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Aux poètes du Père Lachaise, visite créative

Un événement dans le cadre du Printemps des cimetières

 

 

Dans toute la France… et jusqu’en Belgique, la 9ème édition du Printemps des cimetières a lieu du 24 au 26 mai 2024.

Plus localement au Père Lachaise, ce printemps est l’occasion de vous proposer sur place une visite de nos poètes.

Nous nous baladerons en compagnie de Philippe Gluck pour l’AHAV -qui nous servira de guide- et de Julien Marcland, poète et comédien, directeur artistique du festival  Du haut des cimes de Ménilmontant  et qui interviendra avec la complicité de notre groupe.

 

 

Cette visite aura lieu :

📅 Dimanche 26 mai 2024

🕥 À 10h30

⏳ Durée 90 mn

🪧 Le lieu de rendez-vous sera précisé par retour du courrier d’inscription

 

Printemps des cimetières 2022 - groupe avec Julien Marcland

En 2022 au Père Lachaise Julien Marcland en lecture avec le groupe – JI

 

Au bout du chemin, nous aurons agréablement et spontanément produit un poème collectif, inspiré librement de la lecture de ces poètes.

Cette sortie gratuite, exceptionnellement ouverte à tout public, est limitée à 20 personnes et sur inscription.

Intervenants poètes printemps des cimetières

Screenshot

Plaque de Jean Moulin sur sa case au Père Lachaise

Il y a 80 ans, très exactement le 22 mars 1944, Pierre Brossolette se suicide. Il refuse de parler sous la torture de la Gestapo et saute par la fenêtre de l’immeuble de l’avenue Foch. L’année précédente avec Jean Moulin, il avait  participé à la constitution du Conseil National de la Résistance. Les cendres de chacun ont été transférées au Panthéon : tout d’abord celles de Jean Moulin le 19 décembre 1964, puis bien plus tard celles de Pierre Brossolette le 27 mai 2015.

Nous reproduisons ci-dessous notre article paru pour la première fois le 25 juillet 2023, anniversaire de la naissance du CNR quatre-vingts ans plus tôt.

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80 ans du CNR liés au Père Lachaise

Jean Moulin et Pierre Brossolette

Il y a 80 ans, Jean Moulin chef de la Résistance décédait alors qu’il venait à peine de créer le Conseil National de la Résistance. Il est mort le 8 juillet 1943 en gare de Metz sur le chemin de la déportation.

Ses cendres ont reposé pendant plus de 20 ans au columbarium du Père-Lachaise. Plus tard, la Ville de Paris décidera d’apposer sur sa case une plaque mémorielle : son passage ici reste ainsi gravé depuis 2019, alors que le transfert de ses cendres a eu lieu au Panthéon en 1964. Après lui, plusieurs personnalités liées au Conseil National de la Résistance le suivront dans ce même cimetière.

Début 1943, le besoin d’un Conseil National de Résistance

Il faut nous rappeler qu’en 1942, il existe huit mouvements de Résistance intérieure. Trois d’entre eux éditent un journal clandestin :

  • « Combat » dont le sous-titre du journal est « Organe du mouvement de la Résistance française » fondé par Henri Frenay.
  • « Libération-Sud » créée par Emmanuel d’Astier de la Vigerie qui recrute le plus souvent ses membres dans les milieux syndicaux (CGT) et socialistes. Lucie et Raymond Aubrac en ont fait partie. Leur journal : « Libération ».
  • « Franc-Tireur », avec Jean-Pierre Lévy

Jean Moulin estime essentiel de réaliser l’union de la Résistance, afin d’apporter au chef de la France libre un concours déterminant. Dès le 27 janvier 1943, tous signent l’acte officiel de naissance des « Mouvements unis de Résistance » (MUR).

Il soumet alors un projet au général de Gaulle dont les objectifs sont multiples. La création du CNR permettra dans un premier temps d’unifier et de coordonner toutes les forces et les tendances politiques de la Résistance au sein d’un seul et même organisme. Mais l’objectif est aussi géopolitique soulignant aux Alliés que le Général De Gaulle est le véritable chef de la Résistance.

Cela dit, les avis divergent en interne sur la nouvelle République à mettre en place pour l’après-guerre. C’est dans cette atmosphère disparate et souvent divergente que Jean Moulin convoque la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) le 27 mai 1943.

Salle de réunion du premier CNR, 48 rue du Four à Paris,

La table de l’appartement où s’est déroulée la 1re réunion du CNR, le 27 mai 1943, à Paris.
© Photographie Famille Corbin, droits réservés

Cette réunion regroupe 17 personnes au total avec Jean Moulin. Toutes les composantes de la Résistance sont ainsi fédérées au sein de cet organisme qui apporte son soutien au général de Gaulle pour « préparer en pleine lucidité et en pleine indépendance la renaissance de la Patrie détruite, comme des libertés républicaines déchirées ».

 

Le Conseil National de la Résistance en 1943

Composition du CNR en 1943-Éducation Nationale

Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin et dernier résistant enterré au Père Lachaise nous rapporte son témoignage sur la préparation et la tenue de cette réunion.

Pierre Brossolette, l’autre Résistance

Bien que son mouvement soit représenté à la première réunion du CNR, un autre homme de la Résistance manque à l’appel : Pierre Brossolette, responsable de la Résistance dans la zone Nord.

De Gaulle a chargé Pierre Brossolette et ses compagnons d’une mission centrée notamment sur l’unification de la résistance armée. Cette mission est historique car elle réussit à unifier l’ensemble des mouvements de Résistance de la Zone occupée et elle prépare les réseaux en vue du Débarquement.

Quand Jean Moulin revient de Londres en mars 1943 pour créer le Conseil national de la Résistance (CNR), il est toujours peu reconnu par les mouvements de résistance, en particulier, par le responsable de la zone Nord, Pierre Brossolette, qui s’oppose à lui sur plusieurs sujets. En particulier, sur le fait que les partis politiques soient partie prenante du CNR. Brossolette défend plutôt l’idée de familles spirituelles. Il considère en effet qu’il est trop tôt pour fusionner des éléments qui s’ignorent encore, voire qui se défient. Il pense qu’une organisation unique des mouvements de résistance des deux zones apparait impossible.

À cette époque, la rivalité entre Jean Moulin et Pierre Brossolette devient évidente. Jean Moulin, alors responsable de la zone sud, reproche en plus explicitement à Pierre Brossolette d’avoir interféré auprès de De Gaulle pour l’empêcher de coordonner la Résistance avec la zone nord.

Pourtant, le succès du bilan laissé par Brossolette durant cette période a été salué par les témoins de l’époque. Le BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action) dont il est le n°2 a réussi à séparer le renseignement des réseaux d’action et à effectuer un inventaire rigoureux des forces de la résistance en Zone Nord réellement disponibles. De plus, il a fait de Paris occupée la capitale de la Résistance.

Carte d’officier de la France Libre de Pierre Brossolette

Carte militaire de Pierre Brossolette (fausse identité)

Et lorsqu’avec ses avancées le CNR se réunit le 27 mai 1943, les deux hommes intègres persistent dans leur opposition sur l’orientation politique de la France.

Pierre Brossolette reste très critique vis-à-vis de la IIIème République, qu’il rend responsable de la défaite. Il souhaite, après la Libération, la naissance d’un grand parti de la Résistance au pouvoir, appelé à réaliser une politique de transformation sociale ambitieuse.

Pour sa part, Jean Moulin (à qui l’on a reproché de se laisser influencer par le parti communiste) défend aussi les valeurs républicaines mais dans le cadre de la démocratie d’avant-guerre.

Il reste que leurs destins vont se rejoindre. En mars 1944 , au moment de la mort de Brossolette et après celle de Jean Moulin, un programme commun est élaboré par le Conseil national de la Résistance.

Que reste-il du CNR ?

« Les jours heureux »,  ce titre est devenu très rapidement celui du programme ambitieux du CNR, un marqueur social durable dans notre société d’après-guerre.

Extrait du programme du CNR, affiche

Le texte complet du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944 est consultable ici.

Et qu’en est-il aujourd’hui ? L’histoire serait évidemment longue à détailler mais par exemple depuis cette date et grâce à Ambroise Croizat (au Père Lachaise), nous avons pu voir naître la Sécurité Sociale (maladie/allocations familiales/retraite). Quant aux deux responsables de la Résistance liés au CNR, ils ont poursuivi le chemin de la reconnaissance de la Nation, en passant du Père-Lachaise au Panthéon.

D’une case « inconnu incinéré » du Père-Lachaise… au Panthéon

La mort de Jean Moulin est rendue publique le 19 octobre 1943, quand un membre de la Gestapo de Montpellier vient l’annoncer à Laure Moulin, la sœur de Jean.

La famille découvre au Père Lachaise une urne avec ce numéro et cette seule mention : « Inconnu incinéré, 09-07-43 ». Elle la fait déplacer dans le carré de la Résistance du cimetière avec une nouvelle inscription : « Cendres présumées de Jean Moulin ». En 1964, l’urne sera transférée au Panthéon, accompagnée des célèbres mots de Malraux : « Entre, ici, Jean Moulin. ».

Tout comme Jean Moulin, Pierre Brossolette a subi la torture. Le 3 février 1944, il doit rejoindre Londres. Sur la route d’Audierne, il est pris à la suite d’une dénonciation. Le 22 mars 1944, pendant la pause-déjeuner de son gardien, Brossolette se lève de sa chaise, menotté dans le dos, il ouvre la fenêtre de la chambre de bonne dans laquelle il est enfermé et se défenestre. Gravement blessé, il est transporté à l’hôpital de la Salpêtrière où il succombe à ses blessures vers 22 heures, sans avoir parlé. Il ne donne qu’un nom, le sien. Le 24 mars, il est crématisé au cimetière du Père-Lachaise.

Case anonyme au Pere Lachaise - cendres de Pierre Brossolette

Cases anonymes (3920 ou 3913) où ont été déposées les cendres de Pierre Brossolette mélangées à celles du Compagnon de la Libération François DELIMAL

Les cendres de Jean Moulin et de Pierre Brossolette se retrouvent au columbarium du Père Lachaise, les unes avec un doute quant à leur identification, les autres mêlées à celles d’un autre résistant, avant de prendre le chemin de la reconnaissance vers le Panthéon.

Enfin, Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin et grand témoin de son histoire, sera le dernier résistant à être inhumé au Père Lachaise.

Tombe de Daniel Cordier, Compagnon de la Libération - Secrétaire de Jean Moulin

Tombe de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, au Père-Lachaise le 25 mai 2023-PG

Visite guidée au Père Lachaise des monuments de la Guerre de 1870-1871

et des tombes des maréchaux du Ier Empire

En 2022, nous avions abordé  les maréchaux d’Empire et Paris par une conférence à la mairie du 20e.

Et puis, avec son spectacle  hors les murs intitulé « Boulevard Davout », le Théâtre national de la Colline nous a donné l’occasion de présenter le maréchal qui lui a donné son nom.

Et enfin en décembre de cette même année, nous devions terminer ce cycle au Père Lachaise avec une sortie principalement liée à la partie militaire du cimetière.

Une visite guidée prévue à l’origine pour le 4 décembre 2022. Elle a dû être reportée et vous est désormais proposée tout prochainement.

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Grégoire Vialaret, président du Souvenir Français (Comité du 20e), abordera dans un premier temps les monuments commémoratifs des combattants des guerres mondiales. Il nous fera ensuite découvrir ceux de la guerre de 1870/1871 et terminera la visite par les sépultures des grands maréchaux de l’Empire.

📅 Dimanche 7 avril 2024

🕙 À 10h00

Durée 90 mn

🪧 Le lieu de rendez-vous sera précisé par retour du courrier d’inscription

 

Cette visite gratuite sur inscription est réservée aux adhérent-e-s. Pour vous inscrire, cliquez ici.

Marie et Violette au Père Lachaise devant la sépulture de Zoé Alexandrine Cadiot -PG



Action matrimoniale au Père Lachaise

deux étudiantes au service d’une restauration

 

L’action se passe au Père-Lachaise. Coïncidence du calendrier, tout près de la journée de la femme, deux étudiantes de Sciences-po, Marie et Violette, se sont lancées bénévolement dans une opération de préservation du patrimoine au féminin.
Ce sympathique binôme vient plus précisément de s’engager en vue de restaurer le médaillon d’une femme sculpté sur sa stèle. La tombe se situe dans la 86ème division, celle où se trouve notamment Guillaume Apollinaire. Et il ne s’agit pas là de n’importe quelle tombe pour l’auteure célèbre de cette œuvre, puisqu’il s’agit du portrait de sa propre mère.

Recherches, rendez-vous, étude de faisabilité… elles en sont actuellement arrivées à la finalisation du projet : il reste la collecte, le financement destiné à sa restauration. Car l’œuvre sculptée vient de Claude Vignon, sculptrice renommée, écrivaine et féministe. Le montant à collecter pour la restauration s’élève à 4000 €, somme modeste.

Encourageons Violette et Marie dans leur action, faisons connaître ce projet autour de nous. Toute participation, même modeste, est un soutien au patrimoine… ou devrions-nous dire, au matrimoine.

Cimetière Père Lachaise sépulture Zoé Alexandrine Cadiot

Marie et Violette au Père Lachaise devant la sépulture de Zoé Alexandrine Cadiot -PG

La tombe de Zoé Alexandrine Cadiot

Tout ceci est donc une histoire de femmes.
Marie et Violette, toutes deux étudiantes à Sciences Po Paris, ont décidé de choisir la tombe de Zoé-Alexandrine Cadiot pour en restaurer le médaillon. Pas n’importe quel médaillon puisqu’il a été sculpté par sa fille Noémie, dite Claude : Claude Vignon, beaucoup plus connue que sa mère, et dont la tombe est située non loin de la sienne.

Où et qui est monsieur Cadiot ? Sur cette tombe, l’histoire ne le dit pas. Cependant, on trouve trace de nombreux ouvrages d’Histoire politique à la Bibliothèque Nationale https://data.bnf.fr/10428987/marcellin_cadiot/

Sa fille Marie-Noémie Cadiot, dite Claude Vignon (1828-1888), aura une vie haute en couleurs. Et décidera de sculpter ce médaillon de sa mère pour l’apposer sur sa tombe, en hommage à celle-ci. Sculpté en pierre, il a d’abord été exposé au Salon de 1868. La datation du monument est plus tardive et se situe entre 1877 (mort de Zoé-Alexandrine Cadiot) et 1886, soit deux années avant la mort de Claude Vignon elle-même.

 

Tombe de Zoé Alexandrine Cadiot au Père Lachaise

Tombe de Zoé Alexandrine Cadiot – PG

 

Cette initiative part du projet « Le Plus Grand Musée de France étudiant  » (PGMF), issu d’une coopération entre Sciences Po et la fondation de la Sauvegarde de l’Art Français.

Dans la même division que celle de Zoé-Alexandrine Cadiot, on trouve la tombe d’Hélène Bertrand de Beauvoir (1910-2001), peintre et sœur de Simone. Engagée dans la cause féministe, tout comme sa sœur auteure du Deuxième Sexe ; Hélène a créé un foyer pour femmes en Alsace. Élue présidente de SOS Femmes battues à Strasbourg, elle dénonce durant toute sa vie l’oppression des femmes, et notamment à travers ses tableaux.

La sculptrice Claude Vignon

Née le 12 décembre 1828 à Paris et morte le 10 avril 1888 à Villefranche-sur-Mer, Marie-Noémie Cadiot, qui deviendra Claude Vignon, a eu plusieurs vies. Elle sera à la fois sculptrice, critique d’art, journaliste, romancière et féministe française.

En 1843, à l’âge de 15 ans, elle quitte le pensionnat pour se lier à un diacre ayant quitté le séminaire avant d’être ordonné prêtre. Lui deviendra à la fois écrivain libre-penseur et artiste. En 1846, à 18 ans, elle vient vivre avec lui, au grand dam des parents. Échappant de peu à une accusation de détournement de mineure par le père de Noémie, ce défroqué est obligé d’épouser civilement la jeune fille, à la mairie du 10e arrondissement de Paris. Elle le quittera cependant une dizaine d’années plus tard pour le marquis Alexandre Sarrazin de Montferrier.

C’est à ce moment-là que Marie-Noémie Cadiot prend des leçons auprès du sculpteur James Pradier, également au Père Lachaise. Sa vie de sculptrice commence alors, et elle mène de front écriture et sculpture. Au Salon de 1852, elle expose une statue de Bacchus, aujourd’hui au Musée de Caen. Elle participe notamment aux travaux de la fontaine Saint-Michel de Paris – le bas-relief central -, à la décoration du Louvre et des Tuileries – dix bas-reliefs sont placés dans l’escalier qui mène à la Bibliothèque du Louvre. À l’église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, elle réalise les quatre figures du haut-relief du porche : la Force, la Justice, la Prudence et la Tempérance. Elle sculpte de nombreux bustes, dont une statue de Daphné exposée à l’Exposition Universelle de 1867.

Parallèlement, elle écrit dans Le Tintamarre et Le Moniteur du Soir des feuilletons littéraires sous le pseudonyme de « Claude Vignon » (nom tiré du roman « Béatrix » de Balzac, également au Père Lachaise), pseudonyme qu’elle adopte officiellement en 1866. À partir de 1849, elle développe une activité de critique d’art pour le Journal des femmes.

Durant cette période, Claude Vignon fréquente le club des Femmes d’Eugénie Niboyet (1796-1883) née Eugénie Mouchon. Eugénie Niboyet est saint-simonienne, et côtoie la misère effrayante des faubourgs. Face aux inégalités sociales, Eugénie Niboyet invective : « Riches, ouvrez vos coffres-forts ! » ; écrivaine, elle est la première traductrice de Dickens en France ; pionnière du journalisme, elle fonde cinq journaux dont Le Conseiller des femmes, La Voix des femmes et le Journal pour toutes.

 

Carte postale de la tombe de Claude Vignon

Sépulture de Claude Vignon ornée de son autoportrait en buste (début du XXe siècle) – Wikipedia

C’est dans ce contexte à la fois politique, social, artistique et intime, dans ce XIXème siècle riche en luttes et combats sociaux, que s’inscrit la vie de Claude Vignon. Une époque où peu de femmes trouvent la reconnaissance de leurs œuvres. D’où plus localement pour nous, tout l’intérêt de la sculpture de ce médaillon sur la tombe de Zoé-Alexandrine Cadiot.

Aujourd’hui grâce à l’initiative de Marie et Violette, une souscription est ouverte pour restaurer cette œuvre à perdurer.

La restauration est estimée à 4000 euros. Sur place au Père Lachaise, Arnaud Schoonheere, chef de la cellule du patrimoine, a aidé à identifier cette sculpture et soutient pleinement le projet. La campagne de mécénat est donc lancée.

Merci à toutes et à tous de la contribution que vous pourrez apporter à une telle œuvre et à ce qu’elle représente :

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/la-sepulture-de-zoe-alexandrine-cadiot/

Pour contacter les porteuses du projet

marie.seigne@sciencespo.fr

violette.lafondgrellety@sciencespo.fr

 

 

Tombe de Claude Vignon au Père Lachaise avant 2006 - aujourd'hui

Tombe de Claude Vignon; À gauche, avant 2006-landrucimeteres.fr / à droite, aujourd’hui-PG

 

Buste de Claude Vignon volé en 2006 puis retrouvé

Buste de Claude Vignon au Père-Lachaise sur sa tombe jusqu’en 2006-www.landrucimetieres.fr
Sculpté par elle-même, il a été volé puis retrouvé et se trouve désormais à la Conservation.

 

Et cette page où vous verrez toutes les œuvres disparues, âmes sensibles s’abstenir !

https://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article3114

Pose du monument FTP-MOI en 1989 - Cimetière Père Lachaise - PCF

Le monument FTP-MOI au Père Lachaise,

l’œuvre associée au groupe Manouchian et son inauguration

Ce 21 février 2024 a lieu la panthéonisation de Missak Manouchian avec sa femme, Mélinée. La ville de Paris commémore chaque année les FTP-MOI dans notre arrondissement, rue du Groupe Manouchian. Au-delà du nom de leur rue, plusieurs œuvres ici nous rappellent à eux : les plaques commémoratives dans cette même rue, l’activité de l’association l’Affiche Verte Manouchian (AVM) toujours pleine de projets sur place pour les mettre en valeur, et non loin une grande fresque de Popof rue du Surmelin.

Après différents articles que nous lui avons consacrés, nous abordons ici tout spécialement la présentation du monument FTP-MOI du Père Lachaise et son inauguration. Missak Manouchian en a été le commandant pour Paris.

Foule monument FTP-MOI - Cimetière  Père Lachaise Paris

Rassemblement devant le monument FTP-MOI- PCF

L’origine du sigle « MOI »

Il faut se souvenir qu’en 1925, le PCF avait créé la MOE, une section du parti pour y intégrer -de manière séparée- la Main d’Œuvre Étrangère. Dans les années 1930, cette dénomination sera remplacée par l’acronyme « MOI », Main d’Œuvre Immigrée, jugée moins péjorative.

Elle deviendra une composante des FTP pendant la guerre, d’où le nom accolé, FTP-MOI. Quant à Missak Manouchian, il adhère au PCF en 1934 et intègre la MOI, section qui va plus tard naturellement devenir clandestine. Leur mission est plus précisément d’harceler l’ennemi par des actions terroristes et tenir Paris.

Leurs actions de résistance, puis l’Affiche rouge de la propagande nazie, leur arrestation et leur exécution sont gravés  dans nos mémoires sous différentes formes et à différents endroits.

20 mai 1989 au Père Lachaise, l’hommage des communistes aux combattants FTP-MOI.

L’initiative du monument au Père Lachaise en revient à Rol Tanguy, chef des FFI d’Ile de France, puis membre du comité central du PCF en 1962. Cette année-là il va même lui être demandé de se présenter aux élections législatives dans la circonscription Charonne-Père Lachaise.

Parallèlement en juillet 1962 quatre concessions à perpétuité sont achetées par le PCF, sans affectation, près du mur des fédérés. L’un de ces emplacements sera ainsi disponible en 1989 pour y installer ce cénotaphe.

la mosaïque FTP-MOI

Discours de Georges Marchais, à gauche du monument FTP-MOI- PCF

Sur la tribune montée à côté du monument, Georges Marchais secrétaire national du PCF prend la parole devant la foule rassemblée. Dans son discours, il présente

« Ces héros, ces martyrs (qui) n’étaient pas nés dans notre pays. Juifs, ou révolutionnaires -et, bien souvent, juifs et révolutionnaires-, ils avaient dû fuir leur patrie parce que le fascisme les en avait chassés ».

À la fin des discours, Georges Marchais demande à Rol Tanguy de venir auprès de lui pour dévoiler la stèle ; leurs rapports ne sont pas très bons et selon Jean Vigreux, historien, expert à la Fondation Jean Jaurès et rédacteur à l’Humanité, Rol Tanguy refuse.

 

De son côté, Gaston Plissonnier justifie le choix de l’emplacement, c’est-à-dire celui à la 97ème division face au mur des fédérés. Il se trouve situé entre la tombe dédiée au Comité national du PCF et celle de Waldeck Rochet :

« La MOIa aujourd’hui une place à elle tout près des tombes des dirigeants du parti communiste, français, de personnalités progressistes, de personnalités illustres, de témoignages d’hommage aux déportés ».

Six ans plus tard, lui-même sera d’ailleurs enterré dans cette tombe mitoyenne du Comité national du PCF.

Le monument présenté par son mosaïste

La stèle du monument est l’œuvre de l’architecte Jean-Michel Daquin et du mosaïste Verdiano Marzi qui explique les choix du lieu retenu et sa composition personnelle.

 

Dernières finitions du monument FTP-MOI

Monument FTP MOI, mosaique en cours de montage-PCF

 

Avec des petits cubes de couleur (tesselles) provenant d’Italie, « le rouge d’Alicante, les marbres marrons d’Europe centrale, le grand bleu d’Argentine et du Brésil, nous avons conçu le monument comme un engagement fait de respect et d’admiration pour les combattants de la MOI, l’un de nous étant lui-même immigré.

L’œuvre s’intègre à la solennité du lieu avec ce qu’il représente comme mémoire de l’histoire française et de sa culture. Lieu de visite très fréquenté, chacun y reconnaîtra des symboles. Ceux qui sont suggérés nous paraissent accessibles à toutes les cultures. »

Morts pour la France, en majuscules

Les strophes d’Aragon gravées au pied de la stèle FTP-MOI-PG

Pourquoi une réalisation si tardive ?

Danielle Tartakowsky, professeure émérite d’histoire contemporaine, constate le fait qu’à coté de cette œuvre se trouve le monument qui date de 1975 « en hommage aux femmes communistes qui ont donné leur vie pour la victoire de la liberté contre le nazisme pour le triomphe de la paix ».

Pourquoi ces deux mémoriaux érigés si tard ? Elle nous fait remarquer qu’« ils ont pour effet pervers de souligner que les deux groupes concernés avaient jusqu’alors été sous-représentés, voire ignorés ».

Peut-être aussi, parce que quatre ans avant l’installation de ce monument, un documentaire très controversé sur cette période passe à la télévision sur Antenne 2 :  il s’intitule « des terroristes à la retraite » de Mosco Boucault, et fait l’objet de polémiques au point d’être censuré pendant près de deux ans. Dans ce long métrage, Mélinée Manouchian met en cause le Parti Communiste, en l’accusant d’avoir sciemment envoyé le groupe à une mort certaine. À signaler la participation de Simone Signoret (au Père Lachaise) en tant que récitante du documentaire.

Pour autant le 20 mai 1989, Mélinée Manouchian sera présente à l’inauguration parmi d’autres personnalités. Elle décédera six mois plus tard.

Mélinée Manouchian, jardin dans le 20e arrondissement

La fresque de Mélinée, rue du groupe Manouchian-PG

Les FTP dans le 20e

À la Libération de Paris, le 23 août 1944, les résistants FTP interviennent à la station de la Petite Ceinture, gare de Ménilmontant. Ceux du réseau Nord-Libération et un groupe local de résistants (le groupe Piat, du nom de la rue voisine) font prisonniers les soldats allemands et s’emparent du train. Dans cet assaut, cinq résistants ont été tués. Aujourd’hui, trois plaques mémorielles restent visibles : sur la passerelle rue de la Mare, rue de Ménilmontant sur la grille au- dessus de la voie ferrée, et au 26 rue Piat.

Sans oublier Salomon Jacob, évadé de l’hôpital Tenon le 23 novembre 1941 après avoir été interné au camp de Drancy, réservé aux juifs. Il rejoindra les FTP-MOI en mars 1943 et décédera en Roumanie en 1988. Un an avant l’inauguration du monument.

cimetière séparé de l’église en 1776

Depuis 2015 et tous les 9 décembre, les écoles doivent organiser une journée sur la laïcité. Il en est de même depuis la loi du 24 août 2021, qui étend l’action de cette journée au sein de la fonction publique : chaque référent laïcité est chargé d’organiser cette journée.

Rappelons que le 9 décembre 1905, c’est bien-sûr la date de l’adoption de la loi sur la séparation des églises et de l’État, le fondement de la laïcité. Mais avant cette date, et  plus particulièrement, dans nos cimetières, qu’en était-il du chemin parcouru dans ce sens ?

Nous reproduisons ci-dessous notre article paru pour la première fois le 7 décembre 2021.

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Nous sommes le lendemain de la Toussaint et le 2 novembre, c’est le jour des morts. Mais au Père Lachaise, il est une tombe particulièrement originale, très fréquentée par les curieux et où pourtant les destinataires sont eux-mêmes bien vivants aujourd’hui. Nous reproduisons ici notre article paru pour la première fois le 22 mai 2021.

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Père Lachaise, conférence par Benoît Gallot

Réfection des marches menant au mur des Fédérés, septembre 2023-PG

Le Père Lachaise, patrimoine vivant

Cette conférence a lieu le

 

📅 Jeudi 19 octobre 2023
🕒 à 18h30 précises
📍 à la Mairie du 20e

 

Le Père Lachaise tient une place originale dans le 20e en tant que cimetière le plus

visité au monde. Un “musée à ciel ouvert” également bien vivant. Sa faune et sa flore,

l’activité humaine de ce service public méritent d’être mieux connues.

Le Père Lachaise, comment ça marche ?

 

Par Benoît GALLOT, conservateur du lieu et auteur de “la vie secrète d’un cimetière”

Livre sur le Père Lachaise

La vie secrète d’un cimetière, par Benoit Gallot-Les Arènes

Résumé de leur histoire
Ce drame lié à la République a eu lieu pendant la guerre d’Algérie, en juin 1957. Il nous revient en juin 2023. Il s’agit de la disparition de Maurice Audin, de la reconnaissance des faits et de l’action dans la durée de sa femme et ses deux enfants.

Au moment de la bataille d’Alger, Maurice Audin est arrêté, torturé puis assassiné par les parachutistes français. Son corps n’a pas été retrouvé, raison pour laquelle il sera officiellement déclaré mort le

En 2023, son fils Pierre -également mathématicien- meurt à l’âge de 66 ans, après avoir recherché activement toute la vérité sur les circonstances de la mort de son père.

Le 16 juin 2023, sa fille ainée âgée de 69 ans  -elle aussi mathématicienne- nous fait partager sur les ondes, dans l’émission Le Cours de l’histoire, sa passion pour l’histoire… et pas n’importe quelle histoire.

Et sur France Inter, l’émission Affaires sensibles du 18 septembre 2023 retrace sous forme de récit documentaire l’affaire Maurice Audin.

Nous reproduisons ici notre article paru pour la première fois le 8 septembre 2022, dans lequel sont également indiqués les lieux dédiés à leur mémoire près de chez nous.

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Rue de la Mare,  la fresque dédiée à Josette et Maurice Audin

 

L’inauguration de la fresque Josette et Maurice Audin -il a été torturé et assassiné pendant la guerre d’Algérie- a eu lieu cet été rue de la Mare. La date choisie correspond très exactement celle du soixantième anniversaire des accords d’Évian : le 5 juillet 1962, l’Algérie devenait indépendante.

Leurs lieux de mémoire à Paris

En France, une quinzaine de villes le garde en mémoire en attribuant son nom à une rue, une place ou plus modestement une plaque dans un jardin. Il existe également une place Audin à Alger.

À Paris, cette fresque est le dernier hommage en date à la mémoire de ce jeune et brillant mathématicien, militant du parti communiste algérien et favorable à son indépendance. Il fait suite au cénotaphe situé au Père Lachaise et par ailleurs au nom d’une place dans le 5e arrondissement.

Pour la petite histoire locale, il faut savoir qu’à l’origine le nom de sa rue devait remplacer celui de la rue des Tourelles, suivant une première décision du Conseil de Paris votée en 2001. Sans doute la proximité volontairement choisie du siège de l’ex SDECE -future DGSE et surnommée « la Piscine »- de cette rue du 20e a-t-elle finalement du poser problème par la suite.

À noter que le 25 janvier 2021 dans un parc de Bagnolet, une plaque leur rendant hommage a été vandalisée, avec l’inscription « OAS ».

Hommage rue de la Mare

Fresque Josette et Maurice Audin-PG

La fresque au nom du couple

Il reste que l’œuvre du graphiste Orel Ruys inaugurée cet été se situe bien dans le 20e, au tout début de la rue de la Mare, tout près de l’ancienne gare de Ménilmontant. Cette partie de la rue est devenue une voie piétonne. Elle reste accessible au public mais protégée dans ses deux entrées qui la délimitent, avec une barrière métallique servant de filtrage individuel : une solution pour préserver la quiétude des habitants des immeubles voisins.

Pour mémoire, la rue de la Mare existe en tant que chemin depuis 1672. Elle a été nommée ainsi parce qu’à l’origine elle était située près du lieu d’une ancienne mare de Belleville. Face au numéro 9, le mur est devenu l’endroit retenu pour y peindre cette fresque au nom du couple Audin ainsi symboliquement réunis.

Josette est ainsi pleinement reconnue aux côtés de Maurice, elle qui a consacré toute sa vie à se battre pour le rétablissement et la transparence de la vérité des faits criminels subis par son mari : les tortures, l’assassinat puis la disparition de son corps par l’armée française en 1957.

La reconnaissance tardive de la République

Finalement ce crime commis en Algérie sera reconnu officiellement en 2018 par le président Emmanuel Macron. Il aura fallu parcourir un très long chemin sinueux à Josette Audin, avec l’aide et le soutien de son entourage, pour arriver à obtenir cette reconnaissance officielle, 61 ans après les faits.

Remise de la décision officielle

Emmanuel Macron chez Josette Audin le 13 septembre 2018

Pour solenniser plus personnellement sa décision, le président de la République s’est rendu le 13 septembre 2018 à Bagnolet chez Josette Audin. Il a ainsi choisi de reconnaître les faits en sa présence et celle de ses invités, cités à nouveau par Le Monde daté du 2 septembre 2020 :

Entouré de la famille Audin, l’aînée, Michèle, et le fils, Pierre, de deux députés, Cédric Villani (LRM) et Sébastien Jumel (PCF), d’historiens, parmi lesquels Sylvie Thénault, Raphaëlle Branche et Benjamin Stora, de ceux qui, depuis tant d’années, œuvrent au sein de l’Association Maurice Audin.

Emmanuel Macron est là pour en finir avec un mensonge qui déshonore la République. « Une page s’ouvre aujourd’hui, l’ouverture de toutes les archives, le travail libéré des historiennes et des historiens. Cela va être une nouvelle ère pour nos mémoires et nos histoires avec l’Algérie », assure le président Macron.

La mémoire gravée dans le 20e

Josette Audin est morte le 2 février 2019, à l’âge de 87 ans, elle aura réussi de son vivant à gagner l’essentiel de son combat à la mémoire de son mari.

Et le 11 juin de la même année, un cénotaphe à la mémoire de Maurice Audin est inauguré au Père Lachaise, à la suite de la décision d’Anne Hidalgo maire de Paris.

Audin au Père Lachaise

Pierre Audin dévoile le monument dédié à son père Maurice Audin le 12 juin 2019

Trois mois plus tard, soit très exactement le 10 septembre 2019, un arrêté du Premier ministre permettra enfin d’accéder aux archives publiques relatives à Maurice Audin.

Et désormais aujourd’hui rue de la Mare, Josette  et Maurice se trouvent à nouveau réunis par cette fresque.

Rappelons en passant que le jeune couple a eu une fille née à Alger en 1954, Michèle Audin, Elle aussi est devenue mathématicienne, habite boulevard Voltaire et se passionne plus particulièrement pour la Commune de 1871.  Au point d’en devenir écrivaine avec notamment son livre sur « la semaine sanglante ».

Champollion en 2022 à la bof

Ramsès et l’Égypte au Père Lachaise

 

À la Grande Halle de La Villette, l’exposition « Ramsès et l’or des Pharaons » se poursuit jusqu’au 10 septembre 2023.

Dans notre article du 18 juin 2022, nous avions déjà cité son nom. Il se trouve que  son portrait figurait alors sur la bâche de l’obélisque en restauration… avec celui de Champollion. Nous fêtions cette année-là les 200 ans du décryptage des hiéroglyphes.

Lui-même enterré au Père Lachaise, Champollion partage notre cimetière-musée avec d’autres personnages liés à l’Égypte ancienne. Ajoutons ici à notre article ci-dessous, celui moins connu de Vivant Denon, fondateur du musée du Louvre, égyptologue et qui a participé à la campagne d’Égypte de Bonaparte.

Vivant Denon au Père Lachaise

La tombe de Vivant Denon en octobre 2022-PG

Les deux hommes se connaissent et au Louvre, Champollion a pu créer et diriger les salles dédiées à l’Égypte. En 1827, le roi inaugure les lieux et donne son nom à cette partie du Louvre : musée Charles X, tout simplement.

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Champollion et l’Égypte il y a 200 ans

Le Père Lachaise est créé en 1804, soit six ans après la campagne d’Égypte décidée par Bonaparte.  La mode égyptienne est entrée par la suite dans notre cimetière :  nous y croisons de nombreuses sépultures en forme d’obélisques et autres pyramides.

Champollion y est pour beaucoup et en premier lieu pour lui-même puisqu’un obélisque est posé sur sa propre tombe. En cet anniversaire des 200 ans de son décodage des hiéroglyphes, plusieurs événements ont lieu cette année .

Pyramide de Champollion

Tombe de Champollion le jeune au Père Lachaise, restaurée en 2021-PG

Champollion et la place de la Concorde

Tout d’abord l’obélisque de la place de la Concorde qui vient d’être restauré en ce premier semestre 2022, et sous la bâche qui recouvre son échafaudage métallique figurent les portraits des quatre grands hommes liés à ce monument : Ramsès II, Méhémet Ali, Charles X et Jean-François Champollion.

Le vice-roi d’Égypte Méhémet-Ali est à l’origine de cet obélisque offert à la France sous Charles X en 1829, et devenu parisien sur la place de la Concorde en 1836. Il offre ce cadeau à la France en reconnaissance notamment de la découverte de Champollion, lui-même en charge des négociations pratiques liées à cette « main tendue ».

La toute récente restauration de cette œuvre égyptienne est réalisée grâce au mécénat signé en 2021 entre le ministère de la Culture et la société Kärcher.

Portrait de Champollion place de la Concorde

Bäche de l’obélisque en restauration place de la Concorde en 2022

https://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Ile-de-France/Actualites/Actualite-a-la-une/L-Obelisque-de-Louxor-fait-peau-neuve

https://www.kaercher.com/fr/a-propos-de-kaercher/mecenat/mecenat-culturel/restauration-de-l-obelisque-place-de-la-concorde-paris-france.html

Aujourd’hui, l’obélisque est présenté comme « le plus ancien monument de Paris » …  si l’on considère la date de création de l’œuvre. Robert Solé, journaliste et historien français né au Caire en 1946, le souligne ainsi : « L’obélisque de la place de la Concorde a été taillé en Égypte alors que l’ancienne Lutèce n’existait même pas. »

Champollion, l’autodidacte de génie

Champollion est surdoué pour l’apprentissage des langues : il apprend tout jeune l’hébreu, l’arabe, le copte… et même le chinois. Il est ainsi bien prédisposé pour aboutir dans ses recherches.

Au moment de l’expédition de Bonaparte, les soldats français découvrent en 1799 une pierre à Rosette. Lui n’avait alors que 9 ans, et il ne partira en Égypte qu’en août 1828.

Mais son frère Jacques-Joseph -bibliophile et féru d’antiquité, futur conservateur de la Bibliothèque royale puis professeur à l’école des Chartes- fera tout pour participer à cette expédition : sans succès pour autant.

Les 200 ans de Champollion

Bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes, logo du Musée du Louvre

Cette pierre de Rosette va faciliter grandement ses recherches en lui donnant une clé de compréhension, les repères grâce à un même texte traduit en trois langues sur ce même support : en grec ancien, en démotiques et en hiéroglyphes.

Avec l’aide d’une copie de cette pierre, de son génie érudit et le soutien permanent de son frère Jacques-Joseph dit « Champollion l’ainé », la recherche de « Champollion le jeune » finira par porter ses fruits.

À 32 ans, en déchiffrant la pierre de Rosette, il finit par découvrir enfin le mystère des hiéroglyphes. Nous sommes alors le 14 septembre 1822 et, bien après l’expédition de Bonaparte. Son immense découverte va prendre une place majeure dans la création d’une nouvelle science : l’égyptologie. https://sfe-egyptologie.website

L’exposition Champollion  à la Bibliothèque nationale de France

Actuellement dans le cadre du bicentenaire de sa découverte, La BNF lui consacre une exposition riche et également conçue à l’attention des plus jeunes.

Le titre de l’exposition : L’AVENTURE CHAMPOLLION, dans le secret des hiéroglyphes. Du 12 avril au 24 juillet 2022. https://www.bnf.fr/fr/agenda/laventure-champollion

Champollion exposé pour les jeunes

Bulle à l’exposition de la BNF sur l’hiéroglyphe destinée aux jeunes -PG

Les prochaines conférences parisiennes sur Champollion

Au Collège de France

Comme nous le souligne l’un des panneaux de l’exposition à la BNF, le 12 mars 1831 Champollion est nommé par Louis-Philippe à la chaire d’archéologie nouvellement créée au Collège de France. Par ailleurs, il aura sa statue dans la cour du Collège en 1875, une sculpture d’Auguste Bartholdi.

En sa mémoire, le  Collège de France  lui consacre un cycle de conférences du 15 septembre au 28 octobre 2022, ayant comme titre provisoire Champollion au Collège de France.

Au calendrier :

  • Le 22 septembre, lecture de la leçon inaugurale de J.-Fr. Champollion
  • Les mardis, du 27 septembre au 28 octobre : cinq conférences sur J.-Fr. Champollion et son œuvre.

Et au musée du Louvre

  • Les 1er et 2 décembre : 1822/2022Autour de Champollion. Déchiffrements d’hier et d’aujourd’hui (titre provisoire), organisée par l’EPHE et le musée du Louvre (Auditorium du Louvre).

 

Champollion, Fourier et Lebas au Père Lachaise

Champollion au Père Lachaise

Détail de la tombe de Champollion avec un chat miniature, simplement posé sur le rebord en bas, symbole de la déesse maternelle et protectrice-PG

« Champollion le jeune » meurt le 4 mars 1832. Il avait alors 41 ans. La cause exacte de sa mort n’est pas connue, probablement du choléra, qui s’abat sur Paris en mars.  Les obsèques ont lieu le 7 mars à l’église Saint-Roch.

Le journal La France nouvelle datée du 8 mars 1832 nous en rend compte :

le comte de Forbin, M. Silvestre de Sacy, M. de Humboldt, M. Arago , portaient les quatre coins du drap mortuaire, et ont accompagné le corps de l’illustre défunt jusqu’au cimetière de l’Est , où MM. Walckenaër et Letronne, de l’Institut , ont prononcé des discours funèbres…

Champollion meurt sans fortune, et ne laisse à sa jeune famille que son nom qui la recommande à la protection du Gouvernement. Nous apprenons en ce moment que M. de Forbin, directeur des Musées royaux, vient de s’adresser au Roi pour lui demander l’autorisation de faire exécuter en marbre le buste de M. Champollion jeune, pour être placé dans le Musée égyptien, dont il est le fondateur. (Journal des Débats.)

Il est enterré, selon sa volonté, près de son ami Joseph Fourier décédé deux ans avant lui, un mathématicien qui a fait partie de la campagne d’Égypte avant de devenir préfet. Fourier s’était lié avec les frères Champollion et avait soutenu « le jeune » dans l’aboutissement de ses recherches.

Fourier proche de Champollion

Tombe de Fourrier  -près de celle de Champollion- restaurée en 2022, en attendant son buste-PG

Enfin, en ce qui concerne l’obélisque de la place de la Concorde, il aura fallu 5 ans à l’ingénieur polytechnicien Apollinaire Lebas (au Père Lachaise, lui aussi avec un obélisque sur sa tombe) pour faire ériger ce monument, en commençant en 1831 par la construction d’un bateau sur mesure, jusqu’à sa mise en place finale en 1836.

Le Bas fait venir l'obélisque

Tombe d’Apollinaire Le Bas, avec au bas de son obélisque un bas-relief représentant l’érection du monument place de la Concorde-PG