impliqué dans l’insurrection du 18 mars 1871, date à laquelle il est réélu et reprend ses fonctions de maire du 20e. Et c’est lui qui aura l’honneur de proclamer la Commune de Paris à l’Hôtel de Ville le 28 mars 1871.

Le nouvel édile, par ailleurs franc-maçon, prend les armes et participe aux sorties des fédérés contre les forces du gouvernement de Versailles, notamment à celle, désastreuse, du 3 avril, où Gustave Flourens perd la vie. Le 1er mai, il vote pour l’institution d’un Comité de Salut public. Il combattra avec acharnement jusqu’au dernier jour de la Commune le 28 mai 1871.

Caricature de Ranvier

Portrait de Gabriel Ranvier, maire du 20e arr, musée Carnavalet

Réfugié à Londres, il y reprend son métier et combat pour l’amnistie des Communards. Il milite notamment dans les comités de secours aux réfugiés, puis il se rapproche de Bakounine et des libertaires. Au même moment, en France, il est deux fois condamné par contumace pour participation à la Commune.

En 1879, il demande aux autorités françaises de l’autoriser à passer par Paris. Et c’est rue des Tournelles, à Belleville, qu’il meurt soudainement, le 25 novembre 1879, à 51 ans. 600 personnes, dont 200 amnistiés, suivent son convoi.

Le signataire de la dernière affiche de la Commune

Au soir du 26 mai 1871, il signe la dernière affiche de la Commune… un dernier appel à l’unité et à la solidarité :

« Citoyens du XXe arrondissement

Le moment est venu de combattre avec acharnement un ennemi qui nous fait depuis deux mois une guerre sans pitié.

Si nous succombions, vous savez quel sort nous serait réservé. Aux armes donc, et ne les quittons plus qu’après la victoire. De la vigilance, surtout la nuit […].

Je viens donc, dans un intérêt commun, au nom de la solidarité qui unit en ce moment tous les révolutionnaires, vous demander d’exécuter fidèlement les ordres qui vous seront transmis. Prêtez votre concours au 19e arrondissement, aidez-le à repousser l’ennemi, là est votre sécurité, et la victoire est à ce prix. N’attendez pas que Belleville soit lui-même attaqué, il serait peut-être trop tard. En avant donc et Belleville aura encore une fois triomphé. Vive la République ! »

Une première version de cet article, rédigé par Christiane Demeulenaere-Douyère, vice-présidente de l’Association d’histoire et d’archéologie du 20e arrondissement de Paris (AHAV), est parue dans le Journal municipal Paris Vingtième n°1 – Hiver-Printemps 2021.

Rendez-vous au Printemps des cimetières

Le Printemps des cimetières a lieu tous les ans au mois de mai. Il a été créé en 2016 en Auvergne-Rhône-Alpes par sa commission Patrimoine funéraire avec le soutien de la Région. Et puis, l’événement a pris une ampleur nationale. Il s’agit là d’un patrimoine méconnu et peu mis en lumière. Pourtant, comme tout type de patrimoine, il mérite d’être sauvegardé. Cette année, le Printemps des cimetières a lieu les 20, 21 et 22 mai.

Plus localement au Père Lachaise, de nombreuses manifestations ont lieu ce dimanche 22 mai 2022 à l’intérieur de notre cimetière. En voici la liste :

  • Balade féminine au fil du temps, de 10h30 à 12h00, par l’Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise
  • Sur les Pas d’Isadora DUNCAN, 11h30 à 12h00, par L’association L’Aquilone et la compagnie Le Temps d’Une Danse
  • À la découverte des maréchaux d’Empire et des monuments de la guerre de 1870/1871, de 10h30 à 12h00, par le Souvenir Français du 20e arrondissement
  • La Franc Maçonnerie au Père-Lachaise, de 14h00 à 15h30, par l’Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise
  • L’allée des monuments des camps de concentration et d’extermination, de 14h30 à 17h00, par l’Association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation
  • Les métiers du Père Lachaise, de 11h30 à 17h30, par la Ville de Paris
  • Faune et Flore au Père Lachaise, de 09h30 à 12h30, par la Ligue de Protection des Oiseaux.
  • Visite généraliste du Père-Lachaise, de 14h00 à 15h30,  par l’Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise
  • Vie et œuvres des mathématiciens Monge, Laplace, Fourier et Terquem, de 10h00 à 12h00, par l’Association pour la Formation et l’Animation Culturelle.
  • Balade commentée et dessinée, 10h00 à 12h30 par Auberfabrik
  • Toujours vivante – car la littérature ne meurt jamais, de 14h45 à 16h50, par le comédien Yves Heck de la compagnie Tête Chercheuse

De nombreuses propositions pour tous les goûts suivant vos curiosités. Vous en trouverez toutes les précisions sur le site du Printemps des cimetières :

https://printempsdescimetieres.org/programme-2022/

2022… c’est l’année Perec dans le 20!

Cette année 2022 marque le 40e anniversaire de la mort de l’écrivain Georges Perec, dont une partie de la vie (courte) et une part de l’œuvre (plus importante) sont intimement liées au 20e arrondissement où il vécut enfant.

Georges Perec- Wikipédia.

Perec, de la rue de l’Atlas à Ivry… en passant par la rue Vilin

Georges Perec naît le 7 mars 1936, au 6 rue de l’Atlas (19e arr.), du mariage de Icek Judko Perec (1909-1940) et de Cyrla Szulewicz (1913-1943), juifs d’origine polonaise. Il passe sa petite enfance au 24 rue Vilin, à Belleville, où sa mère tient un salon de coiffure jusqu’en 1942, dont le souvenir occupe une place importante dans son œuvre.

Rue Vilin en 1959

Gamins de Belleville sous l’escalier de la rue Vilin, Paris, 1959. Médiathèque du Patrimoine, donation W. Ronis

Engagé volontaire contre l’Allemagne, son père est tué dès juin 1940. Sa mère envoie son fils en zone libre, à Villard-de-Lans, où il passe le reste de la guerre auprès de son oncle et de sa tante Bienenfeld, tandis que Cyrla est arrêtée et déportée à Auschwitz en février 1943. En 1945, Georges rentre à Paris et est adopté par les Bienenfeld.

Il devient documentaliste au CNRS et entame en même temps une carrière d’écrivain. En 1965, son premier roman Les Choses remporte le prix Renaudot. En juin 1967, il est coopté pour entrer à l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), cooptation qui marque un point important dans son œuvre littéraire puisque désormais ses textes suivront en général des contraintes de type oulipien. Perec est, avec Raymond Queneau et Italo Calvino, un des membres de l’Ouvroir dont les ouvrages ont eu le plus de succès.

Oulipo, écriture innovante

Basile Morin, ambigramme de l’Oulipo

En 1969, il publie La Disparition, son premier roman oulipien, 300 pages écrites sans utiliser la lettre « e ». Au-delà de cette prouesse lexicographique, Perec reprend aussi sa thématique de l’absence et la douleur qu’elle engendre. Il inverse ensuite la contrainte lipogrammatique dans Les Revenentes, où il n’utilise que la voyelle « e » à l’exclusion de toutes les autres, même au prix de libertés orthographiques.

Ensuite il achève W ou le souvenir d’enfance, qui paraît en 1975. Très estimé, ce grand roman moderne obtient un succès critique qui place Perec parmi les meilleurs de son temps. L’alternance binaire d’une fiction fascisante et d’une écriture autobiographique fragmentaire adosse une histoire collective fantasmée au destin singulier de l’orphelin qu’est l’auteur.

À partir de 1976, il publie des mots croisés dans Le Point, soit un total de 135 grilles jusqu’en 1982.

Perec dessiné par la Poste

Timbre-poste en hommage à G. Pérec, 2002.

Perec atteint la consécration en 1978 avec la publication de La Vie mode d’emploi, qui obtient le prix Médicis et un grand succès public, qui permet à son auteur d’abandonner son travail de documentaliste et de se consacrer à l’écriture. Il y explore de façon méthodique la vie des différents habitants d’un immeuble, selon une contrainte de circulation : la polygraphie du cavalier. À cette première contrainte s’ajoutent de nombreuses autres, ordonnées selon un bi-carré latin orthogonal d’ordre.

Le 3 mars 1982, Georges Perec meurt, à 45 ans, d’un cancer du poumon, à Ivry-sur-Seine, quelques mois seulement après avoir publié « 25 choses à faire avant de mourir »[1]. Ses cendres ont été déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise (case 382).

Inédit de Perec

Couverture de Lieux, ouvrage inédit de G. Perec publié en 2022 au Seuil.

Et… Surprise !!… En cette présente année 2022, 40 ans après sa mort, vient de paraitre au Seuil un « nouveau » Perec. Il s’agit d’un recueil de 133 textes restés inédits, intitulé Lieux, dans lequel l’auteur explore « douze lieux, des rues, des places, des carrefours, liés à des souvenirs, à des événements ou à des moments importants de mon existence » sur six années, entre descriptions et souvenirs[2].

« En remontant la rue Vilin »

En 1969, date de la publication de La Disparition, Georges Perec se lance le défi de documenter, année après année, la destruction de la rue Vilin, la rue de son enfance qui serpente sur les coteaux escarpés de Belleville.

Rue Vilin, 20e populaire

Georges Pérec rue Vilin-DR.

L’écrivain projette d’y revenir régulièrement pendant douze ans, ainsi que sur onze autres lieux parisiens, pour conserver la trace d’un triple vieillissement, « celui des lieux eux-mêmes, celui de mes souvenirs et celui de mon écriture » (Espèces d’espaces, 1974). Abandonné en cours de route, ce travail provisoirement intitulé Lieux n’aboutira jamais. Et, le 4 mars 1982, au lendemain de sa mort, les démolisseurs s’attaquaient aux dernières masures de la rue. Ce jour-là tombe le nº 24, la maison où Perec avait vécu avec ses parents.

Escalier donnant sur commerce

La rue Vilin, années 1950 – photo Henri Guérard

Ouverte en 1846 et classée en 1863, puis déclarée îlot insalubre un siècle plus tard, la rue Vilin a disparu dans la réalisation du Parc de Belleville. À l’origine, elle partait de la rue des Couronnes, se poursuivait en ligne droite vers le nord-est, en pente douce, sur 200 mètres environ, avant de se terminer par un escalier d’une cinquantaine de marches qui rejoignait la rue Piat. La chaussée était pavée, les trottoirs étroits, sans arbre. La circulation y était peu importante, du fait de l’escalier au bout, qui la rendait quasiment semblable à une impasse. C’était un terrain de jeu idéal pour les enfants qui aimaient dévaler l’escalier ou jouer tranquillement au ballon dans la rue.

Film de de Robert Bober

En remontant la rue Vilin, de Robert Bober, montage

De la rue Vilin, il ne reste guère que les photos prises par des photographes et les textes de Georges Perec. Le cinéaste Robert Bober s’en est emparé et a reconstitué comme dans un puzzle cette rue disparue. Le film est tout à la fois la reconquête d’un espace, une réflexion sur le regard et un hommage rendu à son ami Perec[3].

Et qui donc est ce M. Vilin qui a donné son nom à la rue Vilin ?

Sans doute un ancien propriétaire des terrains sur lesquels la rue fut ouverte : Pierre Augustin Vilin, né à Paris, section de Popincourt, le 22 juillet 1793 et décédé le 18 mars 1857, à Belleville. Issu d’une famille de tisserands d’Amiens, il fut d’abord vérificateur des bâtiments, tout en étudiant l’architecture à l’École des Beaux-arts de Paris. Il fit une carrière d’architecte et mena des opérations de spéculation foncière qui lui rapportèrent, semble-t-il, une confortable aisance.

Bas de la rue Vilin

9 – Angle de la rue des Couronnes et de la rue Vilin, début du XXe siècle. Carte postale.

Il fut aussi maire de Belleville de la Révolution de février 1848, époque à laquelle il était adjoint, jusqu’aux événements de juin 1848. Il semble être encore conseiller municipal de Belleville en juillet 1853, date à laquelle la sous-préfecture de Saint-Denis le signale comme n’ayant pas prêté serment à l’Empereur.

En 2022, Georges Perec fait encore l’actualité avec le festival Du haut des cimes de Ménilmontant

Printemps de la poésie dans le 20e

Affiche du festival Du Haut des Cimes, édition 2022

Le festival Du haut des cimes de Ménilmontant (6-19 juin 2022) rendra hommage « à l’enfant du quartier, Georges Perec, anniversaire des 40 ans de sa disparition »

le samedi 18 juin, avec 2 spectacles solo, l’un à 18h : L’Encyclopédiste (Conception Encyclopédie de la parole. Texte et interprétation Frédéric Danos) et l’autre à 20h : Beaux présents dorés, ou le voyage dans l’alphabet extraordinaire de Jude Call Mirann (Compagnie belles absentes. Texte et interprétation Julien Marcland) à la MJC des Hauts de Belleville, 43 rue du Borrego.

-le dimanche 19 juin, avec une promenade poétique « Sur les pas de Georges Pérec » avec Stéphane Bouquet et les poétesses Molly Lo Freemann (USA) et Anna Maligon (Ukraine), précédée de la rencontre « Qu’est-ce que tu fabriques ? », avec Stéphane Bouquet (15h-18h). RV entrée du Père-Lachaise, rue des Rondeaux, en face de l’avenue du Père-Lachaise, puis à l’amphithéâtre de verdure du Conservatoire Georges Bizet, 3 place Carmen, rue des Cendriers.

Et, en ouverture du festival, le lundi 6 juin, de 15 à 17h, l’AHAV participera à une visite des poètes du Père-Lachaise. Pour l’AHAV, sortie réservée à ses adhérents et sur inscription.

Rue Vilin et son terrain vague

« Au repos de la Montagne », 53-55 rue Vilin. Image tirée du film « En remontant la rue Vilin » réalisé par Robert Bober en 1992

 

Pour en savoir plus :

Sur Georges Perec et son œuvre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec.

Sur l’Oulipo : https://www.bing.com/search?q=Oulipo%20wikipedia&form=WIKIRE.

Sur le festival Du haut des cimes de Ménilmontant : https://www.facebook.com/festivalduhautdescimes.

____________

[1] https://www.youtube.com/watch?v=Gh81fubFMEw. On trouve beaucoup d’interviews de G. Perec en ligne sur Internet.

[2] L’ouvrage est accessible gratuitement sur https://www.seuil.com/ouvrage/lieux-georges-perec/9782021114096

[3] Film documentaire réalisé par Robert Bober,1992, 48 min, couleur ; nombreux extraits sur Internet.

Quoi de neuf du côté du crématorium du Père-Lachaise ?

Les habitués du Père-Lachaise ont certainement remarqué l’« emballage » récent du crématorium du cimetière. Non, que les touristes nombreux au Père-Lachaise se rassurent… il ne s’agit pas d’une nouvelle œuvre posthume de Christo !… mais plutôt de l’annonce de grands travaux.

Travaux en 2022 du crématorium du Père-Lachaise

Le crématorium du Père-Lachaise « emballé » en avril 2022 dans l’attente des travaux-CD

Une petite histoire de la crémation en France

Elle se confond avec celle des civilisations depuis la préhistoire jusqu’à l’Antiquité et au début de notre ère (en Grèce, à Rome, en Gaule…). L’Europe a abandonné la crémation au fur et à mesure qu’elle s’est convertie au christianisme, dont les adeptes souhaitaient être inhumés « à l’image du Christ ». Charlemagne, dans un capitulaire de 789, interdit la crémation dans son Empire. Et jusqu’au XIXe siècle, il n’en a plus été question en France.

Et vint la IIIe République… En 1880, la première Société pour la propagation de la crémation est créée en France et, un an plus tard, elle compte 420 membres parmi lesquels de nombreux noms illustres, dont Gambetta, Nobel, Paul Bert, De Lesseps, Schoelcher, l’astronome Flammarion, et un jeune député qui allait devenir une figure éminente de la IIIème République, Edouard Herriot… La crémation a alors pour partisans des esprits éclairés, des scientifiques soucieux de l’hygiène et du respect de l’individu, et des Francs-maçons et des Libres penseurs.

Après bien des vicissitudes et des débats parlementaires acharnés, le 29 octobre 1887, est adoptée la loi portant sur la liberté des funérailles : elle autorise les citoyens à choisir un mode de sépulture autre que l’inhumation. La pratique de la crémation commence à se développer.

Introduction dans le four crématoire

Le 1er four crématoire du Père Lachaise. Le Figaro, 13 novembre 1893.

Mais elle se heurte encore longtemps à l’hostilité de Rome qui dénonce ses promoteurs comme « des hommes de foi douteuse ou liés à la secte maçonnique qui travaille activement à rétablir l’usage païen de brûler les cadavres humains ». C’est seulement en 1963 qu’est publié, dans la foulée du Concile de Vatican II, un décret pontifical indiquant « que l’incinération du corps n’affecte pas l’âme… Il ne s’agit pas d’une pratique intrinsèquement mauvaise ou, de soi, hostile à la religion chrétienne » (5 juillet 1963).

Les esprits et les mœurs évoluent lentement, mais, aujourd’hui, la crémation tend à devenir un phénomène de société. En 1980, 1% des obsèques faisait l’objet d’une crémation en France, en 2010, c’était 30% ! Selon le CREDOC, cette tendance s’affirme : on compte 50% d’intentions de crémation. Et cela continuera à progresser, du fait d’une baisse de la pratique religieuse, mais aussi pour des critères sociaux (décider de son devenir après la mort, ne pas être une charge pour ses proches, pas d’entretien des tombes), écologiques (protection de l’environnement, hygiénisme, moindre occupation de l’espace, surtout en milieu urbain), économiques (une crémation est moins coûteuse)…

Le crématorium du Père-Lachaise : un pionnier dans son domaine

Le crématorium du cimetière du Père-Lachaise est le premier de France et jusqu’à maintenant l’unique à Paris. Ouvert à la fin du XIXe siècle, il a réalisé, après des essais sur des animaux, sa première crémation le 30 janvier 1889.

Depuis, cet équipement arrive à saturation. Avec ses cinq fours crématoires, il assure 6 500 crémations par an (45 % des funérailles) alors qu’on en attend près du double dans un avenir proche. Son columbarium qui compte 40 800 cases sur quatre niveaux est aussi saturé.

Une architecture originale et exotique

Crématorium du Père-Lachaise

Le crématorium du Père-Lachaise, vue extérieure. Wikipedia

Entouré des quatre ailes du columbarium, le crématorium a des allures de mausolée antique. Il est implanté dans la partie Est du cimetière du Père-Lachaise sur une superficie de 4 900 m2 (87e div.). Son architecture est de style néo-byzantin, marqué par sa chapelle en appareil polychrome de pierres blanches et noires disposées en bandes horizontales et son toit composé d’un vaste dôme de briques et de grès, de trois petites demi-coupoles et de deux cheminées.

Le Crématorium du Père-Lachaise du projet à aujourd'hui

Le Crématorium du Père-Lachaise, façade postérieure (projet Formigé) et aspect actuel-AHAV

C’est l’œuvre de Jean-Camille Formigé (1845-1926), par ailleurs architecte de plusieurs palais de l’Exposition universelle de 1889, de la grande serre des jardins d’Auteuil (1898-1901) et de monuments au sein même du cimetière (tombe du peintre Guillaume Dubufe (1853-1909) en 1909 (10e div.), chapelle de l’industriel Emile Bariquand (1842-1904) (2e div.) et monument aux Victimes du Bazar de la Charité (92e div.). Le crématorium est décoré de vitraux colorés des verriers Maumejean, posés en 1920.

L’ensemble a été agrandi à plusieurs reprises depuis sa mise en service. Les derniers travaux datent de 2007-2008. Il est classé Monument historique depuis 1995.

Père Lachaise crématorium

Crématorium et columbarium du PL. Vue aérienne.

Dans la salle Landowski, on remarque une statue monumentale, Le Retour Éternel (1954), due au sculpteur Paul Landowski (1875-1961), un artiste internationalement connu pour être, entre autres, le sculpteur de la Sainte Geneviève du pont de la Tournelle à Paris (1928), du Christ Rédempteur de Corcovado à Rio de Janeiro (1931) et des fontaines de la porte de Saint-Cloud (1936).

Espace Landowski au Père Lachaise

Crematorium PL Le Retour Éternel par Landowski (1954)

Après la crémation ?

Rappelons que la crémation est une pratique funéraire qui consiste à incinérer le corps d’un défunt en vue de le réduire en cendres. Le cercueil est introduit dans un four préchauffé à 850-900°C environ, et la crémation dure 90 minutes environ. Une fois achevée, les restes du défunt (os) sont réduits pour obtenir les cendres funéraires, placées dans une urne remise à la famille.

Les cendres peuvent être dispersées dans un jardin du souvenir ou un site cinéraire aménagé dans un cimetière, ou dispersées en pleine nature (loin de la voie publique). L’urne peut aussi être déposée dans un columbarium, scellée sur un monument funéraire ou inhumée dans une sépulture familiale.

Un deuxième crématorium en projet à Paris

Crématorium dans le 19e en 2024

Entrée principale et vue aérienne du futur parc funéraire de Paris, dans le 19e arrondissement (AAVP Architecture)

Il devrait voir le jour en 2024 sur une parcelle de 3 000 m2 située à la porte de la Villette (19e arr.). Bucoliquement baptisée L’Orée, le bâtiment sera en grande partie souterrain, laissant place en surface à un parc planté d’arbres qui ressemblera à une colline arborée.

L’exploitation en sera confiée à une société privée. Selon Le JDD, le projet de la Société des crémations de France (SCF, filiale du leader du secteur Funecap) a été retenu dans le cadre d’un appel d’offres.

Cette opération à 40 M€ comprend également la rénovation du crématorium historique du Père-Lachaise et la gestion des deux sites pour 30 ans.

Doté de quatre fours, le futur « parc funéraire » de la Villette sera « écoresponsable », limitant ses rejets dans l’atmosphère, et « à énergie positive ».

 

Pour en savoir plus :

Les maréchaux d’Empire et Paris, conférence

Au cimetière du Père Lachaise il existe un lieu d’enterrement bien particulier qui a aidé à la notoriété du cimetière. On l’appelle communément la colline des maréchaux, le coin des maréchaux, le quartier des maréchaux, ou même le carré des maréchaux.

Ce lieu nous fait immédiatement penser à Napoléon et ses boulevards des Maréchaux, plus spécialement ceux qui bordent l’est de notre arrondissement. 

Les maréchaux au Père Lachaise

Sépulture du maréchal Davout situé au « quartier des maréchaux » du Père Lachaise-PG

Mais qui sont-ils plus précisément et qu’ont-ils fait notamment pour la défense de Paris en 1814 face aux troupes coalisées de Prusse et de Russie ?

Pour en savoir davantage, l’AHAV et le Souvenir Français (Comité Paris XX) vous invitent à assister à la conférence

Les maréchaux d’Empire et Paris

de la Cour impériale aux combats pour la défense de la capitale en 1814 

 

par Walter Bruyère-Ostells, professeur d’histoire à Sciences Po Aix,

directeur scientifique du service historique de la Défense

 

Jeudi 21 avril 2022 à 18H30

À la Mairie du 20e

Les maréchaux d'empire, conférence

Les maréchaux d’empire, par Walter Bruyère-Ostells

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

Inscription préalable obligatoire par mail : souvenir.français.paris@gmail.com

ou ahav.paris20@gmail.com

Le regard Saint-Martin sous un nouveau jour

À la hauteur du 42 bis rue des Cascades, les travaux de réhabilitation sont prévus pour se terminer fin mars. En ce qui concerne le regard Saint-Martin, la consolidation du mur tout proche  se fait en partenariat avec les services de la Ville et  lui permet ainsi d’assurer sa pérennité.

Il est vrai que le temps avait fait son œuvre, les racines des arbres avaient poussé la terre jusqu’à en bousculer ce mur situé à l’arrière. L’intervention est à la charge de la propriété de la rue de l’Ermitage gérée par la RIVP qui  présente le chantier comme  » indispensable pour sécuriser ce jardin et son mur de soutènement ».

 

Restauration du regard Saint-Martin

L’annonce des travaux de la RIVP en 2021. « Pérenniser le regard Saint-Martin » en bas à droite -PG

 

Rappelons-nous au passage que juste à côté, au n° 44, la scène de la guinguette avec Simone Signoret et Serge Reggiani dans « Casque d’or » a été tournée en 1952 en ces lieux.

Un regard religieusement construit

Le regard Saint Martin a permis le captage des eaux de Belleville. L’aqueduc de Belleville lui-même avait été le premier chantier d’adduction par la ville à l’usage de ses habitants, une construction réalisée vers le 13ème siècle. Notre regard lui-même date du milieu du 17ème siècle à l’initiative des religieux de Saint Martin des Champs, d’où l’origine de son nom.

Il a permis d’accéder à une courte galerie souterraine, et pouvoir ainsi « regarder », surveiller l’eau de Belleville captée pour être destinée à leur enclos.

Le partage avec les religieux du Temple

Mais les religieux de Saint-Martin-des-Champs ont dû partager cette eau avec les religieux du Temple. Ils se sont mis d’accord pour répartir entre eux les frais d’entretien du réseau. La plaque en latin posée à l’entrée du regard nous en fait partager son histoire. En voici la traduction :

« Fontaine coulant d’habitude pour l’usage commun des religieux de Saint-Martin de Cluny et de leurs voisins les Templiers. Après avoir été trente ans négligée et pour ainsi dire méprisée, elle a été recherchée et revendiquée à frais communs et avec grand soin, depuis la source et les petits filets d’eau. Maintenant enfin, insistant avec force et avec l’animation que donne une telle entreprise, nous l’avons remise à neuf et ramenée plus qu’à sa première élégance et splendeur. Reprenant son ancienne destination, elle a recommencé à couler l’an du Seigneur 1633, non moins à notre honneur que pour notre commodité. Les mêmes travaux et dépenses ont été recommencés en commun, comme il est dit ci-dessus, l’an du Seigneur 1722 »

 

Regard Saint-Martin en 1650

Regard Saint Martin, dessin datant de 1650-Archives Nationales

 

Les dessous de ce patrimoine protégé

Pour finir, cet édifice de pierre -propriété de la ville- a dans un premier temps été classé monument historique en 1899, grâce à l’action de la toute nouvelle Commission du Vieux Paris créée deux ans plus tôt.

Comme cette protection légale ne couvrait pas la galerie souterraine alimentant le regard, en 2006 grâce à l’action de l’ASNEP (Association Sources du Nord – Études et Préservation), un nouvel arrêté de classement a permis de combler cet oubli.

À l’occasion de notre prochaine visite guidée du 23 avril, nous passerons devant cet emplacement avec davantage de curiosité.

 

De Charonne au Père Lachaise

Le 13 février 1962

 

60 ans se sont passés depuis les accords d’Évian du 18 mars 1962 qui ont mis fin à la guerre d’Algérie, prélude à son indépendance. La France était alors plongée dans une série d’attentats et de manifestations.

Le mois précédent ces accords, un drame devenu tristement célèbre a eu lieu au métro Charonne : le 8 février 1962, 250 manifestants sont blessés et neuf tués -dont un journaliste de l’Humanité- par la police sous les ordres du préfet Papon. Les neuf victimes ont été étouffées contre les grilles fermées du métro.

Les 9 morts du métro Charonne

Une pleine page sur les victimes du 8 février 1962- (l’Humanité de cette période ?)

Plusieurs organisations politiques et syndicales viennent de commémorer le 60ème anniversaire de cette tragédie. À Paris, il s’agit principalement du PCF (huit militants sur les 9 morts étaient communistes), de la CGT (tous les 9 en étaient membres), du PS et de la Ligue des Droits de l’Homme. Une exposition lui est également dédiée devant la mairie du 11e arrondissement.

60ème anniversaire de Charonne

Présentation de l’exposition Charonne devant la mirie du 11e. PG

Par ailleurs, le préfet de police, Didier Lallement, est venu officiellement fleurir la sépulture collective du Père-Lachaise au nom du président de la République. « C’est la première fois qu’un président de la République rend hommage aux victimes de Charonne » souligne l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie.

 

Tombe des victimes de Charonne

Tombe des victimes de Charonne le 22 février 2022. PG

Gerbe pour la tombe des victimes de Charonne en 2022

Gerbe du président de la République le 8 février 2022. Site de l’Élysée

Le 8 février 1962 au métro Charonne

La manifestation de « défense républicaine » du 8 février a été organisée en réaction à une série d’attentats commis la veille par l’OAS (180 plasticages en deux mois) et qui bouleversent les parisiens. Cette manifestation est interdite comme les précédentes et se termine par une « tuerie », mot repris plus tard par Alain Dewerpe, lui qui avait 10 ans au moment où sa mère Fanny Dewerpe est tuée sur place ce jour-là.

Alain Dewerpe est devenu historien et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). À l’issue de nombreuses recherches documentaires (fonds du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police), il en arrive à conclure que les morts du métro Charonne ne sont pas le résultat d’une « bavure » ou d’un « dysfonctionnement ». D’où le titre explicite de son livre : « Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État ».

Enterrement des victimes de Charonne en 1962

13 février 1962, le cortège à l’enterrement au Père Lachaise. Photo prise à l’angle du boulevard de Ménilmontant et de l’avenue de la République

Au Père Lachaise, les obsèques des neuf victimes 

Le 10 février 1962, le journal Le Monde titrera : Le plus sanglant affrontement entre policiers et manifestants depuis le 6 février 1934.

Le 13 février 1962, une grève générale de protestation et de solidarité avec les familles des victimes paralyse le pays. Les obsèques des 9 victimes ont lieu ce jour-là au Père Lachaise, avec un cortège évalué en centaines de milliers de personnes. Sur la pierre tombale, le nom des morts y est gravé, surmonté de l’inscription suivante : « À la mémoire des victimes du 8 février 1962 ».

Joséphine Baker a habité le 20e

 

J’ai deux Z’amours…

Cet air est revenu sur toutes les lèvres ces dernières semaines quand on ne parlait que de la « panthéonisation » de Joséphine Baker. Mais le souvenir de cette « Grande dame » est peut-être plus proche qu’on ne croit pour les habitants du 20earrondissement.

 

Artiste de music-hall de grand renom, Joséphine Baker (1906-1975) a été danseuse, chanteuse, actrice, meneuse de revue, et une icône des Années folles. Elle a fait le succès de la Revue nègre au Théâtre des Champs-Elysées (1925) et a contribué grandement à l’introduction du charleston en Europe.

Joséphine Baker au Panthéon

Joséphine Baker au Panthéon le 30 novembre 2021 par Plantu

Elle est aussi une femme libre et courageuse qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, choisit la France et participe à la résistance. Et elle utilise sa grande popularité au service de la lutte contre le racisme et pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le mouvement américain des droits civiques.

Ce que l’on ne sait moins, c’est qu’elle a aussi été un temps liée à notre arrondissement. Dans les années 1960, elle pose ses valises et celles de sa famille « arc-en ciel » (12 enfants adoptés de toutes origines) dans une jolie maison de briques rouges, à deux pas de la Campagne à Paris, au coin des rues du lieutenant Chauré et Alphonse Pénaud. On va même jusqu’à parler de l’« hôtel particulier » de Joséphine Baker.

 Joséphine Baker dans le 20e arrondissement

Maison-pignon habitée par Joséphine Baker et sa famille dans les années 1960. CDD

Notre Association d’histoire a peu de renseignements sur le séjour de Joséphine Baker et des siens dans le 20e arrondissement. Si les souvenirs vous reviennent, si vous en savez plus notamment sur cette belle maison, si vous avez envie de partager avec nous, nous vous attendons…

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Pour en savoir (beaucoup) plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_Baker

https://www.franceinter.fr/emissions/france-inter/france-inter-11-mars-2020

Manouchian : une rue, un monument, une cérémonie

 

Depuis 1996, le 21 février donne lieu à une commémoration annuelle dans notre arrondissement. À cette date en 1944, 23 membres du groupe FTP-MOI ont été fusillés par l’Allemagne nazie.

Ce groupe a été appelé groupe Manouchian depuis la création de « l’Affiche rouge » apposée dans Paris. Le 20e en garde la mémoire avec le nom d’une rue, une fresque murale et un monument au Père Lachaise.

Rue du groupe Manouchian

Rue du groupe Manouchian, cérémonie du 21 février 2022 devant les trois plaques commémoratives. La plaque à la mémoire des membres du groupe sera inaugurée en 1999 par Michel Charzat, sénateur-maire du 20e. PG

À l’origine des FTP-MOI

Dès 1924, le Parti Communiste choisit de créer un organisme spécifique « permettant de développer l’action solidaire des travailleurs français et immigrés » (1).

Cette section s’est d’abord appelée la « section de Main-d’Oeuvre Étrangère », la MOE, qui deviendra en 1936 la MOI, « section de Main d’Œuvre Immigrée », période où beaucoup d’entre eux sont partis rejoindre les Brigades internationales en Espagne.

Les FTP-MOI étaient composés de communistes et sympathisants d’origine immigré -avec la section communiste juive-  en relation étroite avec la direction des FTP français.

Le récit de ce mouvement de résistance a été diffusé sur France 3 : il fait partie de l’excellente série documentaire produite par Patrick Rotman en 1994 « les brûlures de l’histoire ». En fin d’émission, l’historien Stéphane Courtois, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du mouvement communiste, nous affirme à l’appui des derniers documents connus que « le groupe n’a pas été trahi. Ni par la direction communiste, ni par des responsables communistes ».

Procès du groupe Manouchian dans la presse

La une du Matin daté du 20 février 1944

Sur les 24 accusés qui font face au tribunal militaire allemand, 1 accusé est transféré devant une juridiction française. Les 23 autres sont condamnés à mort sans possibilité d’appel, et 22 sont fusillés le 21 février, au fort du Mont-Valérien ; la 23ème, Olga Bancic voit sa condamnation suspendue pour supplément d’enquête. Elle sera rejugée le 10 mai 1944 à Stuttgart et exécutée par décapitation le jour de ses 32 ans.

Les lieux mémoriels du groupe Manouchian dans le 20e

Au Père Lachaise, un large espace appelé parfois « le panthéon des communistes » s’étire près du mur des Fédérés. C’est à cet endroit que le monument (cénotaphe) des FTP MOI a été érigé, entre la tombe de Waldeck-Rochet et le caveau du PCF.

La mosaïque posée sur la stèle est l’œuvre du mosaïste Verdiano Marzi ; sur la pierre tombale nous pouvons lire un extrait du poème d’Aragon écrit en 1956 qui leur est dédié. Ces vers seront mis en musiques et chantées en 1959 par Léo Ferré sous le titre « l’Affiche Rouge »,puis repris par Marc Ogeret, Leny Escudero et Bernard Lavilliers.

Monument FTP MOI groupe Manouchian

Monument FTP-MOI au Père Lachaise. PG

Ce monument à l’initiative du Parti communiste français a été inauguré le 20 mai 1989 par Georges Marchais, secrétaire du PCF et Henri Rol-Tanguy, entourés de la direction du parti et Mélinée, la veuve de Missak Manouchian.

Henri ROL-TANGUY, responsable des FFI de la région parisienne, a pris la parole pour notamment rappeler les faits sur les derniers jours de leur vie :

… Les nazis vont alors reprendre l’idée d’un procès public ; dans l’impossibilité de détruire la Résistance, ils vont tenter de la diviser. Ce sera le procès dit de l’Affiche rouge. La Résistance focalisée sur les étrangers et les juifs…

Procès Manouchian par la presse

La une de Paris Soir daté du 21 février 1944

Le 17 février 1944, à l’Hôtel Continental à Paris, vingt-trois FTP-MOI ayant participé à cent cinquante actions, de janvier à novembre 1943, défiaient la cour martiale.

Le 21 février, ils tomberont au Mont-Valérien… L’Affiche rouge se couvrit d’inscriptions : « martyrs », « Morts pour la France ».

L'affiche rouge, verso du tract

L’Affiche Rouge a été décliné sous form de  tract. Ci-dessus le texte imprimé au verso  « L’armée du crime »  . Wikipédia

 

En plus du cénotaphe au Père Lachaise, vous pouvez lire notre article sur la rue du groupe Manouchian, son histoire, son projet en cours et sa fresque toute proche qui lui est dédiée.

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(1) Extrait du discours de Georges Marchais le 20 mai 1989 au Père Lachaise.

Rénovation du Pavillon Carré de Baudouin

Le Pavillon Carré de Baudouin avait besoin d’être réhabilité dans sa partie réservée au public. Le début des travaux est finalement programmé en juillet 2022 pour durer environ 6 mois.

Aucune exposition n’aura donc lieu pendant cette période. Cette initiative a été rendue possible grâce à deux projets issus des budgets participatifs de 2019 et 2021.

Pour mémoire, l’AHAV a été à l’origine de la sauvegarde du lieu voué à la promotion immobilière. Le PCB a finalement été racheté  par la ville. Longtemps caché aux regards des passants, cette folie  du 18ème  siècle a été restaurée puis ouverte au public en 2007.

La nature des besoins de réhabilitation

Pour restituer le détail de cette toute prochaine réalisation, Éric Pliez maire du 20e a invité les associations concernées et ceux qui ont contribué à la vie du PCB à une réunion d’information.

Celle-ci s’est tenue le 18 février en présence du maire du 20e arrondissement, de membres de la municipalité et du cabinet d’architecture JAGG situé rue de Belleville.

À l’intérieur du PCB, Il s’agit d’en améliorer l’entrée, la circulation interne, la signalétique, l’espace d’accueil vieux et non fonctionnel, l’auditorium en mauvais état (acoustique, qualité d’image, besoin de remise aux normes…) et les salles d’expositions.

PCB, présentation de la rénovation

Prochains travaux au PCB 2022 : exposé du cabinet JAGG

L’extérieur du PCB aussi concerné

Madame Jeanne Gerbeaud, architecte du cabinet JAGG en charge du projet, a également présenté les autres interventions à l’extérieur du PCB :

  • La façade « Palladio » sera visible depuis la rue grâce au remplacement partiel du mur par une grille d’une longueur de 7,5 mètres.
  • Un « pavé enherbé » sera posé entre le PCB et le début du jardin
  • Une grille basse séparera le Pavillon Carré de Baudouin du jardin.
Pavillon Carré de Baudoui en travaux

PCB projet de grille donnant rue de Menilmontant

Après le feu vert de tous les intervenants et celui de l’Architecte des Bâtiments de France, le permis de construire -qui n’a pas fait l’objet d’oppositions- devrait être obtenu tout prochainement.

La présentation illustrée de madame Jeanne Gerbeaud a été suivie par plusieurs questions-réponses et seul un opposant au projet a regretté un manque de concertation, affirmation  contestée sur place par les représentants de la municipalité.

Enfin à propos de ces toutes prochaines améliorations, retenons la formule poétique exprimée ainsi sur place : ce bâtiment unique à Paris deviendra après sa rénovation, le phare culturel de l’arrondissement. L’annonce d’une ambition déjà en germe dans les progrès de sa programmation actuelle.

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Pour en savoir plus :

https://mairie20.paris.fr/pages/les-travaux-de-rehabilitation-du-pavillon-carre-de-baudouin-20420