Les 40 ans du TGV et le rail au Père Lachaise

 

La SNCF vient de célébrer le 17 septembre les 40 ans du TGV à la Gare de Lyon. Le président de la République Emmanuel Macron était présent et, à l’occasion de cet anniversaire, a pu dévoiler le TGV du futur, le « TGV M ».

Le train le plus rapide du monde

 

En France dès 1955, le record du monde de vitesse sur rail est monté jusqu’à 331 km/h. En 1981, ce record est battu avec le TGV qui va atteindre les 380 km/h. Le projet était à l’étude depuis 1967 et François Mitterrand, à peine élu, viendra inaugurer son lancement. D’autres records de vitesse suivront par la suite : 482,4 km/h le 5 décembre 1989, puis 515,3 km/h, le 18 mai 1990.

 

 Rame TGV - premier modèle de TGV - turbine à gaz - sncf

Essais en ligne de la rame TGV-001 entre Vesoul et Belfort, premier modèle de TGV roulant avec une turbine à gaz. Archive SNCF

 

L’exploit du 22 septembre 1981 est d’importance nationale : sur Antenne 2, le journaliste Patrick Poivre D’arvor débute son journal de 20 heures sur l’inauguration du TGV Paris-Lyon :

Madame, Messieurs, Bonsoir ! Dans la grande histoire des chemins de fer, une naissance et un baptême aujourd’hui, ceux du TGV. Ce train, super rapide, dont les premiers pas sur le papier remontent à déjà 13 ans. TGV, Train à Grande Vitesse, en effet 2h40 pour relier Lyon et Paris, 2h dans moins de 2 ans. Songez qu’au début du siècle, il en fallait 7 heures et demi.

Grâce à cette nouvelle génération de train conçue par la SNCF et Alstom -et la construction d’une nouvelle ligne de rails plus droite- les voyageurs peuvent désormais circuler à 260 km/h de moyenne.

Le résultat commercial ne se fait pas attendre et dès l’année suivante, la ligne Sud-Est affiche un excédent brut de 478 millions de francs. Avec cette performance, la clientèle d’affaires reviendra progressivement vers le train, à un tel point qu’en dix ans sa fréquentation aura augmenté de 105 %.

L’origine du chemin de fer en France

 

La première ligne de chemin de fer française date de 1827. Elle est longue de 21 km et sert à transporter le charbon des mines de Saint-Étienne à la Loire, le tout tiré par des chevaux.

Par la suite, cinq grandes compagnies ferroviaires privées vont naître et se développer. Elles seront fusionnées le 1er janvier 1938 en application du décret-loi de 1937 qui nationalise leur activité : la SNCF est née avec ses 515 000 cheminots et 42 700 km de voies. À la création de cette toute nouvelle entreprise publique, 51 % du capital appartient à l’État. Aujourd’hui, la Société Nationale lui appartient à 100%.,

Chemin de fer et SNCF au Père Lachaise

 

En 1938, le premier président de la SNCF Pierre Guinand a été premier président à la Cour des comptes. Il sera démis de ses fonctions à la SNCF sous le régime de Vichy en 1940.

À la SNCF, il y a ceux qui la président et ceux, moins connus, qui la dirigent.

Ainsi, Robert Le Besnerais devient premier directeur général de la SNCF après avoir été le dernier directeur général de la Compagnie du Nord. Né en 1893, c’est un polytechnicien formé à l’École des Mines.

 

Le Besnerais au Père Lachaise

Sépulture Jules Loebnitz et Robert Le Besnerais. PG

pierre tombale de Robert Le Besnerais

Détail de la pierre tombale de Robert Le Besnerais : sur la croix, « fondateur de la SNCF ». PG

En 1948 Robert Le Besnerais deviendra délégué général du CNPF après avoir été président de la Fédération des minerais et métaux bruts. Il décède la même année et sur sa pierre tombale, on peut lire : « Robert Le Besnerais, fondateur de la SNCF ».

À son sujet, Georges RIBEILL, directeur de recherches à l’École nationale des Ponts et Chaussées, a écrit :

Le Besnerais n’était pas aimé des syndicats car c’était avant tout un homme de dossiers, froid et méthodique. Il n’était pas assez présent sur le terrain, et la CGT a donc tenu a le faire renvoyer à la Libération. Il n’a pas été possible d’accéder aux dossiers officiels de l’épuration et d’avoir confirmation des motifs retenus contre LE BESNERAIS.

Sa tombe est commune à celle de Jules LOEBNITZ (1836-1895), célèbre céramiste et faïencier.

Gilbert Morard, de la RATP au TGV

 

Sur la stèle de Gilbert Morard figure le dessin du TGV. Lui-même est représenté sous forme d’un médaillon sculpté, son profil tourné vers le train. Quant à sa biographie, elle reste visiblement discrète : suivant le très petit nombre de sources différentes qui existent, on le désigne en tant que « dirigeant de la SNCF-train » voire même « patron de la SNCF » ou tout simplement « a participé au développement de la SNCF ».

Reste son titre énigmatique gravé sur sa stèle, effacé par le temps, et qui nous rappelle par son intitulé la nature de la Société d’État : « fonctionnaire supérieur SNCF ». Sous son portrait figure un panneau de signalisation ferroviaire, également au ¾ effacé.

Une chose est sure : Gilbert Morard était bien aux commandes lors de la création du TGV, après avoir eu la paternité de la modernisation du métro parisien. D’où en reconnaissance, tous ces tickets de métro qui décorent en nombre sa sépulture.

Gilbert Morard au Père Lachaise

Tombe de Gilbert Morard avec les tickets RATP

À propos de la RATP, signalons au Père Lachaise la tombe de Fulgence Bienvenüe, l’ingénieur qui réalise en 1900 la première ligne de métro à l’occasion de l’Exposition universelle. Lui aura eu plus de chance en termes de visibilité, avec l’ancienne station Maine, renommée Bienvenüe de son vivant en 1933.

Nous connaissons aujourd’hui cette station sous le nom de Montparnasse-Bienvenüe, rebaptisée ainsi en 1942 après la transformation des lignes de correspondance.

Tombe de Fulgence Bienvenüe - Cimetière Père Lachaise

Tombe de Fulgence Bienvenüe. PG

Le village de Charonne, visite guidée

L’ancien territoire de Charonne est englobé dans le 20e arrondissement depuis 1860. Il a été très majoritairement transformé en un quartier populaire. Pourtant, de son histoire depuis le moyen-âge, il nous reste encore aujourd’hui bien des traces de sa vie passée. Les quelques maisons de campagne, l’église Saint-Germain, et le quartier St-Blaise en sont les témoins.

Philippe Dubuc, du Bureau de l’AHAV, vous montrera le chemin

  • samedi 16 octobre prochain à 15h

La rue Saint Blaise, avec au fond l’église Saint Germain de Charonne. PHD

Cette visite gratuite est réservée aux adhérent-e-s. Vous pouvez adhérer en ligne puis vous y inscrire en cliquant tout en bas à droite de cet article. Vous recevrez confirmation en retour, avec le lieu de rendez-vous.

  • Samedi 16 octobre 2021 à 15h00

 

150 ans de la Commune de Paris - Affiche

Affiche du programme sur la Commune le 25/09/2021 au PCB

 

Cinq courts métrages au PCB sur la Commune

 

Ce 25 septembre après-midi, le Pavillon Carré de Baudouin nous propose de découvrir cinq courts métrages sur la Commune de Paris, dont deux films inédits

À cette occasion , la chorale Compagnie en chantant se produira sur scène.

En seconde partie, le court métrage Rives d’exil fera ensuite l’objet d’un débat sur Jules Vallès (au Père Lachaise) contraint de s’exiler après la répression sanglante de la Commune.

Vous trouverez ci-dessous le lien du PCB pour toutes les informations pratiques :

 

150 ans de la Commune : les événements labellisés dans le 20e

150 ans de la Commune : les événements labellisés dans le 20e

 

Mairie 20e  réaménagement de Python Duvernois

La une du dossier de la Mairie 20e sur le réaménagement de Python Duvernois

 

Python-Duvernois, de son origine à son futur

 

Dans son dossier particulièrement bien détaillé du 9 septembre dernier, la mairie du 20e nous retrace l’ensemble du projet de réaménagement de la cité Python-Duvernois avec son chronomogie depuis 2010.

L’auteur nous rappelle que « le secteur est inscrit dans un Quartier Politique de la Ville depuis 2004 et est classé en Zone de Sécurité Prioritaire depuis 2013 ». Les travaux doivent débuter ces prochains mois pour se terminer en 2028, suivant un calendrier précis, découpé par année dans cet article.

L’occasion pour nous de rappeler notre article paru le 7 février dernier, : celui-ci en rappelle plus globalement la création de la cité Python-Duvernois et l’origine de son nom. Pour lire cet article, cliquez sur l’image ci-dessous.

Projet de rénovation de la cité Python-Duvernois

Projet de rénovation de la cité Python-Duvernois

Affiche sur La Commune en chantant automne 2021

Affiche sur La Commune en chantant automne 2021

Les évènements de l’automne sur la Commune

 

L’association Faisons vivre la Commune nous présente ci-dessous les différents rendez-vous de cet automne liés au 150ème anniversaire de la Commune.

__________

 

LA SAISON COMMUNARDE CONTINUE

 

COLLOQUES

PENSER LA COMMUNE

 

faisons vivre la Commune - 20ème arrondissement Paris

Logo faisons vivre la Commune

 

Du 8 au 10 septembre, le Pavillon Carré de Baudouin à Paris accueille le colloque Penser la Commune, avec les interventions d’une vingtaine d’universitaires et chercheurs. Pour assister physiquement au colloque, l’entrée est libre mais une pré-inscription est obligatoire.

 

En préambule du colloque, le 7 septembre, une conférence de Jean-François Dupeyron sur l’enseignement sous la Commune, également au Pavillon carré de Baudoin.

LA COMMUNE DE 1871 : L’HISTOIRE CONTINUE

 

Les 14 et 15 octobre au site des Grands Moulins.

A l’occasion des 150 ans de la Commune, ce colloque entend non pas dresser un nouveau bilan des travaux effectués ces dernières décennies, mais au contraire ouvrir une fenêtre sur l’histoire en train de se faire, pour donner un aperçu des connaissances à venir. Aussi donne-t-il très largement la parole à de jeunes chercheurs et chercheuses.

Inscription auprès de : sophie.lhermitte@univ-paris1.fr

 

Le programme du colloque

 

CONCERTS « La Commune en chantant »

Affiche sur La Commune en chantant automne 2021

Affiche sur La Commune en chantant automne 2021

Plusieurs concerts sont programmés en septembre et octobre dans le 20e à Paris pour le collectif La Commune en chantant. Le 25 septembre au Pavillon carré de Baudouin, le 26 au parc de Belleville, le 9 octobre à la bibliothèque Louise Michel à Paris.

 

EXPOSITIONS

 

Affiche de l'exposition "les damnés de la Commune"

Affiche de l’exposition « les damnés de la Commune ».jpg

« LES DAMNES DE LA COMMUNE, DANS L’ATELIER DE RAPHAËL MEYSSAN »

 

Écrite par l’historien Bertrand Tillier, l’exposition nous fait entrer dans l’atelier de Raphaël Meyssan et nous permet de comprendre son processus créatif.

 

Du 4 septembre au 16 octobre, mairie du 20e.

« DESSINER LA COMMUNE » PAR ÉLOI VALAT

 

Cette exposition, dont le titre fait écho à la dernière parution d’Éloi Valat, présente 30 dessins originaux encadrés en bois naturel, présentés en l’état de leur réalisation (premier jet à la plume et à l’encre de chine) sans esquisses préalables avant colorisation et mise en page.

 

Du 6 novembre au 16 décembre, mairie du 20e, Paris.

_______________

À vos agendas !

Raphael Meyssan ses BD expliquées

Affiche de l exposition Les damnés de la Commune à la mairie du 20e. PG

Expositions et film : Raphaël Meyssan à la fête

 

Raphaël Meyssan est à la fête actuellement dans son arrondissement. Lui-même bellevillois, sa production originale sur la Commune est d’une richesse documentaire incontestable. Quant à l’originalité de son œuvre, elle est de haut de gamme et bien destinée à tout public, innovante dans sa présentation : un exploit dans son genre. En conclusion et suivant la formule consacrée : à ne pas manquer.

 

Deux expositions et un film

 

En septembre, la mairie du 20e nous propose de visiter l’exposition « Les Damnés de la Commune, dans l’atelier de Raphaël Meyssan », puis la projection de son film sur la Commune diffusé cette année sur Arte.

L’exposition est ouverte depuis ce quatre septembre, le même jour où en 1870 Léon Gambetta proclame la IIIe République, place de l’Hôtel de Ville. Au salon d’honneur de la mairie, 20 panneaux et une vidéo de 11mn vous y attendent.

Au même moment, une autre exposition se situe actuellement sur les murs extérieurs du pavillon Carré de Baudouin : 15 panneaux à l’angle des rues Ménilmontant et des Pyrénnées.

Exposition de Raphael Meyssan dans la rue

Raphael Meyssan expose sur le mur du PCB : panneau sur les derniers combats au Père Lachaise. PG

Et puis, dans le cadre des journées européennes du patrimoine, vous pourrez assister dimanche 19 septembre à 20h, à laprojection au parc de Belleville, de son film Les Damnés de la Commune, en sa présence en tant que réalisateur.

Le parcours en éclaireur de Raphaël Meyssan

Quelle aventure pour Raphaël Meyssan ! Au commencement, il est seul avec cet évènement qui le bouleverse et mobilise son énergie. Et puis s’y ajoute le hasard : il découvre l’existence de Lavalette, un communard ayant habité le même immeuble que lui à Belleville.

Exposition Meyssan mairie du 20e

Les Folies-Belleville, lieu de débat sous la Commune. PG

Avec la conviction que la Commune a fondé la République -celle que nous connaissons actuellement- il décide de retrousser les manches. Un peu osé quand-même, alors que pour le moins il ne fait pas partie des « professionnels de la profession », selon la formule célèbre de Jean-Luc Godard à propos du monde du cinéma.

Raphaël Meyssan, créateur social d’entreprise historique

 

Raphaël Meyssan s’est lancé dans une véritable entreprise socialement utile. Sacré challenge au départ ! « Je ne suis pas dessinateur, je ne suis pas historien », et plus tard : « je ne suis pas réalisateur ». Donc en apparence aucune compétence pour réussir dans son projet. Et à notre avis, en cas de besoin de financement, aucune chance auprès des banques.

Portrait de Raphael Meyssan

Raphaël Meyssan interrogé dans l’émission « Cases d Histoire » en septembre 2020

Pourtant parti seul et en toute liberté dans ce projet, la production est finalement réussie et le succès atteint, peut-être même avec une ampleur inattendue. Il raconte son aventure tranquillement (mais passionnément) lors d’un entretien avec le conservateur de la médiathèque Centre-ville de Saint-Denis. Déjà en 2020, il a pu exposer au musée de Versailles. Il explique ses trois BD plus en détail, à travers ses choix dans « Cases d’Histoire ».

Son secret ? La force de relever le défi, de s’y investir pleinement quitte à consacrer une partie de sa vie pour y arriver. Bravo à cette belle réussite personnelle au service de tous. Il a su combiner son ambition sociétale avec les contraintes économiques… mais évidemment, que l’aboutissement de son travail devienne un succès, on ne le sait qu’après . Huit ans de recherche passionnée auront fait la différence.

Commémoration de la Libération de Paris dans le 20e

 

Pascal Joseph, Conseiller délégué Mémoire, Monde Combattant/Cabinet du Maire, nous communique le déroulement du rendez-vous commémoratif.

 

Eric Pliez, maire du 20e arrondissement et Pascal Joseph, conseiller délégué à la mémoire et aux anciens combattants, ont souhaité vous inviter à prendre part aux cérémonies du 77e anniversaire de la Libération de Paris dans le 20e arrondissement.

Elles se tiendront le mercredi 25 août 2021, en présence des élues et élus de l’arrondissement, des associations et des témoins de la mémoire, ainsi que du public qui souhaiterait se joindre aux cérémonies.

 

Entre 9h15 et 12h00 – fleurissement des plaques commémoratives de l’arrondissement

 

RDV à 9h15 à la mairie du 20e

Puis 3 itinéraires : Saint-Blaise, Belleville, Les Portes

Fleurissement et temps de recueillement.

12h30 – rassemblement devant la mairie du 20e

Mairie du 20e arrondissement, côté avenue Gambetta

puis au niveau de l’ancien commissariat

puis 7 place Gambetta

puis Monument aux Morts de la mairie

Fleurissement et hommage, temps de recueillement.

13h00 – rassemblement square Edouard Vaillant

Au niveau du kiosque

Allocution d’Eric Pliez, maire du 20e arrondissement.

Rafraîchissements proposés par la mairie du 20e.

 

Vous pouvez retrouver dans l’espace adhérents « l’histoire de la Résistance dans le 20e », et « la libération de Paris et dans le XXème », deux documents des cahiers de la mémoire vivante du XXème , sous la direction de Michel Dreyfus.

 

Depuis la parution de cet article et dans le prolongement de ces évènements, « LE COURS DE L’HISTOIRE » sur France Culture vient de consacrer son émission du 16 septembre 2021 à l’histoire parisienne des plaques des noms de rue et plaques commémoratives.

La Cour des Lyanes baisse le rideau

L’ancien village de Charonne vient de perdre peut-être la dernière de ses cours artisanales.

La Cour des Lyanes

Naguère encore, au 151 rue de Bagnolet, en face du parc Debrousse, on pouvait découvrir un témoin évocateur du passé industrieux de notre arrondissement. Derrière un portail de métal, de plus en plus rarement ouvert, il est vrai, au fur et à mesure que le temps passait, subsistait un site à la fois étonnant et étroitement inscrit dans le passé industriel ou semi-industriel du quartier, et même dans son histoire politique et sociale. Quand le portail était ouvert, la cour retenait l’œil du passant qui pouvait y accéder pour s’imprégner du charme du lieu…

Cour des Lyanes - rue de Bagnolet

Entrée, 151 rue de Bagnolet (état actuel). CDD.

Blottie derrière l’immeuble de briques rouge bordant la rue de Bagnolet, il y avait en effet une pittoresque cour pavée garnie d’un fouillis d’arbustes qui, au printemps, explosaient de fleurs. Pas de bâtiments industriels imposants, pas d’enseigne… juste une cour artisanale pavée et quelques appentis et hangars ne payant pas de mine, investis ces dernières années par des start-ups et des artistes…

Un grand comédien

En 2012, L’Ami du 20e évoquait les menaces qui pesaient sur cette cour artisanale, à l’occasion du décès du comédien Jean Topart (1922-2012), à Port-Marly (Yvelines). Ses héritiers cherchaient un acheteur pour ce lieu (qui s’ouvre aussi au 6 bis rue des Lyanes) qu’il tenait de son père.

Jean Topart propriétaire dans le 20e

Jean Topart. Wikipedia

On se souvient de Jean Topart et de sa voix si particulière pour l’avoir souvent vu jouer, dans les années 1950-1960, sur scène, avec le TNP. A la télévision aussi, il avait incarné le fameux Cyrano de Bergerac, de Claude Barma à Noël 1960, Sir Williams dans le feuilleton Rocambole de Jean-Pierre Decourt (1964-1965) et Emile Zola dans Emile Zola ou la Conscience humaine, de Stellio Lorenzi (1978). Sans parler de son abondante filmographie…

Mais qui savait qu’il était aussi propriétaire dans l’arrondissement[1] ? On s’étonna… puis on oublia…

Une nouvelle opération immobilière

Eh bien ! voilà !! la cour cachée avec ses pavés mal dégrossis et ses arbustes un peu fous, c’est fini…

Cour des Lyanes

Cour des Lyanes (avant travaux). JPD

En passant par-là maintenant, on lit un grand panneau de publicité immobilière annonçant, sous une accroche suggestive, « L’Insolite. Une nouvelle nature de ville », la prochaine mise en vente d’une « maison de 5 pièces avec cour privative », sans doute échappée à la démolition et restaurée dans un style « atypique », et d’une cinquantaine d’appartements neufs du 2 au 5 pièces… Un point fort est mis en avant par l’opérateur : « Serre et potager en rooftop » !

Le chantier bien sûr est interdit d’accès et le bref coup d’œil qu’on peut y jeter… est désolant.

Cour des Lyanes - rue des Lyanes

Panneau d’informations, rue des Lyanes. CDD

Notre quartier perd là une des dernières traces de son bâti à la fois rural et artisanal qui faisait le charme de l’ancien village de Charonne et qui mériterait des mesures conservatoires vigilantes au même titre que les architectures plus bourgeoises.

A cet égard, on ne peut que se féliciter de la belle réhabilitation de l’immeuble Art Déco de l’ancienne usine Goepfer, qui fabriquait des boutons de manchette au 5 rue Ramus, reconvertie aujourd’hui en appartements.

La Cour des Lyanes dans l’histoire

En plongeant le nez dans les archives, on constate que la Cour des Lyanes réunissait depuis le xixe siècle des artisans serruriers et ferronniers. Dans les années 1880, on y trouvait les ateliers des frères Topart, Pierre Hippolyte (1825-1879) et Edmond Louis (1830-ap. 1886). Fondée en 1853, donc avant le rattachement de Charonne à Paris, cette entreprise spécialisée dans l’imitation des perles fines, corail et pierres précieuses, employait d’abord une vingtaine, puis jusqu’à 800 à 1 000 ouvriers en 1886. Pour eux, en 1878, les frères Topart créèrent une caisse de retraite et furent récompensés par la Légion d’honneur.

Pierre Hippolyte Topart (1825-1879) a joué aussi un rôle politique dans l’arrondissement. Il fut conseiller municipal de Paris représentant le quartier de Charonne de 1871 à 1874, sous l’étiquette « Républicain conservateur », puis brièvement maire du 20e arrondissement (nommé en février 1879, peu de temps avant sa mort).

Cour des Lyanes - rue des Lyanes - Plaque

Plaque rue des Lyanes. Wikipedia

La rue… des Lyanes ?

 

La rue des Lyanes est ouverte vers la fin du XIXe siècle sous le nom de « rue Neuve » avant de prendre celui de « rue des Lyannes » (avec 2 n), puis de « rue des Lyanes » (avec 1 seul n). Elle est classée dans la voirie parisienne par un arrêté du 12 mars 1968.

L’origine de ce nom, un brin exotique, est inconnue.

Pour en savoir plus :

http://paris-bise-art.blogspot.com/2015/11/passage-industrieux-rue-de-bagnolet.html

http://sauv-derniere.over-blog.org/article-l-avenir-de-la-cour-des-lyanes-110976741.html

http://lafabriquedeparis.blogspot.com/2021/01/goepfer-un-siecle-de-boutons-lombre-du.html

________________________

[1] Jean Topart et sa sœur, la comédienne Lise Topart, tragiquement disparue en 1952 dans un accident d’avion à Nice, reposent tous deux au cimetière du Père-Lachaise, à Paris (division 57).

La une de l’AMI, été 2021

Dans ce numéro de l’AMI nous propose pour les vacances son grand jeu gratuit de l’été. Cette année : partir à la recherche des escaliers de notre arrondissement.

En plus des informations locales habituelles, chaque mois un nouvel article est consacré au “matrimoine” du Père Lachaise. Il s’agit d’une personnalité qui fait partie de ces femmes célèbres oubliées de l’Histoire. Ce mois-ci : Gerda Taro, militante anti-fasciste et photojournaliste de guerre.

"matrimoine” du Père Lachaise

Parmi les autres articles qui nous intéressent plus particulièrement ce mois-ci, la bande des « demi-siphons » vers 1902, et le « massacre des otages » rue Haxo le 26 mai 1871.

Enfin en page Histoire, « 1955, la rue du groupe Manouchian », l’histoire de ces résistants et leur mémoire prolongée après guerre, jusqu’à aujourd’hui.

Voici le lien du site de l’AMI du 20e, vendu dans la plupart des kiosques de nos quartiers : vous pouvez aussi directement vous le procurer ou vous abonner… Cliquez ici

L’architecte Henri Sauvage à l’honneur

 

Les grands magasins de la Samaritaine viennent de faire beaucoup parler d’eux dans les gazettes. Après 16 années de fermeture et une « rénovation haute couture », ils viennent de rouvrir leurs portes au public.

Un empire commercial au cœur de Paris

 

L’ensemble immobilier, fondé dans les années 1891-1932 par le couple de commerçants Ernest et Marie-Thérèse Cognacq-Jaÿ, par ailleurs philanthropes et collectionneurs d’art, était une suite de « grands magasins » où, selon une publicité très connue, « on trouvait tout ».

Il appartient aujourd’hui au groupe de luxe français LVMH, qui a réduit la taille du grand magasin emblématique par quatre pour laisser place à un palace de 72 chambres (en front de Seine), à des bureaux, une crèche et 96 logements sociaux. Une spectaculaire restauration qui remet aussi en valeur son escalier monumental, ses laves émaillées – c’est l’édifice qui en comporte le plus en France – et sa magnifique fresque des paons naguère repeinte en blanc. La nouveauté est, sur la rue de Rivoli, dans sa façade en verre ondulé de 25 m de haut, signée des architectes de l’agence Saana, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, lauréats du prix Pritzker 2010.

Nouvelle façade, prix Pritzker 2010

La Samaritaine d’aujourd’hui avec sa façade en verre

Si la plupart des bâtiments sont l’œuvre de l’architecte belge Frantz Jourdain (1847-1935), un des promoteurs de l’Art nouveau et de l’architecture du fer en France, entre 1891 et 1910, puis en 1930-1932, celui-ci s’est adjoint, en 1926-1928, la collaboration de l’architecte français Henri Sauvage (1873-1932), pour agrandir le bâtiment principal vers la Seine dans un magnifique style Art Déco.

Les « Sauvage » du 20e arrondissement

 

Le 20e arrondissement a aussi le privilège de posséder dans son patrimoine architectural deux édifices remarquables dus à Henri Sauvage, qui fut aussi, il faut le rappeler, l’architecte de la Villa Majorelle à Nancy (1902), de l’immeuble à gradins de la rue Vavin (6e arrondissement) (1912-1913) et de l’immeuble des Amiraux et de sa piscine (18e arrondissement) (1913-1930), entre bien d’autres.

Un de ces édifices est un ensemble d’habitations à Bon Marché (HBM), sis 1 rue de la Chine, construit par Henri Sauvage et Charles Sarazin en 1907-1908 pour la Société des logements hygiéniques, qu’ils avaient créée en 1903. Né au tout début du XXe siècle, le courant hygiéniste en architecture vise à lutter contre la tuberculose et l’insalubrité des logements. Les logements bon marché sont plus spacieux et doivent laisser entrer l’air et la lumière.

Une construction de l'architecte Sauvage dans le 20e

HBM de l’architecte Sauvage au 1 rue de la Chine

Sa façade en briques calco-fer produit une impression de grande austérité, tandis que les volumes des bow-windows surmontés de loggias animent un peu la façade. Cet immeuble de logements populaires s’inscrit alors dans les recherches de H. Sauvage pour produire un type de construction sociale alliant rentabilité et économie maximale. On peut le rapprocher des HBM construites en 1903-1904 par H. Sauvage rue de Trétaigne (18e arrondissement).

L’autre bâtiment est bien connu des habitants de l’arrondissement. C’est le cinéma MK2 Gambetta (ancien « Gambetta-Palace »), 6 rue Belgrand, construit par Henri Sauvage en 1920, à l’emplacement d’un ancien théâtre, dans un style très original conçu et dessiné par lui.

La devanture, à l’architecture très atypique, attire inévitablement le regard, avec sa rotondité et sa façade blanche et quasi aveugle qui évoquent immanquablement un écran de cinéma.

Le MK2 du 20e rénové

La façade du cInéma MK2 Gambetta

La façade est ornée d’un décor égyptisant ou japonisant en stuc, très stylisé, fait de masques de théâtre et de bas-reliefs à motifs végétaux peints à l’or. Les grands masques et marionnettes, disposés à l’origine sur la façade par le décorateur Hellé, ont malheureusement disparu dans les années 1950. A l’intérieur, la salle semi-circulaire était construite en béton et pouvait accueillir 1 500 personnes.

En 1928, la Société Gaumont fait l’acquisition du Gambetta-Palace. En 1970, le cinéma est divisé en trois salles, dénaturant le décor d’origine, et deux salles supplémentaires sont ajoutées en 1980. Depuis 1997, ce cinéma est la propriété du groupe MK2 et dispose de six salles. La devanture actuelle est classée aux monuments historiques depuis 2012.

 

Pour en savoir plus sur Henri Sauvage et son œuvre :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Sauvage