Malvina Poulain est l’une des rares communardes enterrées au Père-Lachaise, la seule connue jusqu’à présent. Sa tombe a été découverte par l’association des Amies et Amis de la Commune et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) du 19e arrondissement. Camille Paix, qui est venue nous présenter le Père Lachaise au féminin en mars 2025, lui a consacré une note biographique dans son livre Mère Lachaise.

Le 22 mai 2026, un hommage a été rendu à cette femme presque inconnue et, à travers elle, aux milliers de femmes obscures qui se sont engagées dans la Commune de Paris.

 

Photographie de Jean-Marc Domart

 

Sylvie Pepino (des Amies et Amis de la Commune), Fabrice Virgili (Directeur de recherche émérite, CNRS) et Serge Sebban (LDH) ont lancé des recherches pour faire en sorte que sa tombe dispose d’une plaque explicative.

Leurs interventions ont été ponctuées par des chants de la chorale de l’Atlas et des poèmes dits par le comédien Franck Guilbert. Une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe.

Voici la présentation de Sylvie Pepino, responsable de la commission Patrimoine aux Amies et Amis de la Commune :

 

Malvina Poulain repose au Père Lachaise. Sur sa tombe aucune plaque ne fait mention de qui elle était (sauf son nom et dates). Des communardes comme Louise Michel, Nathalie Le Mel, Elisabeth Dmitrieff, André Léo, Victorine Louvet épouse Eudes ont fait l’objet d’études, voire de biographies, mais concernant Malvina on ne sait presque rien. Louise Michel la cite dans ses mémoires sans donner de précisions. Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871, qui ont voulu faire une place particulière aux communardes sur leur site et dans le Petit dictionnaire des Femmes de la Commune, les oubliées de l’histoire, ont cherché à en savoir plus, ainsi que l’autrice Camille Paix qui, dans son ouvrage, Mère Lachaise, lui a consacré une note biographique.

En tant que responsable de la commission Patrimoine aux Amies et Amis de la Commune, avec Fabrice Virgili (Directeur de recherche émérite CNRS) et Serge Sebban (pour la LDH), nous avons eu l’idée de lancer des recherches et des appels à témoins pour compléter nos connaissances sur la personnalité de Malvina et faire en sorte que sa tombe dispose d’une plaque explicative. Il s’agit de rendre un hommage à une femme presque inconnue, comme l’étaient les milliers de femmes engagées dans la Commune de Paris, et plus particulièrement à celles de la « barricade des Femmes » de la place Blanche qu’elles ont vaillamment défendue entre le 21 et le 27 mai.

Malvina Poulain est née le 3 juin 1851 à Pré-en-Pail en Mayenne. Nous ne disposons pas de trace d’elle avant son affectation à Paris, comme aide enseignante – appelée sous-maîtresse – avec Louise Michel à l’école du 18e arrondissement, 24 rue Oudot.

Le 18 mars 1871, Malvina n’a pas encore vingt ans lorsque l’insurrection parisienne éclate. À l’installation de la Commune de Paris, elle participe comme ambulancière auprès de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés au côté de Victorine Brocher, Marie Chiffon, Béatrix Excoffon, Anna Jaclard, Alix Payen et Sophie Poirier. Une plaque mémorielle installée dans le hall de la mairie du 10e rappelle que cette organisation fut créée le 11 avril 1871 pendant la Commune de Paris.

 

La barricade de la place Blanche défendue par des femmes – Lithographie, musée Carnavalet, Paris

 

 « Pétroleuse » est un terme qualifiant une femme accusée, sans preuve, d’avoir employé du pétrole pour allumer des incendies lors de l’écrasement de la Commune de Paris. Les femmes qui avaient pris part aux combats armés furent affublées de ce terme, particulièrement après l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris (24 mai 1871), faisant d’elles les boucs émissaires des destructions, qui pour la plupart, avaient été réalisées par les troupes versaillaises, lors de la semaine sanglante. Pour rappel, aucune femme ne fut condamnée à la prison ou à la déportation avec le motif d’avoir provoqué ou allumé des incendies.

Après son emprisonnement dans le camp de Satory, nous perdons la trace de Malvina. Nous la retrouvons en 1873 à Paris lors de son mariage en la Mairie du 8e arrondissement avec Augustin Beaudelot, garçon de magasin, présent dans le caveau. Le certificat de mariage précise qu’elle exerçait à ce moment le métier de cuisinière. De cette union naquirent quatre enfants :

  • Camille, Julia le 13 décembre 1873
  • Achille le 19 avril 1875,
  • Camille, Louis le 18 décembre 1876
  • Paul, Eugène le 4 février 1878.

 

Son époux, Augustin, décède le 13 avril 1886. Malvina se remarie le 20 mars 1887 avec Ferdinand Victor Héloin. L’année suivante, une fille, Gabrielle, voit le jour. Le couple divorce le 14 janvier 1890.

Qu’est devenue Malvina après la Commune ? Elle avait probablement rétabli des contacts avec Louise Michel à son retour du bagne de Nouvelle Calédonie. Louise en fait état dans ses mémoires. Durant son internement, Louise avait adressé un courrier à son notaire sollicitant des nouvelles de Malvina. Sa lettre atteste du lien d’amitié entre les deux femmes. Pour la suite, Malvina Poulain a traversé la 1ère guerre mondiale sans déplorer de pertes de ses enfants. Ses trois garçons, tous mobilisés, sont revenus vivants. Sa fille Camille eut une fille, Jeanne, qui à ton tour se maria le 7 novembre 1926 à Saint-Maur-des-Fossés (94) avec Louis Clavière, puis en secondes noces le 28 septembre 1937 avec Pierre Charles Gaucher. Mais l’arbre aujourd’hui s’arrête pour nous, il nous faudra chercher des descendants car il existe des ayants droits liés à la concession du Père Lachaise.

Malvina décède le 17 janvier 1921 à son domicile du 26 rue Véron dans le 18e arrondissement à l’âge de 70 ans. Elle est inhumée dans le caveau familial auprès de son premier mari.

 

La tombe de Malvina Poulain est située dans la 41e division, 11e ligne face à la 95e division, 8e ligne de la 42e division.

 

Photographie Gérard Muller



La Commune d’hier et d’aujourd’hui au Père Lachaise,
ceux qui l’ont vécue et ceux qui s’en sont inspirés au XXe siècle

En 1870, la Prusse envahit la France  En 1871, les « communeux » ne veulent pas se rendre. La Commune va se terminer dramatiquement dans le vingtième arrondissement. Elle finira dans le sang -entre français- jusqu’aux exécutions sommaires devant le Mur des fédérés.

C’est à travers les tombes des personnalités et les différents monuments du cimetière que nous aborderons localement cette partie tragique, encore dans nos souvenirs… et toujours d’actualité. 

📅  Samedi 23 mai 2026

🕙  À 10h30

👥 20 personnes maximum

Cette visite guidée est proposée par Philippe Gluck, ancien président de l’AHAV. Elle est réservée aux adhérents et sur inscription à ahav.paris20@gmail.com.

Le lieu de rendez-vous vous sera précisé après inscription.

 

Rue Haxo, les otages et l’église

Entretien avec Jacques Benoist, prêtre et historien

 

Nous sommes le 26 mai 1871, soit deux jours avant la fin de la Commune de Paris. Dans le 20e, la colère est forte et malgré l’opposition de plusieurs responsables de la Commune, 50 otages seront fusillés au 85 rue Haxo.  Parmi eux, dix ecclésiastiques. Aujourd’hui en mémoire de ce drame, il nous reste sur place une église et un véritable petit musée extérieur dans le jardin attenant.

Plus de 150 ans après, le sujet reste toujours sensible, voire clivant. Si la Commune est commémorée chaque année au Père Lachaise, cette fois-ci le 29 mai 2021, le diocèse de Paris avait organisé une « marche des otages martyrs de la rue Haxo » jusqu’à la paroisse Notre-Dame des otages.

Ce jour-là, les participants ont été violemment pris à partie au point que l’un d’entre eux sera blessé à la tête. Un agresseur sera condamné à 10 mois de prison avec sursis.

Le spécialiste des lieux

Nous avons rencontré un passionné de cette période et de ces lieux, Jacques Benoist. Lui-même est à la fois prêtre et docteur en histoire des religions de l’université Paris IV Sorbonne, et diplômé de l’École Pratique des Hautes Études. Il fait partie de notre association, très certainement par solidarité.

 

Notre Dame des Otages - Jacques Benoist, prêtre historien

Jacques Benoist devant ND des Otages-PG

 

D’une approche particulièrement conviviale, Jacques Benoist est aussi une tête chercheuse permanente, et cela depuis plus de 40 ans. Il continue de s’épanouir et de faire son petit bonhomme de chemin en marchant allègrement sur ses deux pieds : l’histoire et la religion… Et réciproquement.

Actuellement prêtre de la paroisse Notre-Dame-des-Otages, rue Haxo, il a mené plus particulièrement ses recherches sur trois axes et en trois volumes : Le Sacré-Cœur de Montmartre, paru en 1992 aux éditions de l’Atelier, les communards et les otages de la rue Haxo.

Il a bien voulu nous recevoir sur place rue Haxo, nous faire pleinement visiter les lieux et partager le fruit de ses recherches.

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Entretien avec Jacques Benoist

Q : Dans l’hebdomadaire La Vie daté du 28 mai 2021, à l’occasion du 150ème anniversaire de la Commune, la journaliste vous décrit comme « toujours un peu en marge des activités paroissiales et tenant fermement à son indépendance »…

R : En fait, je suis indépendant dans mes recherches historiques que je poursuis depuis 45 ans, et suis statutairement directement rattaché sous l’autorité de l‘évêque. Indépendant donc par rapport aux paroisses locales, mais disponible pour elles en permanence en cas de besoin.

Q : En tant qu’historien, après avoir présenté une thèse sur l’église de Montmartre, vous avez effectué une recherche approfondie sur les évènements qui ont conduit au massacre de la rue Haxo…

R : Tout d’abord, j’applique les règles universitaires avec les méthodes de recherche historique aboutissant à leur validation. L’EPHE, -école dans laquelle j’avais soutenu ma thèse sur le Sacré Cœur de Montmartre- et la Sorbonne m’ont encouragé plus tard à poursuivre et présenter mes recherches sur notre sujet.

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Les faits sur place, la Commune de Paris et le drame à la Rue Haxo

Le 26 mai 1871, 50 otages sont abattus sous la pression de la foule : 36 gendarmes, 1 policier, 3 civils considérés comme espions et 10 religieux.

Extrait du texte résumant en 2018 l’exécution des otages, écrit en équipe avec Jacques Benoist et à la disposition du public de Notre-Dame-des-Otages.

« Sur place, malgré les réticences de leur chef militaire et cédant à une foule qui hurle à la mort, les fédérés tirent à volonté durant un quart d’heure sur les otages, tous exterminés, devant un gros mur qui se trouvait rue du Borrégo, à la hauteur de l’actuel maison des jeunes ».

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Q : Pourquoi avoir utilisé le mot otage et non prisonnier, puisqu’ils ont tout d’abord été enfermés à la prison de la Roquette ?

R : En fait, prisonnier veut dire prisonnier de guerre, on utilise alors ce mot lorsqu’il s’agit globalement de militaires arrêtés. Là, il s’agit d’environ 200 personnes civiles emprisonnées simplement par la Commune pour servir de monnaie d’échange.

Celle-ci veut ainsi stopper les exécutions sommaires du gouvernement versaillais en place. Et le 5 avril 1871, elle légifère dans ce sens : avec le décret dit des otages, il est prévu qu’à chaque prisonnier communard exécuté sous la responsabilité de Thiers, en retour, les communards pourront exécuter trois otages.

Environ 200 otages seront arrêtés

Décret sur les otages du 6 avril 1871-Archives de Paris

En fait, ce décret sera peu appliqué sauf les derniers jours de la Commune, notamment pour l’exécution de Monseigneur Darboy à la suite d’une proposition d’échange contre Auguste Blanqui (au PL) restée sans succès.

Q : Ce 26 mai, quelques responsables de la Commune ont tenté sans succès de s’opposer au massacre, comme Eugène Varlin, Zéphirin Camelinat, Jules Vallès (au PL) et Eugène Protot : pourquoi ces responsables communards n’ont-ils pas été écoutés ?

R : Il y a eu une réunion quelques jours avant, à Notre-Dame de Ménilmontant, l’église étant transformée en club sous la Commune. Jules Vallès est présent au moment du vote. Question : doivent-ils être exécutés ou pas ? Le oui l’emporte. Ensuite, les autorités dont ceux que vous citez se sont réfugiées ici. Ils n’ont pas voulu les fusiller et souhaité apaiser les passions. Sans succès.

 

Notre Dame de la Croix, lieu du vote de l'exécution des otages.

Pelle Stark Notre Dame de la Croix -photo Carlotta Olmez, wikipédia. Texte rédigé par Christiane Demeulenaere-Douyere, vice-présidente de l’AHAV

Rue Haxo, rue du Borrégo… rue Planchat

Q : Qu’en est-il de la rue Haxo et de la vocation du terrain autour du n°85 ?

R : La rue Haxo, est une ancienne allée du parc du château de Ménilmontant, devenue une voie militaire le long des fortifs : à l’époque Il n’y avait pas encore les boulevards des maréchaux. Quant à notre lieu lui-même et à sa destination finale, il y a eu bien du flottement sur ses propriétaires dans les années 1870.

Q : Juste en face de Notre-Dame des Otages, cette ancienne chapelle devenue église, vous m’avez fait découvrir le domicile où Gabriel Ranvier -maire de Belleville en 1870- meurt en 1879 au 2 rue des Tourelles, juste à l’angle de la rue Haxo.

Lui-même blanquiste, communard et franc-maçon… il était aussi surnommé le « Christ de Belleville ». Pourquoi ce surnom paradoxal ? Y a-t-il eu une relation entre lui et le massacre de la rue Haxo ?

R : Oui, le « Christ de Belleville », c’est le titre du livre d’Alain Dalotel. Était-il lui-même présent ce jour-là ? Ce n’est pas clairement explicité encore aujourd’hui, même par Alain Dalotel.

Rue Haxo - Gabriel Ranvier

Gabriel Ranvier Le Christ de Belleville, par Alain Dalotel

En tout cas, il reçoit les communards à la Mairie (anciennement près du métro Jourdain) et tente de les convaincre pour que l’exécution n’ait pas lieu… en tout cas pour le moins « pas de ça ici ! » puisqu’il ne peut pas s’opposer frontalement à la décision votée antérieurement. Le groupe avec les otages finira donc par quitter la Mairie pour se diriger rue Haxo. La suite est connue et Alain Dalotel a fait un excellent travail de référence à ce sujet.

Q : Un an plus tard, en mars 1872, un conseil de guerre de Versailles va avoir lieu sur ce drame…

R : En fait, le meneur ou la meneuse n’a pas pu être identifié. Au total, peu d’acquittement, quelques condamnations à mort, aux travaux forcés et beaucoup de condamnations à la déportation.

Q : Après la Commune, la construction de l’église de Montmartre fait toujours polémique quant à son interprétation. Elle est érigée sur le lieu même où a débuté la Commune. Par contre, Notre-Dame des Otages est passée sous les radars.

R : La construction de l’église de Montmartre a une vocation expiatoire par rapport à la globalité des péchés de la France. Il faut se rappeler qu’elle était déjà prévue avant la Commune. Pour l’Église et dans la même logique, les événements de la Commune viennent ici simplement s’y ajouter.

C’est donc l’ensemble de ce dispositif qui est mis en place et dans lequel vient s’insérer Notre-Dame des Otages. Il existe par ailleurs une plaque commémorative au cimetière de Belleville.

Q : En 1872, des catholiques fondent ici l’Œuvre expiatoire du massacre des otages.

R : Il faut dire qu’après une période de flottement sur les lieux eux-mêmes, leur acquisition, leurs différents propriétaires… les jésuites et des religieuses arrivent finalement à acquérir les lieux. En fait, l’œuvre expiatoire est une association qui durera peu de temps et plus tard sera créée La société des otages de la Commune.

Les jésuites vont construire une petite chapelle en 1894, puis une chapelle plus grande quatre ans plus tard. Enfin en 1938 sur ce même emplacement, l’église actuelle remplacera l’ancienne chapelle.

Q : Côté jardin, à l’arrière de l’édifice, le musée extérieur. En libre accès ?

R : Oui, et en libre d’accès par le 81 rue Haxo, mais c’est un véritable petit  jeu de piste pour y accéder.

L’ Abbé Planchat, l’otage qui a sa rue dans le 20e

 

Rue Planchat, abbé fusillé sous la Commune

Rue Planchat donnant rue de Bagnolet-wikipédia

Q : Henri Planchat fait partie des 10 otages religieux fusillés. Le 22 avril 2023, il est béatifié à l’église Saint-Sulpice avec quatre autres prêtres. Au total cinq béatifiés sur dix religieux.

Pourquoi le père Henri Planchat a été mis en avant par rapport aux autres ? Et pourquoi 5 au lieu de lui-seul ou de tous les 10 ?

R : Beaucoup de congrégations religieuses sont concernées dans cette affaire. Le temps a passé et finalement ce sont les plus motivées d’entre elles, les Religieux de Saint-Vincent de Paul et ceux de Picpus, qui ont fini par obtenir ces béatifications dans ces conditions.

L’histoire aura donc poursuivi sa route pour en arriver jusqu’en 2023.

 

Au restaurant « Le Ramus », portrait du grand-père en uniforme qui s’est battu pour la France-PG

L’arrivée des kabyles au XXème siècle

 

Après Idir et les kabyles dans le 20e et Les kabyles en 1871, une histoire « Commune », nous terminons notre enquête sur les kabyles et le 20e arrondissement en prenant connaissance de leur arrivée en France au XXème siècle.

À l’origine de leur venue, la guerre et le manque de main-d’œuvre. Les autorités françaises vont alors se tourner vers leur recrutement depuis les colonies.

Lire la suite

 

Après Idir et les Kabyles dans le 20e, nous poursuivons notre série d’articles sur les kabyles dans le 20e. Nous abordons cette fois-ci l’origine de leur venue, le lien entre deux événements historiques parallèles qui finiront par se rejoindre. 

La troisième et dernière partie sera consacrée à L’arrivée des kabyles au XXème siècle.

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1871, une histoire «Commune»

 

Azziz El Haddad est mort le 22 août 1895, juste en face du Père Lachaise. Figure emblématique de la révolte kabyle de 1871, il habitait au 45 boulevard de Ménilmontant chez son ami et compagnon de déportation Eugène Mourot.  Il est le fils du Cheick de la Rahmaniya, et a été recherché par toutes les polices à la suite de son évasion de Nouvelle-Calédonie.

La rencontre des déportés en Nouvelle Calédonie

Azziz El Haddad est une des deux figures de proue du groupe de déportés en Nouvelle-Calédonie. Il a rencontré ses compagnons d’infortune dont Louise Michel, et Eugène Mourot, tous deux anticolonialistes, ce qui était rare à l’époque… même chez les communards. Dans ses mémoires, Louise Michel écrit :

« Un matin, dans les premiers temps de la déportation, nous vîmes arriver dans leurs grands burnous blancs, des Arabes déportés pour s’être, eux aussi, soulevés contre l’oppression. Ces orientaux, emprisonnés loin de leurs tentes et de leurs troupeaux étaient simples et bons et d’une grande justice ».

1871 Maison Carrée, Alger - Départ des forçats pour la nouvelle Calédonie

1871 Départ des forçats d Alger pour la nouvelle Calédonie – Photo J. Geiser

Puis, l’amnistie générale est déclarée en juillet 1880 pour « tous les condamnés pour faits relatifs aux insurrections de 1871 et à tous les condamnés pour crimes ou délits relatifs à des faits politiques ». Tous sauf les algériens qui, au contraire des parisiens, sont maintenus en résidence en Nouvelle-Calédonie. Azziz El Haddad, lui, décide alors de s’enfuir via l’Australie.

De son côté, Eugène Mourot, devenu conseiller municipal de Nouméa et vice-président de l’Union démocratique de propagande anticléricale, préférera ne rentrer en France qu’en 1884.

C’est ainsi que, fidèle aux amitiés nouées en captivité, à son retour en France, Eugène Mourot offre l’hospitalité à Azziz El Haddad. Celui-ci mourra en 1895, le jour-même où quelques rares survivants de la « Commune kabyle » enfin graciés, embarquaient à Nouméa pour rentrer au pays.

Une collecte effectuée parmi les anciens communards déportés a permis le rapatriement du corps du défunt en Algérie.

À l’origine,  les décisions coloniales

En Algérie, plusieurs mouvements de révolte préludent à la grande insurrection. La politique française tend à morceler les tribus et à diminuer l’influence des grandes familles. Avant tout autre, les notables se sentent menacés par la promesse de mesures telles que la libération des khammès (métayers qui recevaient le cinquième de la récolte contre leur force de travail), la confiscation de leurs terres ou des impôts considérables.

Peu à peu la révolte nobiliaire enfle précédant de peu la révolte populaire, celle des djouad ou noblesse d’épée qui possède souvent des terres [1].

Outre celles déjà citées, plusieurs causes à cette révolte dont une famine et un appauvrissement des foyers kabyles à la suite d’un hiver rigoureux en 1868-69. Et surtout, c’est la fin des « bureaux arabes », ces structures administratives mises en place par la France après la conquête de l’Algérie en 1830. Ceux-ci sont remplacés par un régime civil qui allait coûter cher aux populations locales, par une domination accrue des colons, et une aggravation de la spoliation de leurs terres.

1871, la mobilisation forcée des spahis contre la Prusse

Cette insurrection de 1871 va prendre son essor dans l’Est du pays, particulièrement dans les régions berbérophones de Kabylie. Cette révolte provient d’abord de l’échec de la politique française depuis 1830 notamment sous le Second Empire.

Le premier mouvement éclate le 20 janvier 1871, il est sans doute le plus significatif.

Il met en cause une institution, celle des spahis (régiment de cavalerie algérien), qu’on veut faire venir en France pour faire la guerre contre la Prusse, alors qu’il était entendu que ceux-ci ne devaient pas quitter leur pays.

La révolte de Soukaras - 24 février 1871

Révolte des spahis à Soukaras in Le Petit Moniteur universel – 24 février 1871

En février, d’autres révoltes apparaissent, et l’autorité française semble incapable de maintenir l’ordre, ce qui encourage un homme, comme le bachaga Mokrani, à déclencher la grande révolte.

Le 15 mars, la révolte est menée depuis le massif montagneux des Bibans en Kabylie par le cheikh El Mokrani et son frère BouMezrag, tous deux rejoints par le cheikh El Haddad. Elle soulève environ 250 tribus, soit un tiers de la population de l’Algérie. El Mokrani se retrouve à la tête de 120 000 combattants (200 000 selon les chiffres de l’Armée française).

La répression est terrible. Après en avoir fini avec les communards, des troupes françaises arrivent en renfort fin mai 1871. Le 30 juin, le fils Aziz al-Haddad se rend et le 13 juillet le cheikh al-Haddad est capturé. L’insurrection ne prend définitivement fin qu’après la capture de BouMezrag, le 20 janvier 1872.

Outre une contribution de guerre de 36,5 millions de francs-or imposée aux tribus insurgées, 446 000 hectares de terres sont séquestrés. Les kabyles sont rejetés vers les montagnes, les principaux chefs sont déportés en Guyane française ou en Nouvelle-Calédonie.

Les défenseurs de Paris - Spahis au Cours-la-Reine en février 1871

Spahis à Paris in Le Monde illustré – 18 février 1871

Il faudra attendre 1928 pour que le régime de l’indigénat français soit modifié. Ce régime, appliqué dans les territoires du second empire colonial, finira par être aboli en 1946. Un aboutissement après une demande du mouvement des Jeunes-Algériens de la suppression de ce code d’exception en 1908 et 1912, suivie d’une autre de la Ligue des droits de l’homme lors de son 20ème Congrès, en 1924.

↑[1] Avec les lignages maraboutiques, cette classe sociale constitue l’une des deux castes aristocratiques de la société algérienne traditionnelle

 

Prochain article : L’arrivée des kabyles en France, de la guerre 1914-1918 aux années 1950

 

Pour les membres de l’AHAV, un article long est disponible dans l’espace adhérent : Les Kabyles du XXe
(Merci de vous identifier dans Mon espace adhérent / Connexion avant de cliquer sur le lien pour y accéder)

La Commune et le 20e, seconde partie

Notre Bulletin n° 78 vient de paraître. Il fait suite au précédent sur le même sujet, avec dix nouveaux articles extraits de la page Actualité du site Internet de l’AHAV. Il complète ainsi la publication de notre sélection de vingt articles relatifs au 150e anniversaire de la Commune de 1871.

Le 20e arrondissement y avait tenu une place toute particulière, et cet anniversaire 2021, ces faits au retentissement mondial, a été un temps fort qui a mobilisé notre association : en plus de nos conférences et visites guidées au Père Lachaise, nous avions précédemment publié sur le même sujet :

  • le bulletin n° 75, un tableau de la Commune, à travers nos quartiers et les personnalités marquantes de cette époque.
  • le bulletin n° 76, le portrait de Félix Pyat, un républicain engagé, par les personnalités qui l’ont connu.

À signaler sur un temps plus long, l’évolution de notre démocratie dont la Commune a été le marqueur principal : « 1869-1879 : la République en son creuset », diffusée sur France Culture, dans l’émission Concordance des temps le 5 mars 2022. Émission dans laquelle le rôle de Gambetta y est abondamment décrit.

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En 1871, le Gouvernement de la Défense provisoire négocie avec les Prussiens

et se charge de prendre Paris : là débute la Commune. C’était il y a 151 ans…

Au sommaire, nos dix articles parus en 2021 :

  • 8 mars – Les femmes dans la Commune
  • 28 mars – La Commune proclamée par le maire du 20e
  • 3 avril – Colline, Covid, Commune : les artistes en action
  • 5 avril – 3 avril 1871, 3 actions de la Commune 13
  • 12 avril – Un Bellevillois barricadier en chef de la Commune
  • 24 mai – 21 mai 1871, les Versaillais entrent dans Paris
  • 25 mai – Robida, reporter de guerre communard
  • 30 mai – Finalement, une plaque au mur des fédérés
  • 1er juin – La fin de l’aventure communaliste
  • 7 juin – Inauguration du jardin Paule Minck

Ces articles ont été écrits par Christiane Demeulenaere-Douyère et Philippe Gluck

Gabriel Ranvier, une plaque au héros de Belleville

Le mercredi 25 mai prochain, en fin d’après-midi, M. Éric Pliez, maire du 20e arrondissement, dévoilera une plaque à la mémoire d’un de ses prédécesseurs, Gabriel Ranvier (1828-1879), qui a joué un rôle éminent lors de la Commune de Paris.

Ranvier a représenté le 20e arrondissement au Comité Central de la Garde nationale et, par deux fois, il a été élu maire de l’arrondissement. Depuis la mairie, située à cette époque rue de Belleville, dans l’ancienne guinguette de L’Ile d’Amour, il a veillé sur ses administrés et été l’âme de la résistance de Belleville pendant la Semaine sanglante (21-28 mai 1871).

Le dévoilement sera précédé à 18h00, sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville, 139 rue de Belleville, d’un spectacle historique sur la Commune de Paris par la troupe « Les mystères du Vieux Paris ».

Tous les citoyens de l’arrondissement sont chaleureusement conviés à assister à cette cérémonie

Plaque à l'ancienne mairie du 20e

Gabriel Ranvier, invitation à la cérémonie du 25 mai 2022

« Ranvier. Un long corps maigre au haut duquel est plantée, comme au bout d’une pique, une tête livide, qu’on croirait coupée s’il baissait les paupières […] Mais qu’il ouvre la bouche et qu’il parle, un sourire d’enfant éclaire son visage », L’Insurgé, Jules Vallès

L’élu du 20e

Gabriel Ranvier fait partie de ces figures qui n’ont pas écrit l’histoire de la Commune. Mais qui l’ont faite !

Après la proclamation de la République, Gabriel Ranvier est élu une première fois maire du 20e, le 6 novembre 1870, mais très vite, l’élection de ce « petit patron » d’un atelier de décoration sur porcelaine et laque est invalidée pour faillite quelques années plus tôt.

1ère mairie du 20e

Ancienne mairie de Belleville puis du 20e arrondissement, rue de Belleville

Il entre alors en politique et s’engage plus que jamais aux côtés des blanquistes. Membre du Comité Central de la Garde nationale, il est impliqué dans l’insurrection du 18 mars 1871, date à laquelle il est réélu et reprend ses fonctions de maire du 20e. Et c’est lui qui aura l’honneur de proclamer la Commune de Paris à l’Hôtel de Ville le 28 mars 1871.

Le nouvel édile, par ailleurs franc-maçon, prend les armes et participe aux sorties des fédérés contre les forces du gouvernement de Versailles, notamment à celle, désastreuse, du 3 avril, où Gustave Flourens perd la vie. Le 1er mai, il vote pour l’institution d’un Comité de Salut public. Il combattra avec acharnement jusqu’au dernier jour de la Commune le 28 mai 1871.

Caricature de Ranvier

Portrait de Gabriel Ranvier, maire du 20e arr, musée Carnavalet

Réfugié à Londres, il y reprend son métier et combat pour l’amnistie des Communards. Il milite notamment dans les comités de secours aux réfugiés, puis il se rapproche de Bakounine et des libertaires. Au même moment, en France, il est deux fois condamné par contumace pour participation à la Commune.

En 1879, il demande aux autorités françaises de l’autoriser à passer par Paris. Et c’est rue des Tournelles, à Belleville, qu’il meurt soudainement, le 25 novembre 1879, à 51 ans. 600 personnes, dont 200 amnistiés, suivent son convoi.

Le signataire de la dernière affiche de la Commune

Au soir du 26 mai 1871, il signe la dernière affiche de la Commune… un dernier appel à l’unité et à la solidarité :

« Citoyens du XXe arrondissement

Le moment est venu de combattre avec acharnement un ennemi qui nous fait depuis deux mois une guerre sans pitié.

Si nous succombions, vous savez quel sort nous serait réservé. Aux armes donc, et ne les quittons plus qu’après la victoire. De la vigilance, surtout la nuit […].

Je viens donc, dans un intérêt commun, au nom de la solidarité qui unit en ce moment tous les révolutionnaires, vous demander d’exécuter fidèlement les ordres qui vous seront transmis. Prêtez votre concours au 19e arrondissement, aidez-le à repousser l’ennemi, là est votre sécurité, et la victoire est à ce prix. N’attendez pas que Belleville soit lui-même attaqué, il serait peut-être trop tard. En avant donc et Belleville aura encore une fois triomphé. Vive la République ! »

Une première version de cet article, rédigé par Christiane Demeulenaere-Douyère, vice-présidente de l’Association d’histoire et d’archéologie du 20e arrondissement de Paris (AHAV), est parue dans le Journal municipal Paris Vingtième n°1 – Hiver-Printemps 2021.

 

Et le 31 décembre, qu’est-ce qu’on fait ?

La Taverne du Bagne… ça vous dit ?

 

Discothèques et cabarets interdits en cette fin d’année 2021 ? Qu’importe… Belleville a toujours été un lieu de divertissements et de plaisirs. Alors, histoire de finir joyeusement l’année du 150e anniversaire de la Commune de Paris, nous vous proposons une soirée à la Taverne du Bagne.

En février 1884, est inauguré, au 12 rue de Belleville, à un jet de pierre des Folies-Belleville, un drôle de cabaret : La Taverne du Bagne et des Ratapoils.

« Le d’Artagnan de la Commune »

Le directeur en est Maxime Lisbonne, ancien colonel de la Commune, qu’un de ses biographes a surnommé pour son courage « le d’Artagnan de la Commune ». Cluseret disait de lui : « Qui ne se souvient de Lisbonne, caracolant sur son cheval arabe, vêtu mi-partie en garde national et mi-partie en je ne sais quoi de grenadier de Sambre et Meuse ? D’une bravoure hors ligne… ». Né à Paris, en 1839, il a d’abord connu la vie militaire, notamment en Crimée. Puis, en 1864, il s’est lancé dans le théâtre aux Folies-Saint-Antoine.

En 1871, il s’est engagé avec bravoure pour défendre la Commune. Il a été blessé, pris et condamné aux travaux forcés en Nouvelle-Calédonie, puis amnistié en 1880.

Lisbonne, fondateur de la Taverne du Bagne

Maxime Lisbonne, photo.

En 1880, la vie à Paris n’est pas facile pour qui revient de dix années de bagne à l’autre bout du monde. Heureusement, Lisbonne a de la ressource. Il reprend les Bouffes du Nord et monte des pièces militantes de Louise Michel, d’Emile Zola et de Victor Hugo. Chaque soir, son théâtre est le rendez-vous des vieux communards et des jeunes collectivistes. Il crée un journal, L’Ami du Peuple – Seul journal qui ose dire la vérité, qui ne dure pas. Comme il a de l’imagination et de l’humour à revendre, il se lance dans le cabaret, à Montmartre et à Belleville.

Forçats et Ratapoils

Rue de Belleville, sa Taverne du Bagne ne manque pas d’originalité. Son décor est directement inspiré d’une caserne de Nouméa. Au-dessus de la porte, une lanterne rouge. Sur la toiture, à droite et à gauche, deux canons. L’intérieur est d’un minable à faire fuir. Les murs sont décorés de scènes de bagne, de paysages de Nouvelle-Calédonie ou de portraits de forçats célèbres comme Henri Rochefort.

Le service est confié à des « forçats », ayant au pied une chaîne terminée par un boulet. Mais le boulet est creux, il s’accroche à la ceinture, s’ouvre et contient… la serviette avec laquelle le serveur essuie les tables. Le bock s’appelle un boulet et sont au menu « soupe canaque, gourgane de Toulon et Badinguet ». On ne sort de l’établissement qu’avec un « certificat de libération » attestant que « le Condamné a consommé et s’est bien conduit ».

Taverne du bagne, "certificat de libération"

Taverne du bagne, « certificat de libération »

A Belleville, Lisbonne ajoute une attraction supplémentaire : les Ratapoils, « beaux messieurs en redingote, ayant sur le chef un chapeau haut de forme. Au-dessus de celui-ci planait un aigle empaillé dont le bec tenait un morceau de lard ». Il y a aussi du spectacle : par moments, une dispute s’engage entre forçats et ratapoils. « Cinq ou six forçats se jetaient sur un ratapoil, s’en emparaient et le poussaient sur un petit théâtre simulant une forge. Ils le couchaient de force sur un banc et lui mettaient les fers aux pieds. C’était la revanche de l’opprimé ! » (C. Chincholle, Les Mémoires de Paris, 1889).

Déceptions et revers de fortune

Quand La Taverne du Bagne de Belleville doit fermer, Lisbonne lui donne une longue descendance d’autres cabarets tout aussi fantaisistes : La Taverne de la Révolution française, aux Halles (1886), Les Frites révolutionnaires, boulevard de Clichy, La Brioche politique, rue du faubourg-Montmartre (1893), ou encore Le Casino des Concierges (1894). En 1898, ce sera Le Jokey-Club de Montmartre, à l’inauguration duquel on sert des « maquereaux pêchés dans le bassin de la place Pigalle ».

Mais la fortune ne sourit pas à Maxime Lisbonne. Il finit sa vie, en 1905, dans l’oubli d’un bureau de tabac à la Ferté-Alais (Essonne), où il est enterré et où une rue porte son nom.

Maxime Lisbonne, portrait dans la rue. Taverne du Bagne

Maxime Lisbonne, par Morèje-République.

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Pour en savoir plus :

Charles Chincholle, « Les Fantaisies de Maxime Lisbonne », Les Mémoires de Paris, Paris, Librairie moderne, 1889, p. 61-79.

Marcel Cerf, Le D’Artagnan de la Commune (Le Colonel Maxime Lisbonne), Bienne, Editions du Panorama, 1967 ; rééd. Paris, Dittmar, 2014.

Sur Internet : https://www.lafertealais.com/les-personnages-de-la-ferte-alais-au-temps-des-cabarets/maxime-lisbonne/

  « Dessiner la Commune » 

Illustrations et dessins d’Éloi Valat

L’exposition à la mairie du 20e

Du 6 novembre au 18 décembre 2021

« Dessiner la Commune » est à l’origine un livre illustré d’Éloi Valat datant d’avril 2021. Depuis quinze ans ce peintre dessinateur s’y est investi sous forme de quatre différents albums (*).

À propos du style qui l’identifie, Jean-Michel Arnold, directeur de Images/Média (CNRS), souligne à son sujet qu’il est « sans doute l’un des plus originaux parmi les graphistes de sa génération… avec une rare ferveur documentaire (il ne manque pas un pavé au Faubourg) »

En avril dernier, l’association  Faisons Vivre la Commune ! (domiciliée comme la nôtre à la MVAC du 20e arrondissement) a invité Éloi Valat et Raphaël Meyssan au Pavillon Carré de Baudouin, une conférence destinée à présenter chacun d’eux avec leur œuvre d’actualité.

Entretien d'Eloi Valat et Raphael Meyssan

Eloi Valat et Raphael Meyssan au Pavillon Carré de Baudouin le 2 avril 2021

Le choix de la Commune pour Éloi Valat

Lors de cette conférence, Éloi Valat nous explique ce qui, à l’origine, l’a personnellement motivé :

« C’est une entreprise de longue haleine, une histoire personnelle assurément c’est aussi un goût pour les images très fort, le fait de rencontrer cet évènement, cette révolution pour laquelle j’ai vraiment énormément d’affection, et également pour l’œuvre d’un écrivain important par rapport à la Commune et qui est l’œuvre de Jules Vallès ».

Dessiner la Commune, inauguration de l'expositionon

Eloi Valat à l’inauguration de son exposition à la Mairie du 20e, PG

Une exposition d’une forte intensité, à la fois moderne et digne à travers ses illustrations à son image, de notre mouvement social parisien, d’ampleur nationale… et au retentissement mondial.

____________ (*) Le Journal de la Commune (2007), L’enterrement de Jules Vallès (2011), La Semaine sanglante (2013), Louises, les femmes de la Commune (2019).

150 ans de la Commune de Paris - Affiche

Affiche du programme sur la Commune le 25/09/2021 au PCB

 

Cinq courts métrages au PCB sur la Commune

 

Ce 25 septembre après-midi, le Pavillon Carré de Baudouin nous propose de découvrir cinq courts métrages sur la Commune de Paris, dont deux films inédits

À cette occasion , la chorale Compagnie en chantant se produira sur scène.

En seconde partie, le court métrage Rives d’exil fera ensuite l’objet d’un débat sur Jules Vallès (au Père Lachaise) contraint de s’exiler après la répression sanglante de la Commune.

Vous trouverez ci-dessous le lien du PCB pour toutes les informations pratiques :

 

150 ans de la Commune : les événements labellisés dans le 20e

150 ans de la Commune : les événements labellisés dans le 20e