Le film « Le Ballon Rouge » va fêter ses 70 ans

 

Ce petit chef-d’œuvre de 32 mn a obtenu, lors du Festival de Cannes 1956, la Palme d’Or du film de court métrage. Dévoilé en France le 10 octobre 1956, il était ressorti en 2007.

Il retrace l’histoire pleine de poésie d’un petit garçon de Ménilmontant qu’un mystérieux ballon rouge va suivre dans ses pérégrinations durant plusieurs jours. L’occasion de retrouver l’ambiance des rues de notre arrondissement dans les années 50.

L’un de nos adhérents, Alain Marcel Dequier, lui a consacré un bel article publié par notre partenaire, Mon petit 20e.

Vous pouvez le découvrir ici : https://monpetit20e.com/le-ballon-rouge-un-chef-doeuvre-du-cinema-tourne-il-y-a-70-ans-dans-le-20e-arrondissement/

Vous pouvez aussi commencer par vous délecter des 2’19″ de la bande annonce d’époque accessible ici : https://www.youtube.com/watch?v=EtguRibqY3Q

De bien agréables frissons en perspective.

 

Image du fil "Le ballon rouge"

La tranchée Sorbier vers 1868 – photographie de Charles Marville © Musée Carnavalet

La Petite Ceinture ferroviaire parisienne est porteuse d’interrogations, de mystères et d’une foultitude de projets.

De la genèse de cette infrastructure jusqu’à son lent déclin, nous en analyserons les modalités d’exploitation, en particulier son trafic voyageur, avec son record de fréquentation durant l’Exposition Universelle de 1900. Une attention particulière sera portée sur les gares qui desservaient le 20e arrondissement.

 

Cette conférence est présentée par Jean-Marc Cholet, de l’association Histoire et Patrimoine du 12e arrondissement.

 

La conférence a lieu :

📅 Mardi 14 avril 2026
🕡 À 18h précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement, Salle du Conseil

   Entrée gratuite, sur réservation par mail à ahav.paris20@gmail.com




La rue des Immeubles-Industriels, à deux pas du 20e



À la fin du Second Empire, les artisans du faubourg Saint-Antoine sont confrontés à une grave crise économique. Trop chers, victimes de la concurrence anglaise, les meubles qu’ils produisent se vendent de plus en plus mal. C’est alors que l’industriel Jean-François Cail a l’idée de repenser complètement l’organisation du travail et le mode de production. Il confie à l’architecte Émile Leménil le soin de construire une rue d’ateliers modernes, fortement mécanisés, alimentés par une centrale à vapeur commune, et accompagnés de logements familiaux.

Cette rue proche de la place de la Nation joint le Faubourg-Saint-Antoine au boulevard Voltaire. Elle présente toujours son aspect de la fin du XIXe siècle, même si les activités que l’on y exerce ont bien évolué.

Hervé Deguine, de l’association Histoire et Mémoire du 11e arrondissement, auteur de l’ouvrage de référence sur cette rue, animera pour l’AHAV cette balade commentée.

📅  Jeudi 16 avril 2026

🕙  De 10h à 12h

 Date limite d’inscription : 12 avril

👥 15 personnes maximum

 

Les visites guidées sont réservées à nos adhérents ; le lieu de rendez-vous sera indiqué après inscription sur ahav.paris20@gmail.com

 

carte postale de la rue des immeubles industriels, Paris 11e

La rue des Immeubles-Industriels vers 1900



Le « 33 rue des Vignoles », siège de la CNT

 


Quel est le lien entre la Première Internationale, la Retirada, la Nueve, un chat noir hérissé et le 33 rue des Vignoles ?

Réponse : La CNT, Confederación Nacional del Trabajo, en espagnol, Confédération Nationale du Travail, en français.

Le centre du 33 rue des Vignoles, cette impasse peinte en rouge sang donnant sur la rue des Vignoles, entre le restaurant Ighouraf et l’impasse des Souhaits, a fermé ses portes début 2025 jusqu’à la fin des travaux de restauration prévue en septembre 2026.

Ce projet architectural, auquel a été associée la CNT, comprendra, entre autres, un Centre de Mémoire anti-fasciste et libertaire, couvrant la période de 1931 à 1975, du point de vue de l’exil, comprenant la période Républicaine en Espagne, la période révolutionnaire 1936-1939, la deuxième guerre mondiale, la Résistance, Mauthausen, et l’exil long. L’association 24 août 1944 en parle ici.

 

L’histoire du lieu

L’impasse est apparue au cadastre dans le dernier quart du XIXe siècle. Elle s’est insérée dans le réseau de rues et de passages « en peigne » hérité des terres maraichères et des vignobles de ce quartier de Charonne.

Dans les années 1970, l’impasse est faite de palissades en bois, les locaux sont assez sommaires, les ouvriers espagnols construisent donc les locaux « en dur ». La CNT raconte l’histoire du 33 rue des Vignoles.

Le CNT française, elle, arrive dans les locaux dans les années 80 ainsi que l’ORA – Organisation Révolutionnaire Anarchiste. De 1970 à 1994, le 33 rue des Vignoles est installé et la CNT cohabite avec de nombreux artisans.

Ainsi, au fil du temps, se sont succédé les métiers les plus divers : un atelier de traitement et revêtement des métaux, un atelier de fabrication de chandails, pull-overs, polos, gilets, bonneterie et même un bijoutier joaillier.



Deux photographies du 33 rue des vignoles, en 1970 et en 2025

À gauche : en 1970, à l’arrivée dans les lieux de la CNT, photographie CNT — À droite : avec les balcons construits par les personnes de la CNT, présents jusqu’en 2025, photographie Thierry Mercier – DR

 

En 1994, dans le contexte des projets de ré-urbanisation du quartier de la Réunion, – que d’autres nommeront « bétonisation de l’Est Parisien », comme les ZAC des Amandiers, de Saint Blaise, ou de la place des Fêtes, la Ville de Paris achète la moitié de la rue des Vignoles entre le coin de la rue Buzenval (restaurant Ighouraf) et la rue Planchat. Le permis de démolir est attribué. Mme Dawint, propriétaire des lieux, est expropriée, et conséquemment sommée de faire partir la CNT.

Une bataille juridique s’engage. En septembre 1996, un cortège de 2000 personnes du quartier « en lutte » va jusqu’au siège de la cité administrative de la Préfecture de Paris, boulevard Morland. Le maire Jean Tiberi écoute. Jacques Chirac, sympathisant des résistants espagnols, soutient le maintien de la CNT en ses locaux et la non-destruction de l’îlot. Le projet de destruction du 33 rue des Vignoles ainsi que tout l’îlot Planchat – Vignoles est abandonné.

Une période de négociation commence. Et un bail est proposé en 2000, qui restera non signé. Pendant 6 ou 7 ans, il y a statu quo. La CNT entreprend à nouveau de nombreux travaux.
Le lieu, outre la CNT, abrite d’autres locataires, et a de nombreuses activités comme de la boxe, du flamenco, une AMAP « le Temps des Légumes », des conférences, des bals populaires, des fêtes irlandaises, des expositions, et participe à l’opération portes ouvertes des Ateliers du Père-Lachaise Associés, projections… Outre, bien sûr, les permanences syndicales, et même des rassemblements internationaux organisés par la CNT.

À partir de 2015, la CNT propose de réhabiliter elle-même le « 33 », mais cela s’avère impossible financièrement.

Cette même année, le jardin situé entre l’hôtel de ville de Paris et la Seine est renommé « jardin des Combattants de La Nueve ». La CNT adresse donc un courrier à la maire de Paris nouvellement élue, Anne Hidalgo, pour évoquer l’avenir du 33 rue des Vignoles. L’argumentaire porte ses fruits.

Ce lieu historique et patrimonial est enfin considéré comme tel, il va être rénové. L’histoire personnelle de Mme Hidalgo, liée à l’Espagne républicaine, a vraisemblablement permis à ce projet d’aboutir. Un bail est enfin signé en 2020 jusqu’en 2032, le bail civil de 12 ans étant le bail maximum pour les associations.

 

L’histoire de la CNT

C’est une organisation anarcho-syndicaliste issue des noyaux ouvriers anarchistes militants de la Première Internationale, fondée en 1864, avec une section à Barcelone créée en décembre 1868. L’histoire complète est dans un article long accessible dans l’espace adhérent.

La CNT, créée en 1910 en Espagne, se reconstitue en septembre 1944, comme toutes les organisations politiques et syndicales, avec 45 000 adhérents.


Solidaridad Obrera n°19 du 24 septembre 1944, article relatant la Libération de Paris

Solidaridad Obrera n°19 du 24 septembre 1944, article relatant la Libération de Paris
https://www.24-aout-1944.org/avec-les-espagnols-de-la-division/ – DR

 

La Confédération nationale du travail a alors plusieurs implantations : d’abord, à Toulouse, rue Belfort, puis à Paris, où elle occupe divers locaux successifs dans les 10e, 11e puis 20e arrondissements. Ces locaux parisiens sont des lieux de sociabilité importants, où on accueille les nouveaux réfugiés, où on se réunit, où on discute, où on élabore les luttes, où on éduque, et où on fait les journaux.

Les anarchistes espagnols viennent rue de la Douane de 1944 à 1948, près de la place de la République, dans d’anciens locaux de la CGT avant-guerre, investis par les allemands pendant la Guerre. Vu les relations avec la CGT après-guerre, ils doivent partir en 1948. Ils font un court passage rue de la Fontaine-au-Roi. Puis, de 1948 à 1970, ils prennent un local rue Sainte Marthe, qui devient inadapté, à cause de son accès par un escalier très raide, en particulier. C’est alors qu’en 1970, un camarade de la CNT, tourneur-fraiseur travaillant rue des Haies, apprend l’existence d’un « local » rue des Vignoles. L’affaire est faite, la CNT s’installe durablement au 33 rue des Vignoles.

Nous attendons la fin de l’année 2026 avec enthousiasme pour voir le chat noir à nouveau élire domicile au 33 rue des Vignoles, dans une impasse apaisée où la CNT continuera d’écrire son histoire.

 

Photographie du Siège parisien de la Confédération nationale du travail en 2014

Siège parisien de la Confédération nationale du travail, 33 rue des Vignoles, en 2014 – wikimedia Ben Siesta DR


Le cimetière du Père-Lachaise est parcouru par les touristes du monde entier, à la recherche de célébrités contemporaines ou issues de temps plus anciens.

C’est oublier que c’est aussi un lieu imprégné de l’histoire de Paris et de l’Histoire en général, avec ses composantes mémorielles. Mais c’est aussi un musée d’art funéraire où se sont exprimés des artistes parfois inattendus dans un tel lieu.

Enfin, on a découvert plus récemment que c’était un espace de biodiversité faisant la fierté de son conservateur actuel.

Ce sont tous ces thèmes que nous essaierons d’ébaucher, déclenchant peut-être l’envie d’en savoir plus sur l’un ou l’autre d’entre eux.

 

 

Cette conférence est présentée par Pierre Besson, président de l’AHAV.

La conférence a lieu :

📅 Jeudi 19 février 2026
🕡 À 18h précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement, Salle du Conseil

   Entrée gratuite, sur réservation par mail à ahav.paris20@gmail.com

 

 



Tiens ! Gambetta s’est enfin refait une beauté…

 

Les habitués du square Édouard Vaillant, entre la mairie du 20e arrondissement et l’hôpital Tenon, connaissent bien la spectaculaire statue de Léon Gambetta qui y trône depuis 43 ans.

Ces dernières années, ils avaient bien remarqué combien, d’hiver en hiver, notre pauvre Gambetta faisait de plus en plus triste mine, et ils s’en désolaient. Les services municipaux avaient bien essayé d’agrémenter un peu l’endroit en aménageant au pied une petite pièce d’eau… qui tenait plutôt du pédiluve.

 

Le monument à Léon Gambetta, détails des lichens et mousses installés – Cliché CDD

Et, depuis des années, mousses et lichens avaient envahi la statue jusqu’à la rendre presque méconnaissable. 

Le monument sous son habillage de bâches – Cliché CDD

Au printemps 2025, Gambetta disparut sous un échafaudage de bâches blanches sans autre explication. Quelques mois après, sans tambours ni trompettes, il réapparut, éclatant de blancheur, magistral et magnifique.

 

Le monument à Léon Gambetta, square Édouard Vaillant, après restauration – Cliché CDD

 

 

Étrange histoire d’un monument nomade …

Ce monument a connu toute une histoire avant d’arriver dans le 20e arrondissement. Il est le vestige d’un ensemble statuaire monumental aujourd’hui détruit, placé à l’origine dans la Cour Napoléon du Palais du Louvre.

Fruit d’une souscription internationale lancée en 1884, il fut inauguré le 13 juillet 1888. Gambetta, décédé prématurément en 1882, aurait fêté cette année-là ses 50 ans, et la République au pouvoir souhaitait souligner cet anniversaire en érigeant dans un des lieux les plus prestigieux de Paris un imposant monument à la mémoire du grand homme.

 

Le monument dans la Cour Napoléon du Palais du Louvre, dans son état d’origine, carte postale

Le monument original était placé en avant de la cour Napoléon du Palais du Louvre, face au Carrousel. Haut de 27 mètres, il était composé d’un pylône pyramidal dont la base portait un ensemble de figures allégoriques et d’ornements de bronze. Sur la face avant, à mi-hauteur, figurait la statue de pierre qui nous est familière, celle qu’on voit maintenant square Edouard Vaillant. Gambetta y est représenté en pied, dans une position de tribun, le bras tendu devant lui, au milieu d’un groupe de soldats. Des épisodes glorieux de sa vie et des extraits de ses discours étaient gravés sur le pylône, au sommet duquel trônait une allégorie en bronze de la Gloire de la Démocratie assise sur un lion ailé.

Les sculptures, dues à l’artiste Jean Paul Aubé, étaient installées sur une architecture de Louis Charles Boileau. Le musée d’Orsay conserve une maquette en plâtre au 1/90e du monument datant du concours de 1884.

Le monument dans la Cour Napoléon du Palais du Louvre, état d’origine, prise de vue privée (DR)

La cour Napoléon était alors occupée par deux squares arborés. Le monument à Gambetta prit place dans celui qui s’ouvrait sur le passage des guichets du Louvre. L’autre accueillit, en 1908, une statue équestre de La Fayette.

Pendant l’Occupation, en 1941, les éléments de bronze furent démontés dans le cadre de la récupération des métaux non ferreux ordonnée par le gouvernement de Vichy. La statue en pierre fut épargnée.

En 1954, on réaménagea la cour Napoléon. Les squares furent supprimés et, pour dégager la vue des façades du Palais du Louvre, les monuments enlevés. Par la suite, dans les années 1980, cet espace qui ne servait plus que de parking pour les automobilistes parisiens fut complètement remanié avec une nouvelle réflexion sur les accès du musée du Louvre et l’édification des pyramides en verre et métal de l’architecte sino-américain Ieoh Ling Pei, bien connues aujourd’hui des touristes du monde entier.

En 1982, seul subsistait du monument originel le groupe de Gambetta entouré de soldats. A l’occasion du centenaire de la mort de Léon Gambetta, on décida de l’installer dans le square Édouard Vaillant (20e arrondissement), non loin de la place et de l’avenue Gambetta.

 

Plaque accompagnant le monument, square Édouard Vaillant – Cliché CDD

 

Le nom de Léon Gambetta est très étroitement lié à l’histoire républicaine du 20e arrondissement : il fut en particulier le rédacteur du « Programme de Belleville », en 1869, et, plusieurs fois, il fut élu député de l’arrondissement.

Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous réjouir que sa statue ait retrouvé sa place dans notre espace public… et toute sa splendeur.



Histoire du cinéma dans le 20e

 

Alfred Hitchcock disait « Un film n’est pas une tranche de vie, c’est une tranche de gâteau ». Pour savourer ce gâteau, nous rappellerons la naissance du cinéma en France et en particulier dans le 20e arrondissement qui a été un haut-lieu des débuts du cinéma.

Nous parlerons de Léon Gaumont et de ses studios, d’Alice Guy, qui fut la première réalisatrice au monde et qui a tourné ses films dans le 20e, et des importantes usines Continsouza qui fabriquaient caméras et projecteurs.
Nous présenterons les dizaines de cinémas de quartier du 20e aujourd’hui disparus, ainsi que les deux seuls cinémas restants.

Le chapitre suivant portera sur les films tournés dans le 20e et sur les lieux de tournage.

Nous terminerons par une visite virtuelle au cimetière du Père-Lachaise où reposent plus de 200 réalisateurs, acteurs, décorateurs, techniciens, etc.

Simone Signoret, Claude Dauphin et Dominique Davray dans Casque d’Or de Jacques Becker, 1952 – ©DR

Cette conférence est présentée par Philippe Dubuc.

La conférence a lieu :

📅 Jeudi 22 janvier 2026
🕡 À 18h précises
🪧 À l’auditorium du Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant (bus 96 et 26)

   Entrée gratuite, nombre de places limité, uniquement sur inscription sur le site du PCB

 

Buste de Georges Méliès sur sa tombe au Père-Lachaise

Tombe de Georges Méliès au Père-Lachaise – PD

 



Les eaux nouvelles et anciennes du 20e

 

Nous vous proposons une visite sur Les eaux nouvelles et anciennes du 20e

📅 Dimanche 7 décembre 2025

🕙 À 10h

⏳ Durée environ 2h30mn – 3,5km

Cette visite guidée par Jacques Paulic est réservée à nos adhérents sur inscription à notre courriel : ahav.paris20@gmail.com
Le lieu de rendez-vous sera précisé en retour.

 

L’alimentation en eau potable de Paris partage une longue histoire avec le 20e arrondissement.
Dans ce parcours original, nous évoquerons en premier lieu l’approvisionnement en eau, récent et présent.
Puis nous remonterons dans le temps pour découvrir des captages historiques des Sources du Nord.

Portrait d'Eugène Belgrand

Eugène Belgrand

Une personne a bien connu les eaux nouvelles et anciennes au 19ème  siècle : il s’agit du grand ingénieur Eugène Belgrand.

Il a conçu une grande partie du réseau moderne et actuel de Paris. Il avait aussi étudié les réseaux anciens et écrivait en 1877 :

« Lorsque j’aurai disparu avec trois ou quatre collaborateurs et autant d’anciens serviteurs qui surveillent les tronçons d’aqueducs comme une chose sacrée, qui en jaugent l’eau comme si elle était encore indispensable à Paris, il ne restera pas même un souvenir de ces vieilles choses ».

Venez voir !

Châteaux d'eau du réservoir de Ménilmontant

Châteaux d’eau rue du Télégraphe-PG



Des ombres légères … l’histoire des femmes résistantes dans le 20ème

 

Paris 1940-1944. Un quart des résistant·e·s du 20e étaient des femmes, d’origines et d’engagements divers.

Elles ont lutté pour la libération de la France occupée, pour le retour de la démocratie mais aussi pour un monde meilleur. Elles ont été emprisonnées, internées par le régime de Vichy, déportées par les nazis, voire guillotinée en Allemagne pour l’une d’entre elles (Simone Schloss), mais elles ont pu aussi passer à travers les mailles du filet.

 

Simone Schloss

 

Cette conférence, présentée par Françoise Ramaut, nous invite à faire connaissance avec ces « ombres légères ».

La conférence a lieu :

📅 Jeudi 16 octobre 2025
🕡 À 18h précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement, salle des mariages

   Entrée gratuite, nombre de places limité, uniquement sur inscription par mail à ahav.paris20@gmail.com

 

 

Le PCB sauvé de la promotion immobilière

Après les vacances d’été, c’est aussi la rentrée pour le Pavillon Carré de Baudouin (PCB) qui a rouvert ses portes le 30 août 2025. À partir du 18 septembre et dans le cadre de leur prochaine exposition, Pooya Abbasian et Noélie Bernard ont entrepris un travail de mémoire autour de l’histoire du PCB. Le lieu dans son ensemble hébergeait à l’origine un orphelinat, et par la suite un centre médico-social et un foyer de jeunes travailleurs.

Ancien orphelinat du Pavillon Carrée de Baudouin

Inscription au dessus de la porte de l’ancien orphelinat-PG

À cette occasion, le PCB fait appel au témoignage de toutes les personnes qui y ont vécu, travaillé ou séjourné.

https://www.pavilloncarredebaudouin.fr/collecte-de-temoignage-et-de-recits/

Le PCB tel que nous le connaissons aujourd’hui a pu être sauvé grâce à une forte mobilisation locale qui a duré plusieurs années. Celle-ci s’est opposée au projet d’achat par un promoteur en vue d’une importante opération immobilière.  Ce projet n’a finalement pas pu aboutir.

L’AHAV est étroitement liée à la sauvegarde de ce bâtiment et nous avons demandé à Thierry Halay (*), à l’initiative de son sauvetage et à l’époque président de l’AHAV, de nous rappeler le déroulé de son intervention.

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Q : Thierry, tu as été le président de l’association l’histoire, son cofondateur et tu as assuré cette fonction pendant 25 ans.

TH : Oui exactement, depuis sa création en 1991 jusqu’en 2018.

Q : Nous sommes devant ce fameux pavillon du PCB et à l’intérieur de son jardin devenu public. Quelle impression as-tu aujourd’hui en retrouvant ces lieux ?

TH : Je trouve que c’est un magnifique ensemble qui a été très bien restauré, dans les règles de l’art et avec ce jardin qui s’appelle Jean-Michel Rosenfeld. On a vraiment un site complémentaire avec le jardin, c’est un lieu pour la création artistique et culturelle contemporaine mais aussi un lieu chargé d’histoire, donc, à mon avis l’un des lieux particulièrement remarquables dans le 20e arrondissement de Paris.

Q : Ce pavillon était destiné à la démolition et à la promotion immobilière avec en perspective une magnifique vue sur Paris. En tant que président de l’AHAV, tu as été à l’origine de sa sauvegarde. Quel est précisément l’intérêt patrimonial de ce lieu ?

TH : Tout d’abord, dans notre association d’histoire, nous connaissions depuis longtemps l’existence de ce pavillon. Il s’agit-là d’un des rares bâtiments du XVIIIe siècle pour l’essentiel et qui subsiste dans le 20e avec le pavillon de l’Ermitage, l’un des vestiges du château de Bagnolet. Quand nous avons appris qu’il était menacé par une opération immobilière, je suis intervenu avec d’autres personnes pour attirer l’attention des autorités compétentes sur son intérêt patrimonial et historique.

Il faut dire qu’en dehors de l’association d’histoire, il n’y avait pas grand monde qui connaissait l’importance de ce bâtiment. Ce n’était d’ailleurs pas un lieu ouvert au public puisqu’il appartenait à une congrégation religieuse -les Sœurs de la Charité- qui le louait à deux associations formant et hébergeant des jeunes en difficulté. La première action à engager était de faire connaître l’intérêt architectural et historique de ce lieu. Avec la volonté bien sûr de le préserver.

Thierry Halay devant la pelle Starck

Q : Comment as-tu connu le projet de vente du PCB par les Sœurs de la Charité ?

TH : Nous connaissions l’existence de ce pavillon depuis la création de notre association. Plusieurs ouvrages en faisaient aussi mention dans différents supports. On a pu d’ailleurs parfois l’appeler -à tort- le pavillon Pompadour alors que la marquise de Pompadour n’a rien à voir avec l’existence de ce site. Maxime Braquet, qui faisait aussi partie de nos membres, avait poursuivi des recherches dans différents fonds d’archives. Il nous a permis de les diffuser sous forme d’un bulletin consacré intégralement à ce bâtiment. Chose curieuse également, on a souvent oublié que les frères Goncourt avaient séjourné dans ces lieux.

Le projet immobilier est venu par la suite et les démarches que nous avons entreprises ont débuté vers 1997.

Q : Dans la perspective de ce projet immobilier, tout aurait-il pu être détruit ?

TH : En fait, le lieu était déjà en partie préservé depuis les années 1920, tout au moins sa seule façade de style néo-palladien inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1928. mais cela ne garantissait pas pour autant une protection totale. On aurait pu par exemple y faire simplement ce qu’on appelle du « façadisme », c’est-à-dire construire un immeuble moderne en conservant seulement cette façade, comme déjà réalisé dans d’autres bâtiments de Paris.

 

Q : Préserver le bâtiment, et ensuite que faire de ce lieu ?

TH : Notre premier objectif était de le conserver dans son intégralité, et de fil en aiguille on a évidemment réfléchi à l’utilisation des lieux : y installer un projet de musée historique, à l’image du musée de Montmartre par exemple. Rappelons qu’il n’existe pas de musée dans le 20e, c’est d’ailleurs le seul arrondissement sans musée, toutes spécialités confondues. Ce musée aurait notamment pu présenter la collection de Clément Lépidis à notre disposition, des objets et des photos qui racontent principalement l’histoire de Ménilmontant et de Charonne, complété par d’autres documents présentant l’histoire de l’arrondissement.

Cette proposition n’aura finalement pas abouti. Par contre,  nous avons réussi à faire prendre en compte l’intérêt historique du bâtiment avec le soutien d’universitaires, de journalistes et bien sûr des responsables administratifs et politiques locaux et ceux de la mairie de Paris.

Q : Tu te souviens de quels soutiens ?

TH : Tout d’abord en interne, nous annoncions cette information et notre démarche au début de chacune de nos conférences. La Fédération des sociétés d’histoire d’Île-de-France était également derrière nous et a soutenu ce projet qui menaçait l’intégrité du site.

Et puis, l’Union Des artistes et des Associations Culturelles du 20e (UDAC) dont Philippe Gluck de l’AHAV, assurait la présidence au nom de notre association d’histoire. D’ailleurs, la première adresse du siège social de l’association se situait à l’UDAC… c’est-à-dire au 55 rue de la Mare. Et en tant que directrice de l’UDAC, Florence Desserin en assurait la permanence au quotidien et relayait aussi cette actualité.

Ensuite, il y a eu l’apport tout particulièrement important de Jean-Michel Rosenfeld, à l’époque l’adjoint au maire du 20e chargé du patrimoine. Il assistait par ailleurs très souvent à nos conférences et nous a même assuré une d’entre elles. Il a lui-même enrichi le dossier sur la préservation du PCB que nous lui avions transmis, puis soutenu jusqu’au bout son acquisition à auprès de l’Hôtel de Ville.

Plaque du square Jean-Michel Rosenfeld-PG

 

Il faut signaler aussi Edgard Barbuat du quartier Saint-Blaise : il publiait son journal local d‘annonces gratuit -qui n’existe plus aujourd’hui- et nous a soutenus grâce à son réseau de connaissances. Et très certainement L’Ami du 20e.

Dans l’ensemble, tous les soutiens associatifs et universitaires ont été pris en compte dans cette aventure, et finalement le bâtiment a pu être acquis en 2003 par la Ville de Paris.

Q : Dans quelle mesure imaginais-tu voir ton initiative aboutir ?

TH : Je pensais que notre action avait toutes les chances de réussir mais évidemment nous n’avions aucune garantie. L’Hôtel de Ville fait toujours un choix parmi des priorités, d’où le fait de regrouper le plus de monde possible autour de nous.

On se doutait quand même que le projet de sauvegarde du bâtiment avait davantage de chances d’aboutir que notre demande de musée dans ce lieu. Même si l’association était prête à s’y investir bénévolement avec sa base documentaire, un musée suppose un investissement important, des frais de fonctionnement et des frais de personnel. Plus tard, on a réorienté notre projet vers un espace historique plus modeste, sous forme d’une collection permanente au sein du PCB en coexistence avec sa vocation artistique et culturelle. Un projet toujours d’actualité.

Mais par ailleurs, la reconnaissance en tant que premier rôle moteur lié à la préservation du bâtiment (soutenue et relayée ensuite par les élus) a été reconnu : concrètement, grâce à la mairie du 20e nous disposons aujourd’hui d’un local sur place, et cela depuis le début de l’acquisition du lieu.

Q : On parle moins du jardin et de l’ancien bâtiment qui servait d’école dédié à l’orphelinat.

TH : Ils font effectivement partie de l’ensemble du site. Il existait en plus un bâtiment servant à héberger des apprentis du secteur privé. Pour notre part, notre intervention se limitait au Pavillon Carré de Baudouin… Mais on peut dire qu’indirectement l’association et ses soutiens ont participé à la sauvegarde de l’ensemble, qui faisait partie de la même propriété. Cela dit il est possible que le jardin en lui-même aurait été préservé grâce aux règles en matière d’urbanisme… au moins en partie.

Q : Enfin, d’où vient cette appellation « Carré de Baudouin » ?

TH : Elle vient du nom de Nicolas Carré de Baudouin qui avait hérité en 1770 de cette propriété. Le mot « carré » est souvent utilisé pour les lieux culturels. Une coïncidence heureuse pour l’appellation du PCB. De la même manière, on s’est souvent interrogé sur la façon d’écrire « Baudouin ». Avant la révolution et suivant les différents documents consultés, les noms de famille n’étaient pas stabilisés. Les personnes écrivaient suivant ce qu’elles entendaient, y compris parfois les hommes de loi et les administratifs. De plus, les gens qui tenaient les registres paroissiaux ou d’état civil n’écrivaient pas forcément très bien et donc ont été parfois mal relus. Finalement, on a retenu aujourd’hui « l’orthographe » devenue communément admise : le « Carré de Baudouin », attaché à son Pavillon.

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(*) Thierry Halay est président d’honneur de l’AHAV et directeur de la collection « Histoire de Paris » aux éditions L’Harmattan. Il a aussi écrit plusieurs ouvrages historiques chez cet éditeur : Le Mont-de-Piété des origines à nos jours, Paris et ses quartiersHistoire des centenaires et de la longévité, et aux Éditions Parigramme : Mémoires des rues-Paris 20e arrondissement. Son dernier livre, Alain Decaux raconté (L’Harmattan), a fait l’objet d’une conférence à l’AHAV le 15 mai 2025.