Quand les murs racontent l’histoire de la guerre 

 

Conférence le jeudi 19 janvier à 18h30 précises à la mairie du 20e

Le 25 août 1944 marque la fin de l’occupation de Paris par les troupes allemandes commandées par le régime nazi. Depuis l’arrivée de l’occupant le 14 juin 1940, Paris a été le théâtre de nombreux drames dont les murs témoignent.

Cérémonie à l'entrée de la RATP

Ratp, plaque du dépot de Lagny. hommages du 25 août 2022-PG

Riche d’environ 150 plaques commémoratives, le 20e arrondissement continue largement à raconter cette histoire : mémoire de la Résistance, notamment communiste, mémoire de la persécution des populations juives implantées dans cet arrondissement populaire, en particulier des enfants, mais aussi traces de l’insurrection pour la libération de Paris.

Plaques mémorielles du 20e

Plaques à la mémoire d’habitants du 20e, fleuries par la Mairie et l’Hôtel de Ville-PG

C’est à l’histoire de cette période, à travers ce que disent les plaques et à l’histoire de ces dernières qu’est consacrée cette conférence.

Par Céline LARGIER VIÉ, Maître de conférences en linguistique allemande et française à Sorbonne Nouvelle.

____________

Pour en savoir plus  sur les plaques de rue et les plaques mémorielles à Paris, écoutez l’émission Le Cours de l’histoire diffusée le 16 septembre 2021 sur France Culture , en cliquant sur « Les plaques dans la ville, la mémoire au coin de la rue »

 

La Résidence Alquier-Debrousse fêtait, il y a peu, un double anniversaire : le 130ème anniversaire de la création de la Fondation Alquier-Debrousse, qui fut à l’origine de l’ancien hospice Debrousse, rue de Bagnolet, aujourd’hui disparu, et le 40ème anniversaire de l’ouverture de la Résidence Alquier-Debrousse qui lui a succédé, à peu près au même endroit.

Une sympathique réception a été l’occasion pour les résidents et leurs familles de faire retour sur la mémoire du lieu, à travers plusieurs conférences sur son histoire et sur celle du quartier de Charonne. L’Association d’histoire et d’archéologie du 20e arrondissement, invitée, a été heureuse d’apporter son concours à cette manifestation en évoquant l’histoire de Charonne, du village au quartier.

 

anniversaire de l'Epahd Debrousse

Invitation à la rencontre du 8 novembre 2022

L’ancien parc du Château de la duchesse d’Orléans

Rue de Bagnolet, au coin de la rue des Balkans, subsiste derrière une belle grille ouvragée un élégant pavillon de style Régence, le Pavillon de l’Ermitage. Il doit son nom à son décor intérieur d’ermites peints en grisaille par Jean Valade (1710-1787), un peintre qui travailla dans l’atelier des frères Coypel.

Le pavillon de l'Ermitage, rue de Bagnolet

Le pavillon de l’Ermitage, rue de Bagnolet

Le pavillon a été construit dans les années 1720 à la demande de Françoise Marie de Bourbon (1677-1749), fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, et duchesse d’Orléans par son mariage avec Philippe d’Orléans, Régent de France à la mort de Louis XIV.

Ce pavillon, œuvre de l’architecte Serin, était une « folie » où, à la belle saison, on pouvait se reposer, prendre une collation ou écouter de la musique. C’est le seul vestige d’un vaste parc, qui en comptait trois autres, toutes disparues aujourd’hui, celui du château de Bagnolet, déboisé et vendu en lots par les héritiers de la duchesse d’Orléans dès la fin du XVIIIe siècle.

Plan du parc et du château de Bagnolet

Plan du parc et du château de Bagnolet

Le domaine de Bagnolet était vaste (56 ha) et s’étendait entre Charonne et Bagnolet. Le château lui-même se trouvait sur le territoire de Bagnolet. Achevé vers 1725, il fut démoli en partie dès 1770. Il se trouvait approximativement à l’emplacement de l’actuel échangeur de Bagnolet.

Dans Charonne, le parc du château longeait la partie sud de la rue de Bagnolet entre la rue des Balkans et le boulevard Davout actuels, et comprenait une bonne partie du sud du 20e arrondissement. Pour gagner sans embarras son domaine, la duchesse d’Orléans avait fait ouvrir une belle avenue plantée d’ormes, dite « avenue Madame », correspondant à notre rue des Orteaux, qui coupait à travers champs, d’ouest en est, et contournait le village de Charonne.

Le château de Bagnolet, vue générale

Le château de Bagnolet, vue générale

La duchesse d’Orléans acquit cette résidence et son parc vers 1719 et elle y réalisa d’importants travaux d’agrandissement et d’embellissement. Le parc fut redessiné par Claude Desgots (1655-1732), petit-neveu d’André Le Nôtre, le jardinier de Versailles, qui travailla aussi aux parcs de nombreux châteaux de la région parisienne (Issy, Choisy, Champs-sur-Marne).

A la mort de la duchesse, le domaine fut vendu et dispersé. Il passa entre diverses mains, dont celles du baron de Batz, célèbre comploteur contre-révolutionnaire qui imagina de faire évader Louis XVI au matin de son exécution, et du confiseur du Roi Pomerel…

La Fondation Alquier-Debrousse

La fondation de l’œuvre Debrousse revient à Marie-Catherine Alquier née Debrousse (1841-1883), épouse du baron Charles-Arthur Alquier (1827-1871), député de la Vendée. Elle disposait d’une importante fortune, mais fut affectée par plusieurs deuils familiaux. En mémoire de son père Hubert Debrousse, un autodidacte qui fit fortune dans les travaux publics – il travailla notamment à l’ouverture du boulevard de Magenta, à Paris -, elle souhaitait créer à Paris un hospice pour vieillards (hommes et femmes). Le 10 décembre 1885, l’Assistance publique recevait d’elle un legs de près de 6 millions de francs-or.

Portrait de la baronne Marie-Catherine Alquier-Debrousse

Portrait de la baronne Marie-Catherine Alquier-Debrousse, avec sa fille Valérie-Marie-Louise (1862-1870), par Laure Brouardel, huile sur toile (détail). Coll. CASVP

L’hospice Alquier-Debrousse fut édifié selon les plans des architectes Bernard et Dezermaux sur un terrain acheté par l’administration à Charonne, sur une partie de l’ancien parc du château de Bagnolet, démembré à la fin du XVIIIe siècle. Le legs de la baronne Debrousse-Alquier permit l’achat de la propriété Mader, sise aux 148-150 rue de Bagnolet, la construction et l’ameublement de l’hospice.

L'hospice Debrousse détruit en 1978. Photo CASVP

L’hospice Debrousse détruit en 1978. Photo CASVP

L’hospice, dont l’inauguration eut lieu en juillet 1892, accueillait des indigents parisiens âgés d’au moins 70 ans ou atteints d’une infirmité incurable. D’autres membres de la famille Debrousse – son frère Jean Hubert, en 1899, et sa mère, Marie Félicie Dessans, en 1913, en suivant son exemple, en tout 23 millions de francs-or –, contribuèrent à l’achat de nouveaux terrains et à l’agrandissement de l’hospice dès 1908.

On comptait 194 lits en 1896, 200 en 1900, et doubla ses capacités dans la première décennie du XXe siècle. En 1960, il abritait 556 lits contre 440 en 1948.

La Résidence Ehpad Debrousse

Les conditions d’accueil des personnes âgées ont considérablement évolué à partir du milieu du XXe siècle. Comme dans d’autres hospices, le modèle d’accueil des personnes âgées et la vétusté des locaux firent l’objet de nombreuses critiques. Dès les années 1960, l’ancien hospice Debrousse était obsolète et il fut démoli en 1978.

En application de la politique d’humanisation et de modernisation mise alors en œuvre dans les structures d’accueil du troisième âge, une résidence plus moderne et mieux adaptée aux besoins des résidents a remplacé le vieil hospice à la vie austère et à la discipline militaire.

Un décret du ministère de la Santé publique du 30 décembre 1972 a rattaché l’hospice Debrousse au bureau d’aide sociale de Paris (CASVP) ; depuis cette date, l’Assistance publique ne gère plus l’établissement.

Jardin de l'hospice Debrousse, rue de Bagnolet (20e arr.)

Jardin de l’hospice Debrousse, rue de Bagnolet (20e arr.)

D’un cimetière carolingien à une église villageoise

Dans le prolongement des Journées Européennes du Patrimoine, nous terminons par ce troisième article notre approche sur L’archéologie dans le patrimoine parisien. Après avoir ensuite abordé Les fouilles du 20e arrondissementcet article est cette fois-ci exclusivement consacré à l’église de Charonne avec ses richesses retrouvées.

______

L’église de Charonne rénovée-PHD

L’église de Charonne est située sur le flanc de la colline de Ménilmontant. Ses fondations n’étaient pas profondes et le sol marneux présentait une faible portance.

Des travaux de consolidation

L’église était donc instable, ce qui a nécessité des travaux de consolidation. Au XIXème siècle, deux contreforts ont été construits contre la façade sud du chœur pour remédier au “glissement” de l’édifice.

Malgré ces travaux de renforcement, des désordres sont constatés lors de la réfection de la toiture et, en 2007, la ville a commandé une étude approfondie comprenant des sondages géotechniques qui ont confirmé la faible assise des fondations.

Étai à l’intérieur de l’église de Charonne-MdP

Une étude de l’édifice menée par l’architecte en chef des Monuments Historiques Jean-François Lagneau ainsi que d’un premier diagnostic archéologique dirigé par Catherine Brut (DHAAP, Ville de Paris) est effectuée en 2012.

L’instabilité du bâtiment mettant celui-ci en danger, la ville a programmé une opération de consolidation pérenne des fondations de l’édifice.
Ces travaux de consolidation par la technique du « jet grouting » ont eu lieu durant le deuxième semestre 2014. Le procédé  « jet grouting » consiste à forer le sol à l’aide d’un jet de fluide(s) à haute pression et à le mélanger avec un coulis de ciment permettant de le renforcer.
Puis par précaution, des fouilles complémentaires ont été décidées en 2014 car la technique du « jet grouting » est aussi par nature destructrice.

À l’origine, un cimetière villageois

L’opération de fouille du chœur de l’église Saint-Germain de Charonne a permis de trouver les premières traces d’occupation humaine sur le versant sud de la colline de Ménilmontant à l’époque carolingienne, c’est-à-dire à une période qui s’étend de 750 jusqu’au Xème siècle.

Fouilles à l’intérieur de l’église de Charonne-MdP

Les premières traces d’occupation du site se résument à deux tessons de céramique gallo-romaine, un fossé et des trous de poteaux qui datent IXème siècle. Les archéologues n’ont pas trouvé d’objets ou de traces d’occupation humaine plus ancienne. Il semblerait donc que la première installation humaine à cet endroit ait eu lieu au cours de l’époque carolingienne.

Les fouilles ont aussi fait découvrir une série de trente-deux sépultures ainsi qu’un mobilier céramique. Les structures funéraires sont proches les unes des autres ce qui semble exclure l’hypothèse d’un groupe d’inhumations isolées au sein de l’habitat.

Un squelette à l’intérieur de l’église de Charonne-MdP

En l’état actuel de nos connaissances, aucun édifice religieux n’existe alors à cette époque, il faut voir en ce groupe d’inhumations la naissance d’un cimetière villageois qui sera à l’origine de la première église.

La légende de sainte Geneviève

Cette église a également fait l’objet d’une légende attachée à Paris. Selon cette fameuse légende, saint Germain alors évêque d’Auxerre, aurait rencontré vers 430 après Jésus Christ, sur les coteaux de Charonne, une jeune fille qui deviendra sainte Geneviève, la future patronne de Paris. On raconte que l’église de Charonne aurait été érigée par les habitants du lieu à l’emplacement d’un petit oratoire en souvenir de cette rencontre.

Les recherches archéologiques montrent que c’est probablement inexact, il n’y a aucune trace d’un ancien oratoire à l’emplacement de l’église et aucun document n’atteste de sa présence.

La première église du village

Les archéologues datent la construction d’une première église au début du XIIème siècle. On trouve la première mention de Charonne dans un acte de Robert II à la fin du Xème siècle. La première mention d’une église à Charonne date de 1140. Elle nous est fournie par un acte de donation par l’évêque de Paris, Étienne de Senlis, au prieuré clunisien de Saint-Nicolas d’Acy. Cette donation est confirmée quelques années plus tard par une bulle du pape Eugène III

Le village de Charonne – Paris

Les quelques traces retrouvées de cette première église montrent que nous sommes probablement en présence d’un édifice de type basilical à une nef de 7,50 m de largeur. À ce premier état de l’église de Charonne sont associées vingt sépultures qui sont creusées au pied du chevet, à l’extérieur de l’édifice. De ce premier état connu de l’église ne subsistent que les éléments à la base d’une pile. Aucune inhumation dans l’église n’a été repérée.

Quant à la construction du clocher, elle serait légèrement postérieure à celle de l’église puisqu’elle date de la fin du XIIIème siècle. La datation s’appuie sur l’étude stylistique de la sculpture qui est à rapprocher de celles des églises de Vitry, Chennevières, Arcueil ou Bagneux. Il semblerait qu’à l’origine un clocher latéral aurait été érigé au sud d’une nef primitive. La liaison du clocher au reste de l’édifice reste indéterminée.

L’église actuelle
C’est au XVème siècle que l’église est largement agrandie pour adopter la configuration que nous lui connaissons aujourd’hui, avec un vaisseau central flanqué de deux collatéraux. Deux inscriptions encadrent la chronologie de cette phase de reconstruction.

  • La première, datée de 1428, est insérée dans l’une des piles soutenant le clocher. Elle rappelle l’octroi par l’évêque de Paris de quarante jours d’indulgences pour une collecte de fonds dont le but reste cependant incertain.
  • La seconde célèbre la dédicace du nouvel édifice par l’évêque de Paris Guillaume Chartier (1449-1472), probablement en 1460. Rien ne permet de confirmer que les travaux étaient achevés à cette date puisqu’un autre texte stipule que trois autels avaient été consacrés en 1527.

Le présent article est extrait du rapport de fouilles de février 2016. Chargé de mission : Julien Avinain, Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de la Ville de Paris (DHAAP).

Prochain article :  un cimetière carolingien à Charonne.

Proust du temps de sa vie et au-delà

Le dernier chapitre de la vie de Proust se trouve au Père Lachaise, son passage du temps perdu vers le temps éternel. Décédé le 18 novembre 1922 à l’âge de 51 ans, ses funérailles ont lieu trois jours plus tard, notamment avec les honneurs militaires en tant que chevalier de la légion d’Honneur.

Le hasard fait que tout près de la tombe familiale se trouve enterré Pierre GRIMBLAT, résistant puis producteur/créateur des séries télévisées comme Navarro ou l’instit. Tous les deux sont nés d’une mère juive, et si Marcel Proust décède en 1922, Pierre GRIMBLAT naîtra cette année-là.

Centenaire au Père Lachaise

La tombe de Marcel Proust le 18 novembre 2022-PG

Le nom de Marcel Proust est connu du monde entier et au Père Lachaise, et il arrive très souvent que des étrangers viennent demander où se trouve sa tombe. Le nom, un nom, le sujet de sa citation : « Un nom, c’est bien souvent tout ce qui reste pour nous d’un être, non pas même quand il est mort, mais de son vivant ».

Vie privée, reconnaissance publique

Tout le monde connaît en premier lieu sa vie recluse d’homme à la santé fragile, comme en témoigne sa dernière gouvernante Céleste Albaret.

En ce qui concerne les faits de son temps, en 1898 Proust assiste au procès de Zola. Lui et son frère Robert signent la pétition de l’Aurore et « l’affaire Dreyfus » entrera à différentes reprises parmi les personnages de son œuvre.

Fin 1919, le prix Goncourt lui est décerné pour son livre À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

Souvenir d'enfance - Proust

Marcel Proust, timbre de 1966 devant Illiers-Combray

Le 24 novembre 1920, son frère Robert Proust -lui-même officier de la Légion d’honneur- le « fait » chevalier de la Légion d’honneur avec l’accolade protocolaire… mais sans lui remettre l’insigne, cette croix bien matérielle mais sans doute oubliée ou perdue ce jour-là.

Proust - Timbre

Proust timbre portugais

Proust aurait pu mourir plus tôt

Autre événement de sa vie privée mais qui devient publique : dans le Journal daté du 3 février 1897 et à propos de la parution du livre Les Plaisirs et les jours, Jean Lorrain (sous le pseudonyme de Raitif de la Bretonne) évoque ainsi de manière à peine voilée la relation intime de Marcel Proust avec Lucien Daudet :

« Marcel Proust obtiendra sa préface de M. Alphonse Daudet, de l’intransigeant, M. Alphonse Daudet lui-même, qui ne pourra la refuser, cette préface, ni à Mme Lemaire ni à son fils Lucien. »

Compte tenu de la morale de l’époque, Marcel Proust alors âgé de 25 ans se voit contraint de « laver son honneur » et doit provoquer en duel Jean Lorrain, ce critique littéraire redoutablement connu comme « chroniqueur du vice parisien ». Le duel a lieu Le 6 février dans le bois de Meudon, les duellistes tireront volontairement vers le bas et l’incident se terminera ainsi.

Le public informé du duel - Proust

Duel de Proust in  » Le Siècle » du 7 février, 1897

La mort de Marcel Proust

Proust meurt à son domicile parisien le 18 novembre 1922. On peut voir son lit de mort au musée Carnavalet. Ce jour-là, son frère Robert (médecin) était venu le soigner.

Trois jours plus tard ont lieu les funérailles, soit au même moment où à l’hôpital Tenon Robert devait inaugurer le nouveau service de radiumthérapie en tant que « patron ». Il se fait donc représenter et lui et sa famille se rendent aux funérailles de son frère, en l’église Saint-Pierre de Chaillot puis au Père Lachaise.

Marcel Proust sur son lit de mort

Marcel Proust sur son lit de mort, par DUNOYER DE SEGONZAC-Musée du Louvre

Sur sa tombe familiale en marbre noir, une croix « pattée » a été sculptée comme signe religieux. Marcel Proust s’en était libéré par avance dès 1896 dans sa lettre en réponse à Robert de Montesquiou : « si je suis catholique comme mon père et mon frère, par contre, ma mère est juive. Vous comprendrez que c’est une raison assez forte pour que je m’abstienne de ce genre de discussions ».

 

L’attentat sur sa tombe

Sa tombe se trouve à la 85ème division. Elle n’est pas celle d’origine et on a pu souvent raconter que celle qui s’y trouve actuellement l’a remplacé à la suite d’un attentat à l’explosif. Il y a eu effectivement un acte manqué puisque cette bombe artisanale a eu simplement pour effet de déplacer légèrement la dalle et d’y laisser une trace de poudre rouge.

Stéle avec le père de Proust

Proust et la tombe familiale d’origine-BnF

Mais en fait, si l’explosion a bien eu lieu le 9 novembre 1978, comme le rapportent une dépêche AFP puis les différents quotidiens nationaux, la pierre tombale actuelle était déjà installée comme le prouve la photo illustrant l’article paru dans l’Aurore. À l’arrière du monument, on peut y voir encore aujourd’hui en surface le léger impact de l’explosif qui faute d’accrochage sur le marbre, serait finalement parti en l’air comme un feu d’artifice.  

La version plus vraisemblable est que cette première tombe avait été endommagée lors de la deuxième guerre mondiale et elle a été remplacée par la suite, sans que nous en connaissions pour autant la date précise… mais en tout cas bien avant cet incident de 1978.

Sa famille au Père Lachaise

Dans la sépulture familiale on y trouve sa mère Jeanne Weil Proust et son père Adrien Proust. Sur la stèle on pouvait y voir le portrait en bronze du père, neurologue et professeur à la faculté de médecine, portrait sculpté par Marie Nordlinger. Cette oeuvre a été ensuite récupérée pour être apposée sur le mur de la maison natale du père, à Illiers-Combray.

En 1935, Robert Proust sera le dernier à rejoindre la tombe familiale. Par ailleurs, deux sépultures de la famille maternelle de Proust -également riche d’histoire- se trouvent dans l’ancien enclos juif de notre cimetière.

Enfin en 2021, la Société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray reçoit un chèque de 400 000 euros du Loto du Patrimoine, montant qui lui permet de rénover le musée qui porte son nom.

 

La DGSE va quitter « la Piscine » pour Vincennes

 

À l’occasion de l’exposition actuelle de la DGSE en mairie du 20e « Le service secret français et le 20e arrondissement », nous rééditons cet article paru pour la première fois le 17 août 2021. L’exposition se termine le 5 novembre prochain.

_____________-

 

Le 20e continue de se transformer. Les agents de la DGSE vont quitter leur quartier général du boulevard Mortier, dans le 20e arrondissement, pour s’installer dans une toute nouvelle caserne aux installations ultra-modernes, en lisère du bois de Vincennes. Ce déménagement « hors norme » est prévu pour 2028.

Pourquoi la « Piscine » ?

 

Le quartier général historique des services français de renseignements extérieurs est installé depuis 1945, dans la « Centrale », une caserne jouxtant la piscine des Tourelles (aujourd’hui piscine Georges Vallerey), d’où son surnom de « la Piscine » popularisé par les films et les romans d’espionnage.

Piscine Georges-Vallerey

Piscine Georges-Vallerey (XXe) avec les anneaux olympiques

Depuis cette installation, les lieux ont été modernisés, notamment avec la construction d’une grande tour centrale dans les années 1970. En 1997, a été ajoutée une seconde parcelle, sise de l’autre côté du boulevard Mortier, reliée à l’immeuble de la DGSE par un long souterrain. Mais les lieux restent extrêmement contraints par l’architecture d’origine des bâtiments qui n’avaient pas été conçus pour abriter un grand service moderne, capable d’utiliser tous les moyens actuels de recueil et d’exploitation du renseignement.

Le nombre d’agents a doublé en 30 ans

 

Au fil des années, le nombre d’agents secrets a aussi beaucoup augmenté. En 1931, la DGSE comptait 3 500 officiers ; aujourd’hui, ils sont plus de 7 000. De plus, le travail s’est complexifié. Les missions d’aujourd’hui demandent d’intégrer systématiquement des capacités d’interception cyber. Les bureaux surpeuplés se sont multipliés, avec des fils et des branchements électriques anarchiques, ce qui ne pouvait plus durer.

Plus qu’un simple déménagement

 

L’idée présentée par le directeur général Bernard Emié est bien plus qu’un simple déménagement. Il s’agit en fait de doter la DGSE d’un outil de commandement à la hauteur de ses ambitions et, surtout, des menaces actuelles. Entre le terrorisme et la montée en puissance des nouveaux Etats comme la Turquie, la Chine, l’Iran ou la Russie, il faut mettre en place des structures puissantes, capables de fournir des accès techniques à toutes les autres agences de premier cercle de la communauté du renseignement : la DGSI à l’Intérieur, la Direction du Renseignement militaire (DRM), la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD) ou le Commandement cyber pour les Armées.

Le Fort-Neuf de Vincennes, futur siège de la DGSE.

Le Fort-Neuf de Vincennes, futur siège de la DGSE.

Le site de Vincennes s’étendra sur 20 hectares, soit deux fois la taille des bâtiments actuels. Il sera doté de capacités informatiques qui sont celles de l’avenir. Le montant du projet s’élève à 1,3 milliard d’euros.

Un peu d’histoire

 

La DGSE est actuellement installée sur l’emplacement de l’enceinte militaire construite en 1841-1844, à l’initiative de Thiers, pour protéger Paris contre une invasion ennemie comme en 1814. Englobant la totalité de la capitale, 33 km de long, l’enceinte de Thiers, détruite en 1919-1929, se situait entre les actuels boulevards des Maréchaux et le boulevard périphérique. En fait elle ne servit jamais, sauf pendant les deux sièges de Paris en 1870 (par les Prussiens) et 1871 (par les Versaillais).

La caserne Mortier, pavillon sous officiers, vers 1937

La caserne Mortier, pavillon sous officiers, vers 1937. Carte postale.

 

En octobre 1940, la caserne des Tourelles devint un camp d’internement pour les étrangers. Des Français y furent internés à partir de juillet 1941, avec l’ouverture d’une section pour les communistes. Un bâtiment était affecté aux hommes, un autre aux femmes, le troisième étant réservé d’abord au recrutement du STO, puis au service des œuvres pour les prisonniers de guerre (fin 1941).

 

Le camp d'internement des Tourelles, 1940-1944

Le camp d’internement des Tourelles, 1940-1944.

Le camp des Tourelles fut l’un des principaux lieux de détention parisiens des femmes juives, le camp de Drancy étant réservé aux hommes jusqu’à la mi-juillet 1942. En août 1942, un seul bâtiment était affecté à l’internement, visant non plus les Juifs (envoyés directement à Drancy), mais les étrangers, comme les républicains espagnols, et des politiques, puis des réfractaires au STO. Le bâtiment central devint une annexe des prisons de Fresnes et de la Santé. Le camp fut libéré le 17 août 1944 ; près de 8 000 personnes y ont été détenues entre octobre 1940 et août 1944.

Depuis 1945, la DGSE occupe deux anciennes casernes situées de part et d’autre du boulevard Mortier : la caserne des Tourelles (Centre administratif des Tourelles) et, depuis 1996, la caserne Mortier. Les membres de la DGSE les désigneraient sous le nom de « centrale » et de « Mortier ». Les médias ont surnommé la DGSE la « piscine » en raison de sa proximité avec l’ancienne piscine des Tourelles, alors que le surnom donné en interne serait plutôt « la boîte ». Le quartier général du service Action est au fort de Noisy, à Romainville.

Déjà, un projet de délocalisation, dit projet « Fort 2000 », lancé en 1992, envisageait de déménager le siège de la DGSE au fort de Noisy. Il échoua à cause du manque de finances. Malgré la baisse du budget, à la suite de l’opposition des riverains du fort qui craignaient des nuisances sonores et de mouvements écologistes, car la zone abrite une espèce rare de crapauds (le Bufo Calamita), le projet fut abandonné définitivement en mai 1996. A la place, la DGSE reçut la caserne Mortier.

Un nouveau projet de déménagement est maintenant annoncé pour le Fort-Neuf de Vincennes. Construit entre 1841 et 1844, c’est l’un des seize forts détachés de l’enceinte de Thiers. Les travaux commenceront en 2024 et le transfert devrait être achevé en 2028.

 

Un mot sur la piscine des Tourelles, actuellement piscine Georges Vallerey

 

La piscine des Tourelles a été construite à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 1924 ; elle fut la piscine du siège de la Fédération française de natation et abrita de nombreux championnats de France de natation. C’est en 1959 qu’elle reçut le nom du célèbre nageur médaillé de bronze aux Jeux de Londres 1948 et détenteur de sept records d’Europe entre 1945 et 1949, Georges Vallerey (1927-1954). Pour la petite histoire, Johnny Weissmuller (le futur acteur de Tarzan !) qui prit part aux Jeux olympiques d’été de 1924, y remporta les médailles d’or des 100 et 400 mètres nage libre, et du relais 4×200 mètres nage libre.

Pour en savoir plus :

Sur la DGSE :

Sur l’enceinte de Thiers :

L'Enceinte de Thiers

Sur le Stade des Tourelles, puis piscine des Tourelles et piscine Georges Vallerey :

 

Piscine "habillée" pour 2024

Haussmann et les cimetières : le faux départ du Père Lachaise pour Méry-sur-Oise

Au moment de la Toussaint, il est bon de nous rappeler qu’au 19ème siècle notre cimetière a failli disparaître. La fermeture du Père Lachaise n’a finalement pas eu lieu, mais la bataille aura été longue. Rappelons brièvement les faits.

En 1804, le décret des sépultures signé par Napoléon oblige les nouveaux cimetières à être créés hors la ville. Paris était alors composé de 12 arrondissements et le Père Lachaise avait été créé cette même année au village de Charonne. Mais en 1860 le passage de 12 à 20 arrondissements a pour conséquence de faire entrer les cimetières « hors la ville »… dans la ville.

Une idée déjà creusée dès 1859

Qu’à cela ne tienne, et la veille de son extension à 20 arrondissements, le préfet Haussmann prévoit de fermer les trois grands cimetières -Père Lachaise, Montmartre et Montparnasse- en passe d’être rattachés à la ville. Son projet dans sa globalité implique également la fermeture de tous les cimetières devenus parisiens avec toutes ses conséquences : déplacer les corps déjà inhumés et par ailleurs transférer directement ceux des nouveaux décédés.

Fermer les trois cimetières, oui, mais pour quelle solution alternative ? en 1863, Haussmann a l’idée de créer un énorme cimetière à vocation régionale, disposant d’une surface évaluée à environ 1000 ha. À titre indicatif, le Père Lachaise, pourtant le plus grand des trois grands cimetières, ne dispose encore aujourd’hui que de près de 44 ha.

Et là, la nécropole de Londres va servir de modèle à Haussmann, celle qui a vu le jour en 1849 au cimetière de Brookwood, à 40 km de la capitale.

Méry or not Méry pour Paris ?

En 1874, comme le dira M. Salier à son conseil municipal, , « c’est de haut qu’il faut envisager la question des cimetières parisiens ».

Et donc quel pourrait être le lieu choisi ? Justement en haut de Paris, très exactement à Méry-sur-Oise, un bourg de 1500 habitants. L’espace est disponible, il se trouve à une vingtaine de kilomètres de Paris, donc pas trop loin pour y accéder, mais suffisamment éloigné pour ne pas voir s’étendre la ville jusque-là pendant longtemps. Son projet est soumis à l’enquête publique en 1867.

l'arrivée des trains de Paris

Le projet de gare funéraire à Méry-sur-Oise en 1859

Les arguments en sa faveur sont nombreux :

  • La surpopulation des corps dans les trois cimetières devenus parisiens
  • l’hygiène dans Paris
  • la cohabitation des morts et des vivants de la ville, déjà interdite en 1804 sous Napoléon
  • la disponibilité de nouveaux terrains à Paris ! Ils sont bon marché tout autour des cimetières, au moment du projet … et deviendront certainement une excellente perspective offerte aux spéculateurs immobiliers.

Et dans cette campagne d’opinion, il y aussi Léon Vafflard, l’entrepreneur des pompes funèbres de Paris, qui alerte sur l’indécence des fosses communes. Dès 1867, il argumente ainsi en faveur d’Haussmann :

« la terre de ces divers cimetières, saturée de matières organiques, ne suffit plus à la consumation des corps». « … l’un des projets les plus importants de notre époque ; une prompte solution est urgente, car les places se font de plus en plus rares dans nos cimetières : la mort va vite et les morts ne peuvent attendre ».

 

Vafflard favorable au projet de Méry

Livre de Léon Vafflard sur les « champs de Sépultures » à Paris

 

Les arguments des opposants à Méry sur Oise se font par rapport à l’éloignement bien-sûr, jusqu’à parler du projet en terme de colonisation d’une terre étrangère. Sans oublier les coûts supplémentaires du transport… mais aussi critiques face à la politique de Napoléon III : « contre l’exil des morts après celui des ouvriers déplacés à la périphérie ».

En tout cas, l’Administration qui veut supprimer la fosse commune comme déjà prévu dès 1804, a déjà fait l’acquisition d’une surface de 823 ha, soit une étendue comparable à celle du bois de Boulogne.

Le train funéraire comme mode de transport

Le projet poursuit donc sa route et dans cette perspective quatre « gares reposoirs » sont prévues pour être construites indépendamment des « gares ordinaires » : une tout près des trois cimetières parisiens, et la gare d’arrivée : celle de Méry sur Oise.

Chacun des trois cimetières disposera donc d’une gare spéciale dont les wagons -adaptés suivant les classes de pompes funèbres choisies- partiront vers la gare de Montmartre, la seule à être reliée à celle de Méry, avec un départ toutes les heures vers Méry. Durée du trajet : 20mn à grande vitesse.

Et comment qualifier ces trains spéciaux par rapport aux trains dits « ordinaires » ? L’ingénieur Albert-Charles-Théodore Bassompierre-Sewrin, en charge du projet, propose de le nommer tout simplement « convois mortuaires». De son côté, le public plus contestataire retiendra plutôt l’expression des « trains de la mort ».

Les critiques sur ce mode de locomotion

Dans ce projet un peu bousculé, même le train en tant que mode de locomotion y est particulièrement critiqué. D’où l’idée en 1866 du docteur Favrot, de rendre le transport « humanisé » et même « rendu grâcieux au familles », grâce à l’attribution de billets gratuits, aller-retour naturellement.

En plus de la controverse globale, il y a également les contestations locales sur le passage prévu par le futur train traversant les terres de la région.

Ainsi, la princesse Mathilde Bonaparte, cousine de Napoléon III, est propriétaire d’un château à Saint-Gratien. Elle voit évidemment d’un mauvais œil ce projet pour la partie qui la concerne, puisque prévu pour passer par Saint-Gratien. En bout de ligne, Haussmann restera persuadé de l’influence de la princesse qui incite le ministre de travaux publics à étudier rapidement la modification du tracé.

La solution alternative : les cimetières périphériques

Arrive la guerre de 1870 / 1871, Paris est victime des prussiens puis des versaillais, et là leur perception du « culte des morts » s’exacerbe davantage. Pour autant, le projet d’Haussmann continue son chemin de recherche et l’architecte Alfred Feydeau, inspecteur général du service des cimetières, finalisera son rapport détaillé qu’il remettra en 1872.

Ce projet qui n’en finit pas sera ensuite rejeté deux fois par le conseil municipal de Paris, en 1879 et en 1881 pour voir finalement notre cimetière parisien conservé avec les deux autres.

Opposition au cimetière de Méry

Les critiques du conseil de Paris sur le projet Méry, extrait d’article daté du Petit Journal du 16 aout 1874

La solution retenue à ce problème réel pour autant, aboutira simplement à compléter en périphérie de la ville, les espaces indispensables aux futurs enterrements : les cimetières de Bagneux et Pantin seront ouverts en 1886,  puis plus tard celui de Thiais en 1929.

Et c’est ainsi que les cimetières parisiens seront sauvegardés.

Finalement et « en bout de ligne » s’agissant du baron Haussmann lui-même, son histoire se terminera comme elle avait commencé, à Paris : malgré lui mais à notre avantage, il sera enterré au cimetière du Père Lachaise.

Les fouilles archéologiques du 20e arrondissement

Dans le prolongement des Journées Européennes du Patrimoine, ce deuxième article fait suite à celui sur L’archéologie dans le patrimoine parisien. Il nous fait connaître les quelques richesses archéologiques dans le 20e.

______

Les diagnostics et les fouilles archéologiques préventives sur le territoire parisien sont réalisés par le Pôle archéologique du Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de Paris (DHAAP). Environ 2 000 découvertes archéologiques ont été répertoriées à Paris et une carte interactive archéologique a été élaborée.
Un inventaire actualisé des découvertes archéologiques est régulièrement enrichi et mis à disposition des chercheurs et du grand public.

La carte archéologique de Paris

L’examen de la carte archéologique de Paris nous montre que très peu de fouilles ont été faites dans le 20e. On peut aisément le comprendre, le territoire qui est devenu le 20e arrondissement comprenait en effet des terres agricoles, beaucoup de vignobles ainsi que trois principaux villages : Charonne, Ménilmontant, Belleville et des hameaux.

Rares découvertes dans le 20e

Carte des points archéologiques dans Paris-DHAPP

Rappelons que trois châteaux et leurs parcs étaient situés sur ce territoire : celui de Charonne, de Saint- Fargeau et de Bagnolet, ainsi que des maisons de campagne (des folies) pour des bourgeois parisiens. Les châteaux et les maisons de campagne ont été pour la plupart démolies à une époque où on s’intéressait peu à l’archéologie.

Avant la construction de la petite ceinture, aucune fouille préventive qui aurait pu nous apprendre beaucoup sur l’histoire de ce territoire n’a été réalisée.
On ne peut donc plus retrouver les traces des constructions qui existaient dans un lointain passé à ces emplacements.

Les fouilles effectuées dans le 20e

Ces fouilles sont peu nombreuses et la plupart récentes, elles ont donné peu de résultats très intéressants.

– Au 16 rue du repos, cinq cercueils de plomb superposés (dont un du XVIe siècle) avaient été mis au jour devant le bureau de la conservation du Cimetière du Père Lachaise, lors du creusement d’une sépulture. Sur l’un d’eux se trouvait encore une plaque de cuivre portant une inscription gravée et accompagnée d’armoiries, relative à « Robert Fusée, escuier seigneur de Champdevi, d’Assy, Genoully… escuier ordinaire des escuries des Roys Henri 3 et 4 », mort en 1593, enterré à Sainte-Croix, puis transféré par les soins de son fils chez les Carmes en 1608.

Points des découvertes locales

Découvertes archéologiques dans le 20e-extrait du plan DHAPP

– Boulevard Davout on a trouvé des vestiges du bastion n° 14 de l’enceinte dite de Thiers, érigée dans les années 1840.

– Au 9 rue Serpollet, le diagnostic mené du 11 au 13 juin 2018 sur une emprise de 996 m², dans le cadre de l’aménagement de la piscine Serpollet par la mairie de Paris, a permis de dégager un nouveau tronçon de l’enceinte de Thiers.

– Chaussée de Ménilmontant, une hache en grès datée du Néolithique y a été trouvée.

– L’opération de fouille la plus riche en enseignements est celle du chœur de l’église Saint-Germain de Charonne. Elle a permis de constater les premières traces d’occupation sur le versant sud de la butte de Ménilmontant, à l’époque carolingienne. Il s’agit de fait du premier témoignage concernant l’existence du village de Charonne.

La destruction opportunité des fouilles

L’enceinte de Thiers à Paris avant sa destruction en 1919

Nous sommes très probablement en présence d’une nécropole isolée jusqu’à la création de l’église au XIIesiècle.

Le diagnostic archéologique mené dans la cour de l’école Saint-Germain de Charonne, mitoyenne au cimetière de l’église de Charonne, n’a pas livré les résultats espérés. Aucune trace d’habitat et aucune sépulture n’y ont été trouvées, ce qui laisse supposer que les vestiges du haut Moyen Âge ne se trouvent que dans un périmètre très proche de l’église et à l’intérieur de celle-ci.

Espérons que les prochaines fouilles qui seront faites à la suite des nouvelles constructions du quartier amèneront des découvertes nous en apprenant davantage sur notre histoire ancienne.

DAVOUT, un boulevard pour un maréchal

Au pied de la piscine Yvonne Godard, règne comme un air de vacances prolongées… Les chaises longues colorées du Théâtre de la Colline invitent à savourer les derniers rayons du soleil même s’ils sont parfois frisquets… Jusqu’au 16 octobre, dans le cadre de la programmation « hors les murs » du Pavillon Carré de Baudouin (en travaux jusqu’au début 2023), le Théâtre national de la Colline a donné mandat au Collectif OS’O de présenter un spectacle intitulé « Boulevard Davout ».

Horaires des représentations : du mercredi au vendredi à 18h30, samedi à 14h30 et 18h30 et dimanche à 11h et 15h. Durée estimée : 1h50

Ce spectacle original est inspiré par le 20e arrondissement et les légendes urbaines qui se sont imposées comme une matière racontant ce quartier. Ainsi, les spectateurs déambulent au cœur de contes mêlant l’intime au social et le fantastique au réel. À chaque fois, le merveilleux et l’étrange bousculent la vie des protagonistes loin des scénarios attendus.

Rassemblement avant diffférents départs

Colline hors les murs-chaises longues, lieu de départ du spectacle-photo PG.

Vous me direz : alors, quoi de commun entre cette déambulation théâtrale aux échos très contemporains, un brillant compagnon d’armes de Napoléon Ier et une portion du boulevard des Maréchaux qui s’étire depuis 1860 aux marges de notre arrondissement ? a priori rien… sauf notre imaginaire peut-être.

Un maréchal d’Empire invaincu

La partie des boulevards des Maréchaux comprise entre les portes de Vincennes et de Bagnolet, en bordure du 20e arrondissement, est dédiée au maréchal Louis Nicolas d’Avout puis Davout (1770-1823).

Issu d’une famille de petite noblesse d’épée, Davout fait ses premières armes sous l’Ancien Régime avant d’embrasser les idées révolutionnaires. Dès 1791, il est chef de bataillon des volontaires de l’Yonne et ne tarde pas à prendre du galon : général de brigade en juillet 1793, il participe à la campagne d’Egypte sous les ordres de Bonaparte et est promu général de division en 1800. Il inaugure son nouveau commandement en prenant la tête de la cavalerie de l’armée d’Italie. Devenu empereur, Napoléon élève Davout à la dignité de maréchal d’Empire en 1804.

Portrait du Maréchal Davout

Le maréchal Louis Nicolas Davout, duc d’Auerstaedt et prince d’Eckmühl, de Tito Marzocchi de Bellucci d’après Claude Gautherot, 1852, château de Versailles

Davout joue un rôle majeur sur les champs de bataille napoléoniens, notamment à Austerlitz en 1805 et à Auerstaedt en 1806, où il met en déroute la principale armée prussienne. Ensuite, il se distingue à la bataille d’Eylau (1807), avant d’être gouverneur général du duché de Varsovie. Commandant en chef de l’armée d’Allemagne en l’absence de l’Empereur, il participe brillamment à la campagne d’Allemagne et d’Autriche (1809) à l’issue de laquelle il reçoit le titre de prince d’Eckmühl. Employé en Russie, où il dirige le Ier corps, puis en Allemagne après la retraite des troupes françaises, il s’enferme dans Hambourg et parvient à résister aux attaques des armées alliées jusqu’à la chute du régime impérial. Pendant les Cents-Jours, il se rallie à Napoléon revenu de l’île d’Elbe, qui le nomme ministre de la Guerre. Il supervise les travaux de fortification de Paris avec le général Haxo, dont une rue de notre arrondissement porte aussi le nom, lorsqu’il apprend l’anéantissement de l’armée française à Waterloo. Le maréchal Davout meurt à 53 ans ; il repose au Père-Lachaise, dans le carré des maréchaux, non loin de Masséna, dans une tombe toute simple.

Tombe du maréchal DAVOUT au Père Lachaise-Photo PG

Considéré comme le meilleur tacticien de Napoléon, Davout est le seul maréchal de l’Empire resté invaincu tout au long de sa carrière militaire. D’un caractère difficile et exigeant envers ses officiers, il se montre particulièrement sévère sur l’entraînement et la discipline de ses troupes.

Une longue ceinture de boulevards autour de Paris : de la rue Militaire au Périphérique et au Tramway

Les boulevards des Maréchaux forment un ensemble continu ceinturant la capitale, à la limite de la ville, sur une longueur de 33,7 km. A leur création, la totalité de ces boulevards portaient les noms de maréchaux du Premier Empire, ce qui leur a donné leur nom collectif. Trois boulevards supplémentaires ont été ouverts ensuite, portant, l’un, le nom d’un amiral napoléonien (l’amiral Bruix) et deux, plus récents, les noms de généraux de la France libre (Jean Simon et Martial Valin).

Ces boulevards s’ouvrent à l’emplacement de l’ancienne route militaire ou rue Militaire qui longeait l’enceinte de Thiers, édifiée en 1840-1845, pour protéger Paris. En 1860, l’extension des limites de Paris étend la capitale jusqu’au pied de cette enceinte, qui avec son large glacis (zone non constructible de 250 mètres) marquait une profonde rupture dans le tissu urbain. En 1861, la création d’un boulevard de ceinture large de 40 mètres, à l’emplacement de la rue Militaire, permet de créer un ensemble de boulevards faisant le tour de la capitale qui prend son nom actuel de boulevard « des Maréchaux » en 1864.

titres du maréchal Davout

Plaque du Boulevard Davout

Dans les années 1920, le démantèlement des fortifications permet d’urbaniser les terrains situés à l’extérieur de la ceinture de boulevards. On y construit notamment des logements sociaux (Habitations à bon marché – HBM), des équipements publics comme le parc des expositions de la porte de Versailles, le stade Charléty ou le palais de la Porte Dorée, et des parcs et jardins comme le square Séverine, le parc de la Butte du Chapeau-Rouge ou la Cité internationale universitaire. Mais le projet de « ceinture verte » restera inabouti.

La voiture devient « reine » en ville, avec son cortège d’embouteillages et de pollution. Bientôt, naît l’idée de construire une seconde rocade périphérique, longue de 35 km, doublant extérieurement les boulevards militaires et qui serait traitée en autoroute. Le début des travaux de cet aménagement, qui deviendra le boulevard périphérique, est inscrit dès 1955 au programme 1956-1961.

Les travaux du Périphérique vont s’étaler jusqu’en 1973

A l’Est, la section comprise entre la porte Dorée et la porte de Pantin est la dernière entreprise ; elle comprend la réalisation des passages inférieurs des portes de Vincennes, de Montreuil, de Bagnolet, des Lilas, Chaumont, et du passage supérieur du Pré-Saint-Gervais. Le coût des travaux est estimé à 6 700 millions de francs et sa réalisation est programmée de 1959 à 1961. En décembre 1969, a lieu l’inaugurations de la section de la porte du Pré-Saint-Gervais à la porte de Montreuil.

Depuis 1971, on a pu mesurer les nombreuses nuisances générées par le Périphérique : bruit, rejets de gaz polluants ou de particules… la pollution de l’air est six fois supérieure aux recommandations de OMS (selon une campagne de mesures effectuées en 2020 par Airparif).

555 200 habitants, dont 307 200 Parisiens, habitent dans une bande de 500 m de part et d’autre du boulevard périphérique, soit 8 % de la population de la Métropole du Grand Paris, ou encore un habitant sur cinq de l’ensemble des communes bordant cette autoroute urbaine de 35 km. Pour remédier au bruit, un programme d’écrans antibruit est mis en œuvre de 1985 à 1994, puis, en 2000, est engagée la couverture de certaines sections comme à la porte des Lilas de 2005 à 2007…

Une évolution est donc d’autant plus nécessaire qu’avec l’essor des transports en commun en Île-de-France, l’alternative au transport individuel se développe. De 2020 à 2030, 169 gares et stations RER/métro/Tramway sont créées ou prévues, améliorant notamment les trajets inter-banlieues. À terme, 98 % des habitants de la Métropole du Grand Paris se trouveront à moins de 2 km d’une gare.

De la verdure sur le boulevard

Le tramway, un espace vert sur le boulevard Davout. photo CDD

Enfin, dernier acteur en date, le tramway… Depuis 2012, la ligne T3a du tramway d’Île-de-France emprunte les boulevards des Maréchaux, au sud et au sud-est (du pont du Garigliano à la porte de Vincennes) ; puis, elle est poursuivie, à l’est et au nord-est, par la ligne T3b (de la porte de Vincennes à la porte d’Asnières). Le Tramway a fait disparaître l’ancienne ligne de bus PC (Petite Ceinture), mise en service sur les boulevards des Maréchaux en 1934, suite à la fermeture de la ligne ferroviaire de Petite ceinture.

Histoire de la protection du patrimoine et des restes archéologiques à Paris

Comme chaque année et ce depuis 39 ans, les 17 et 18 septembre 2022 ont eu lieu les Journées Européennes du Patrimoine. Parmi toutes les richesses patrimoniales mises en avant ces jours-là, les vestiges archéologiques restent une option d’entrée moins visible, plus discrète à aborder. D’où notre choix de présenter l’archéologie locale à travers une série d’articles sur le thème « patrimoine et archéologie ».

Dans un premier temps, cet article rapporte l’origine et la protection de nos richesses patrimoniales. Les prochains articles porteront plus précisément sur la connaissance archéologique dans le 20e .

_____

À l’origine de la préservation du patrimoine

Pendant des siècles on s’intéressait peu aux vestiges archéologiques et aux anciens bâtiments. On détruisait sans vergogne un temple grec pour construire une église romane transformée quelque temps plus tard en église de style gothique.
La découverte des villes ensevelies d’Herculanum (1738) et de Pompéi (1748), en Italie, suscite en France un grand intérêt, mais, pendant la Révolution française, on a voulu effacer les traces de l’Ancien Régime et cela a conduit à la destruction de nombreux édifices et des œuvres qui le symbolisaient.
Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, on veut donner aux Parisiens « de l’eau, de l’air et de l’ombre ». Les préoccupations hygiénistes condamnent les quartiers anciens insalubres, où les épidémies sont meurtrières. Les premiers grands travaux à Paris sont entrepris. Des journalistes, des poètes, des historiens et des écrivains s’émeuvent de voir disparaître une partie du vieux Paris. En 1830 Guizot crée l’inspection générale des monuments historiques, mais les démolitions continuent.

Le pamphlet de Victor Hugo

En mars 1832 Victor Hugo écrit un pamphlet «contre les démolisseurs, pour le patrimoine» dont voici quelques extraits :

À Paris le vandalisme fleurit et prospère sous nos yeux. Le vandalisme est architecte(…) Tous les jours il démolit quelque chose qui nous reste de cet admirable vieux Paris (…) le vandalisme a badigeonné Notre-Dame, le vandalisme a retouché les tours du Palais de Justice, le vandalisme a rasé Saint-Magloire, le vandalisme a détruit le cloître des Jacobins…

S’il faut une loi, répétons-le, qu’on la fasse (…) Une loi pour l’histoire, une loi pour l’irréparable qu’on détruit, une loi pour ce qu’une nation a de plus sacré après l’avenir, une loi pour le passé.

Victor Hugo « contre les démolisseurs pour le patrimoine »

Il n’est pas le seul à lutter pour la préservation du Vieux Paris, d’autres comme Eugène Viollet-le-Duc ou Ernest Renan s’indignent de la disparition du patrimoine parisien sous les coups de pioches.

Les premières actions sur les anciens édifices
Prosper Mérimée est nommé inspecteur général des Monuments historiques en 1834. L’archéologie française bénéficie alors pour la première fois d’une véritable attention des pouvoirs publics. Mérimée recense les grands monuments de la préhistoire, de l’antiquité gallo-romaine et du Moyen Âge, et, pendant 26 ans, il parcourt la France pour sensibiliser les populations, répertorier et sauver des édifices.

Prosper Merimée- Ministère de la Culture

En 1849, 3000 monuments étaient classés, mais la commission a peu de pouvoirs pour faire valoir ses recommandations de préservation ; il faudra attendre 38 ans pour que le statut de « monument classé » acquière une portée juridique garantissant une véritable protection.

En 1861, Napoléon III appuie personnellement le début des fouilles archéologiques à Alésia.

Les premières lois de conservation des monuments

Les importantes démolitions du Vieux Paris causées par les grands travaux du baron Haussmann créent un choc dans l’opinion publique.
La loi du 30 mars 1887, pour la conservation des monuments et objets d’art ayant un intérêt historique et artistique, donne enfin une portée juridique au classement d’un monument alors qu’il n’avait précédemment qu’une valeur indicative. La loi établit une procédure de classement pour les bâtiments et les objets jugés d’intérêt national, et assortit ce statut de droits et devoirs pour le propriétaire. La loi pose comme principes fondateurs qu’un immeuble classé ne peut pas être détruit et que toute intervention sur l’ouvrage doit être soumise à accord ministériel.

 

La Commission du Vieux Paris est créée par arrêté préfectoral le 18 décembre 1897. Selon les termes de cet arrêté : « Cette Commission sera chargée de rechercher les vestiges du Vieux Paris, de constater leur état actuel, de veiller, dans la mesure du possible, à leur conservation, de suivre, au jour le jour, les fouilles qui pourront être entreprises et les transformations jugées indispensables, et d’en conserver des preuves authentiques. »
Elle suit les demandes de démolition et les découvertes archéologiques mais son rôle n’est pas décisionnel mais seulement consultatif.

Arrive ensuite la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État : les édifices religieux seront intégrés aux autres monuments que doit gérer le service créé par Guizot, puis les « objets historiques », les sites naturels, et enfin les abords de ces monuments

De nouvelles lois à partir de 1913
Tirant les conséquences des insuffisances de la loi de 1897, un nouveau projet est préparé dès 1907. Adoptée par la Chambre des députés le 20 novembre, la loi relative aux monuments historiques est promulguée le 31 décembre 1913 par Raymond Poincaré, président de la République.

Cette loi, l’une des plus anciennes en ce domaine dans le monde, souvent prise pour modèle, a été peu transformée jusqu’à son intégration dans le code du patrimoine, en février 2004, et à l’ordonnance du 8 septembre 2005 relative aux monuments historiques et aux espaces protégés. Elle maintient un subtil équilibre entre respect du droit de propriété et intérêt général et régit l’ensemble des dispositions relatives à la protection et à la conservation du patrimoine monumental français, qu’il s’agisse d’immeubles ou d’objets mobiliers.

La loi de 1913 sur les monuments historiques est le fondement de la politique de protection du patrimoine d’intérêt national, et permet de classer un monument sans l’approbation de son propriétaire. Depuis 1913 environ 30 lois, ordonnances et décrets complètent la loi de 1913. L’une des plus importante est celle du 7 juillet 2016, loi LCAP, créant la Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture.

Le XXe siècle a ainsi fait de nouveaux progrès dans la mise en place d’une politique de préservation efficace. Ainsi, différents niveaux de protection ont été créés, l’appellation « secteur sauvegardé » a vu le jour, les catégories de monuments à préserver se sont élargies : on trouve maintenant des jardins, immeubles, du patrimoine industriel, etc.

Il existe aujourd’hui environ 45 000 monuments historiques protégés en France.

Archéologie au 20e siècle

Fouilles archéologiques au musée du Louvre vers 1960- Musée Carnavalet

Vestiges archéologiques
Il a fallu attendre 1941 pour qu’une première loi protégeant les vestiges archéologiques voie le jour. Cette loi subordonne la possibilité d’entreprendre des fouilles à l’autorisation de l’État et rend obligatoire la déclaration des découvertes fortuites.

En 1986, un décret généralise la réalisation des fouilles préventives dans une zone de risques archéologiques.
Le Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de Paris (DHAAP) a été créé en 2004 au sein des services municipaux de la Ville de Paris.

Depuis cette date, il réalise des diagnostics et des fouilles archéologiques préventives sur le territoire parisien ; il a également pour mission la conservation, l’étude et la valorisation des sites et objets découverts à Paris, et assure le secrétariat permanent de la Commission du vieux Paris. 

Prochain article : Les recherches archéologiques dans le 20e

Le Mur des Fermiers généraux dans l’Est parisien en 1789

Conférence le jeudi 20 octobre à 18h30 précises à la mairie du 20e

 

Le 14 juillet, la Bastille est prise ! Il n’y a nul besoin de préciser l’année tant notre univers républicain s’est approprié cette journée. Pourtant, avant même que la prison-forteresse ne tombe, la population parisienne, entre le 10 et le 14 juillet 1789, dévaste et incendie les bureaux de l’octroi qui marquent le tracé du Mur des Fermiers généraux.

Limite est de Paris en 1789

Les barrières d octroi à l’est de Paris. De la barrière de Belleville à la barrière du Trône-Extrait de Neopanta

La partie Est du Mur, délimitée par huit barrières, est touchée par les destructions et incendies les 12 et 13 juillet. Les ravages qui se produisent aux barrières soulignent la montée d’une exaspération sociale. En s’attaquant au Mur, le peuple s’en prend ainsi au despotisme fiscal et réclame plus de liberté et d’égalité.

Les barrières d'octroi en 1789

Paris brule ! par Momcilo Markovic

Notre conférencier, Momcilo MARKOVIC, professeur et docteur en Histoire, est notamment l’auteur  de Paris brûle ! L’incendie des barrières de l’octroi en juillet 1789. Il intervient également dans plusieurs sociétés d’histoire de Paris, affiliées à la Fédération des Sociétés Historiques et Archéologiques de Paris et Île-de-France.