Photographie de Pierre Besson


La sculptrice Lisbeth Delisle s’est éteinte le 28 aout dernier. Elle avait 91 ans.

 

C’est en 2003 que la statue de la chanteuse a été installée place Édith Piaf et dévoilée par le maire de Paris en fonction à l’époque, Bertrand Delanoë.

Lisbeth Delisle racontait parfois, avec une pointe d’amertume dans la gorge, l’aventure de sa création :

C’est René Coutelle, qui était établi rue de la Mare, qui avait été d’abord approché par la Mairie du 20e. Âgé, fatigué, il n’avait pas le cœur à se lancer dans ce projet. Comme il était pour moi une sorte de mentor et que j’avais mon atelier près du sien, il a proposé que je prenne en charge cette commande.

C’était un vendredi de mai et le maire[1] souhaitait trois esquisses pour le lundi suivant. Le choix du modèle a été fait rapidement. La date d’inauguration était déjà fixée au 11 octobre et le fondeur voulait le premier modèle en plâtre pour le 1er juillet !

On était en pleine canicule, il faisait une chaleur épouvantable. Dans l’atelier de la fonderie d’art Clementi, à Meudon, la première épreuve en cire, sur laquelle Lisbeth devait faire les retouches, avait tendance à s’incurver… Mais finalement, tout a été terminé dans les temps.

Quand la statue a été dévoilée, il y a bien eu quelques divergences d’appréciation, comme pour toute création originale. Souvenons-nous de la polémique sur le Balzac de Rodin à la fin du 19è siècle, qui ne fut coulé dans le bronze qu’en 1931. Le critique et écrivain Jean-Louis Fournier avait, lui, réglé leur compte aux rieurs :

Édith Piaf n’était pas belle, elle était bouleversante. Cette statue est juste et lui rend justice […] De toute façon, un jour, cette statue étrange va vous apprivoiser et vous allez l’aimer.

Lisbeth Delisle 2025 – dessin de Louis de Suremain

 

C’est pourtant vrai, comme le dit la sagesse populaire : aujourd’hui elle a pris toute sa place et est devenue l’un des monuments les plus originaux de notre arrondissement.  

Pour évoquer l’œuvre de Lisbeth Delisle, laissons la parole à l’un de ses amis proches, le grand expert-gemmologue Louis de Suremain :

Je rentre dans son histoire, trois plans, des ombres qui changent, un seuil avec un personnage qui n’est jamais le même, une cour d’où s’élance un arbre, une toiture bourdonnante, haute, ombragée. […] Là, c’est une femme qui court, elle a les bras tendus vers le soleil, sa jupe est soulevée par le vent ?!? Je tourne encore autour, ses pieds sont campés, je me suis trompé, maintenant je vois, elle va recevoir un ballon. Le vent agite son écharpe.

Ou encore ces mots de Gilbert Clementi :

Elle jouait avec la lumière, les ombres portées, elle nous invitait à découvrir un autre espace. Elle refusait l’imagerie considérée comme la vérité.

 

Déjà très malade, Lisbeth Delisle avait fait une dramatique chute dans l’escalier de sa maison il y a quelques mois et ne s’en était jamais remise. À sa famille, à ses proches, nous adressons nos condoléances émues.

[1] Michel Charzat, maire du 20e de 1995 à 2008

Photographie de Pierre Besson

 

La rue Sorbier pendant l’hiver 1950  © Henri Guérard

Il a suivi les traces d’Henri Cartier-Bresson. Il a exposé avec Willy Ronis. Il a été le rival de Robert Doisneau, et pourtant, peu de personnes le connaissent.

Qui est donc Henri Guérard, le photographe humaniste que l’Histoire n’a pas retenu ?

C’est ce que nous découvrirons à travers la conférence de Livia Auroy, jeune diplômée en histoire de l’art de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Cette étude approfondie sera divisée principalement en deux parties : premièrement seront évoqués les aspects saillants de la vie d’Henri Guérard, et, dans un second temps, son œuvre photographique à travers une promenade visuelle dans le 20e arrondissement.

Que veut dire immortaliser les rues et les venelles de Belleville-Ménilmontant, saisir sur le vif la vie de tout un quartier ? Que signifie la photographie humaniste ? Toutes ces questions seront amplement analysées par notre conférencière. Elle aura lieu le 4 septembre à 18h dans la mairie du 20e arrondissement.

On vous y attend nombreux !

La conférence a lieu :

📅 Vendredi 4 septembre 2026
🕡 À 18h précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement, Salle Suzanne Lacascade

   Entrée gratuite, sur réservation par mail à ahav.paris20@gmail.com

Photographie du concours « C’était Paris en 1970 » – BHVP


Contexte

A la fin des années 60 et au début des années 1970, Paris subit de nombreuses mutations : construction du boulevard périphérique, destructions de quartiers jugés insalubres dans les 13e, 15e, 19e, 20e arrondissements, bientôt les travaux des Halles, autant de bouleversements que la ville et ses habitants subissent ou applaudissent. En 1969, Claude Gourbeyre, maire du 20e arrondissement, rencontre Henry de Surirey de Saint-Remy, directeur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

Face aux transformations en cours dans son arrondissement, l’édile parisien s’inquiète qu’aucune documentation ne vienne conserver la mémoire de cette partie de la capitale. Henri de Saint-Remy, quant à lui, regrette que la Bibliothèque historique n’ait pas les moyens de réunir, pour le Paris contemporain, une documentation photographique aussi riche que celle qu’elle conserve déjà sur le Paris du dernier quart du XIXe siècle au début du XXe siècle.

Claude Gourbeyre se tourne alors vers André Essel, PDG de la Fnac, pour organiser un concours de photo amateur dans le 20e arrondissement. La Fnac propose d’élargir le projet à toute la capitale, afin de constituer des archives photographiques aussi complètes que possible d’une ville où se multiplient les projets d’urbanisation de grande ampleur. Le Conseil de Paris, la Préfecture de Paris et la Préfecture de Police rejoignent le comité de parrainage, tout comme l’ORTF.

15 000 photographes amateurs se présentent pour répertorier les richesses de Paris avant les grands travaux. Un plan de Paris a été découpé en 1755 carrés de 250 m de côté, chaque candidat se voit attribuer par tirage au sort un de ces carrés dont il aura pour mission d’immortaliser les vestiges sur pellicule argentique. 2 800 candidats rendront un dossier complet. En tout, plus de 100 000 photographies de Paris sont collectées.

2 700 photographies sont sélectionnées et exposées au rez-de-chaussée du Pavillon 8 des Halles. L’exposition accueille 70 000 visiteurs du 15 octobre au 15 novembre 1970, malgré un boycott de la presse (les photographes professionnels critiquent la clause selon laquelle les candidats renoncent à leurs droits d’auteur).



Présentation du contenu

Le fonds du concours de photographie amateur « C’était Paris en 1970 » est composé de documentation sur l’organisation du concours, sur l’exposition des lauréats et sur l’entrée du fonds, ainsi que d’environ 100 000 épreuves noir et blanc et diapositives couleur. Il comprend 342 boîtes et 3 classeurs.

La FNAC en fait don à la BHVP en 1970. L’ensemble du fonds est inventorié en 11 inventaires, le premier consacré aux archives et à la documentation du concours, les dix autres inventaires recensant les photographies classées par carrés, dans l’ordre croissant des carrés. Le tout accessible en ligne sur https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/FRCGMNOV-751045102-LAY

30 225 photographies numérisées, classées par carré, sont visibles sur le site https://paris1970.jeantho.eu/index.html ou sur le site https://paris1970.fr/ qui en a amélioré la cartographie.



Claude Gourbeyre

Journal officiel de la République française. Lois et décrets n° 0101 du 30/04/1966 – legifrance.gouv.fr

Il reste en fonction jusqu’en 1977, marquant son mandat par d’importantes initiatives locales et culturelles dans l’est parisien.


Références bibliographiques



📅  Du 1er juin au 7 octobre 2026
🕕  Du lundi au samedi de 10h à 18h
🪧  Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP), 24 rue Pavée Paris 4e
🎫 Entrée libre

 

Portrait de Léon Morel-Fatio par Emmanuel Barcet, d’après François-Gabriel Lépaulle – Musée national de la Marine, Paris


Léon Morel-Fatio fait partie des peintres dont vous pouvez admirer les œuvres jusqu’au 2 août 2026 au Palais de Chaillot, à l’occasion de l’exposition La Marine et les peintres – Quatre siècles d’art et de pouvoir.

Peintre officiel de la Marine et conservateur du musée du même nom, ce personnage nous intéresse beaucoup à l’AHAV : ne fut-il pas le premier maire du 20e entre 1860 et 1869 ?

C’est l’occasion de rappeler que nous lui avons consacré, sous la plume de Christiane Demeulenaere-Douyere, notre bulletin n°74 (3e trimestre 2020).

La conférence dont a été tiré ce bulletin est accessible en enregistrement audio dans notre espace réservé aux adhérents.

Plaque à l’entrée de la salle des mariages de la mairie du 20e – Photo PB



 

En raison des températures caniculaires persistantes annoncées, nous préférons annuler la conférence.

Nous la prévoyons toujours, toutefois, à l’automne, lors de soirées plus fraîches.

 

Prendre du bon temps dans l’Est parisien : de guinguettes en bals (XVIIIe-XIXe siècles)

 

Les guinguettes constituent un élément important de la culture populaire parisienne.

Qu’il s’agisse des guinguettes installées nombreuses aux barrières de Paris (notamment à Vaugirard, aux Porcherons, à Montmartre ou à Belleville), de celles qui s’ouvrent ensuite dans les villages de la proche banlieue, ou plus tard, avec l’arrivée du chemin de fer, plus loin encore, sur les bords de la Seine ou ceux de la Marne…, ces lieux où l’on peut boire, manger, chanter, danser, bref s’amuser collectivement à son aise, ont une place de choix parmi les distractions des Parisiens, particulièrement ceux des classes moyenne et populaire.

Vivant dans une capitale surpeuplée, malsaine et nauséabonde, les Parisiens sont friands de grand air et de distractions et, entre amis ou compagnons d’ateliers, en amoureux ou en famille, ils fréquentent volontiers ces lieux de plaisirs.

La conférence nous entrainera dans une tournée des « Grands Ducs » des établissements bellevillois, en particulier des rues de Ménilmontant et de Belleville, dont les guinguettes ont conquis une renommée internationale (on en parle dans les guides à l’intention des touristes) et nous nous attarderons sur certains établissements qui connurent une destinée particulière.

Cette conférence est présentée par Christiane Demeulenaere-Douyère, vice-présidente de l’AHAV.

 

La conférence a lieu :

📅 Jeudi 25 juin 2026
🕡 À 18h précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement, Salle du Conseil

   Entrée gratuite, sur réservation par mail à ahav.paris20@gmail.com

Malvina Poulain est l’une des rares communardes enterrées au Père-Lachaise, la seule connue jusqu’à présent. Sa tombe a été découverte par l’association des Amies et Amis de la Commune et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) du 19e arrondissement. Camille Paix, qui est venue nous présenter le Père Lachaise au féminin en mars 2025, lui a consacré une note biographique dans son livre Mère Lachaise.

Le 22 mai 2026, un hommage a été rendu à cette femme presque inconnue et, à travers elle, aux milliers de femmes obscures qui se sont engagées dans la Commune de Paris.

 

Photographie de Jean-Marc Domart

 

Sylvie Pepino (des Amies et Amis de la Commune), Fabrice Virgili (Directeur de recherche émérite, CNRS) et Serge Sebban (LDH) ont lancé des recherches pour faire en sorte que sa tombe dispose d’une plaque explicative.

Leurs interventions ont été ponctuées par des chants de la chorale de l’Atlas et des poèmes dits par le comédien Franck Guilbert. Une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe.

Voici la présentation de Sylvie Pepino, responsable de la commission Patrimoine aux Amies et Amis de la Commune :

 

Malvina Poulain repose au Père Lachaise. Sur sa tombe aucune plaque ne fait mention de qui elle était (sauf son nom et dates). Des communardes comme Louise Michel, Nathalie Le Mel, Elisabeth Dmitrieff, André Léo, Victorine Louvet épouse Eudes ont fait l’objet d’études, voire de biographies, mais concernant Malvina on ne sait presque rien. Louise Michel la cite dans ses mémoires sans donner de précisions. Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871, qui ont voulu faire une place particulière aux communardes sur leur site et dans le Petit dictionnaire des Femmes de la Commune, les oubliées de l’histoire, ont cherché à en savoir plus, ainsi que l’autrice Camille Paix qui, dans son ouvrage, Mère Lachaise, lui a consacré une note biographique.

En tant que responsable de la commission Patrimoine aux Amies et Amis de la Commune, avec Fabrice Virgili (Directeur de recherche émérite CNRS) et Serge Sebban (pour la LDH), nous avons eu l’idée de lancer des recherches et des appels à témoins pour compléter nos connaissances sur la personnalité de Malvina et faire en sorte que sa tombe dispose d’une plaque explicative. Il s’agit de rendre un hommage à une femme presque inconnue, comme l’étaient les milliers de femmes engagées dans la Commune de Paris, et plus particulièrement à celles de la « barricade des Femmes » de la place Blanche qu’elles ont vaillamment défendue entre le 21 et le 27 mai.

Malvina Poulain est née le 3 juin 1851 à Pré-en-Pail en Mayenne. Nous ne disposons pas de trace d’elle avant son affectation à Paris, comme aide enseignante – appelée sous-maîtresse – avec Louise Michel à l’école du 18e arrondissement, 24 rue Oudot.

Le 18 mars 1871, Malvina n’a pas encore vingt ans lorsque l’insurrection parisienne éclate. À l’installation de la Commune de Paris, elle participe comme ambulancière auprès de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés au côté de Victorine Brocher, Marie Chiffon, Béatrix Excoffon, Anna Jaclard, Alix Payen et Sophie Poirier. Une plaque mémorielle installée dans le hall de la mairie du 10e rappelle que cette organisation fut créée le 11 avril 1871 pendant la Commune de Paris.

 

La barricade de la place Blanche défendue par des femmes – Lithographie, musée Carnavalet, Paris

 

 « Pétroleuse » est un terme qualifiant une femme accusée, sans preuve, d’avoir employé du pétrole pour allumer des incendies lors de l’écrasement de la Commune de Paris. Les femmes qui avaient pris part aux combats armés furent affublées de ce terme, particulièrement après l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris (24 mai 1871), faisant d’elles les boucs émissaires des destructions, qui pour la plupart, avaient été réalisées par les troupes versaillaises, lors de la semaine sanglante. Pour rappel, aucune femme ne fut condamnée à la prison ou à la déportation avec le motif d’avoir provoqué ou allumé des incendies.

Après son emprisonnement dans le camp de Satory, nous perdons la trace de Malvina. Nous la retrouvons en 1873 à Paris lors de son mariage en la Mairie du 8e arrondissement avec Augustin Beaudelot, garçon de magasin, présent dans le caveau. Le certificat de mariage précise qu’elle exerçait à ce moment le métier de cuisinière. De cette union naquirent quatre enfants :

  • Camille, Julia le 13 décembre 1873
  • Achille le 19 avril 1875,
  • Camille, Louis le 18 décembre 1876
  • Paul, Eugène le 4 février 1878.

 

Son époux, Augustin, décède le 13 avril 1886. Malvina se remarie le 20 mars 1887 avec Ferdinand Victor Héloin. L’année suivante, une fille, Gabrielle, voit le jour. Le couple divorce le 14 janvier 1890.

Qu’est devenue Malvina après la Commune ? Elle avait probablement rétabli des contacts avec Louise Michel à son retour du bagne de Nouvelle Calédonie. Louise en fait état dans ses mémoires. Durant son internement, Louise avait adressé un courrier à son notaire sollicitant des nouvelles de Malvina. Sa lettre atteste du lien d’amitié entre les deux femmes. Pour la suite, Malvina Poulain a traversé la 1ère guerre mondiale sans déplorer de pertes de ses enfants. Ses trois garçons, tous mobilisés, sont revenus vivants. Sa fille Camille eut une fille, Jeanne, qui à ton tour se maria le 7 novembre 1926 à Saint-Maur-des-Fossés (94) avec Louis Clavière, puis en secondes noces le 28 septembre 1937 avec Pierre Charles Gaucher. Mais l’arbre aujourd’hui s’arrête pour nous, il nous faudra chercher des descendants car il existe des ayants droits liés à la concession du Père Lachaise.

Malvina décède le 17 janvier 1921 à son domicile du 26 rue Véron dans le 18e arrondissement à l’âge de 70 ans. Elle est inhumée dans le caveau familial auprès de son premier mari.

 

La tombe de Malvina Poulain est située dans la 41e division, 11e ligne face à la 95e division, 8e ligne de la 42e division.

 

Photographie Gérard Muller

Le grand sociologue Edgar Morin vient de nous quitter.

Au moment où l’ensemble de la presse lui rend un hommage unanime, nous avons souhaité remettre à la une l’article que nous lui avions consacré à l’occasion de ses 101 ans.

 


Edgar Morin, un enfant de Ménilmontant

Les hauteurs de Belleville conservent en bonne santé si l’on en croit Edgar Morin, né le 8 juillet 1921 et donc âgé aujourd’hui de plus de 101 ans.

Ce qui n’empêche pas ce sociologue, ce chercheur populaire particulièrement sollicité par la presse, d’accepter très régulièrement les invitations des différents médias généralistes et spécialisés. Et tout dernièrement encore sur France Inter où il aborde en passant -et en toute simplicité- sa vie d’aujourd’hui.

Et quand il parle de vivre, il sait de quoi il parle :

« Vivre est une navigation dans un océan d’incertitudes

avec quelques îlots de certitudes

pour s’orienter et se ravitailler. »

Retour rapide sur sa jeunesse, son passé militant et  son apport intellectuel

La jeunesse d’ Edgar Morin

Ses parents, originaires de familles commerçantes juives de Salonique, venus en France au début des années 1910, s’étaient installés à Ménilmontant où vivait une importante communauté juive. Son père (Vidal Nahoum) tenait un commerce de bonneterie en gros.
Edgar Morin n’a reçu aucune éducation religieuse mais vivait au milieu d’une communauté de juifs saloniciens. Il se qualifie « d’incroyant radical ». En 1931, l’enfance d’Edgar Morin a été profondément bouleversée par la mort prématurée de sa mère. Après cette disparition brutale, il sera élevé par son père.

Edgar Morin jeune

Il passe toute sa jeunesse à Ménilmontant ; dans une interview à France Inter le 14 juillet 2022, il nous raconte un 14 juillet à Ménilmontant :

« J’ai tout d’abord pensé au 14 juillet de ma jeunesse avant-guerre. Le 14 juillet, lors de l’avant-guerre, c’était une grande fête populaire, il y avait partout, dans tous les quartiers, des bals, notamment dans mon quartier Ménilmontant, et des drapeaux français à toutes les fenêtres. C’était la grande fête de l’année, Peut-être que cette fête a diminué en qualité populaire…
Pour moi le 14 juillet ce n’est pas seulement le 14 juillet 1789 mais c’est le 14 juillet 1790, la grande fête de la Fédération où les délégués de toutes les provinces de France ont voulu dire nous voulons faire partie de la grande union…
Je pense que la France dans son unité et sa diversité actuelle a été fondée là. Donc pour moi, j’adore le 14 juillet. »

Edgard Morin toujours énergique

Edgar Morin sur France Inter le 14 juillet 2022

Âgé de 101 ans, il dit ressentir « la poésie de vivre, de marcher au soleil ».

« J’ai perdu beaucoup d’amis, mais j’en ai encore. J’ai une relation d’amour avec mon épouse. J’ai encore beaucoup de sentiments, bien que beaucoup de choses soient rétrécies, dont mon audition, ma capacité de gambader avec mes jambes. Mon corps a diminué de ses capacités, mais mon esprit reste pareil. La vie continue à travailler en moi. »

Il reste l’un de nos grands intellectuels français après avoir été un militant engagé.

Le militant de gauche
En 1936, pendant la guerre d’Espagne, son premier acte politique est d’intégrer une organisation libertaire, pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine. En 1938, il rejoint les rangs d’une petite formation de la gauche pacifiste et antifasciste.

Il entre en 1942 dans la Résistance communiste au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique, change son nom en Edgar Morin et devient membre du Parti Communiste. Il est alors proche de nombreux intellectuels « compagnons de route » de ce parti, comme Georges Friedmann ou Jean-Paul Sartre. Il en sera exclu en 1951 à cause de son opposition au stalinisme. Politiquement, Il se situe maintenant dans une gauche républicaine et humaniste et a récemment déclaré. « J’ai toujours les mêmes convictions, mais j’ai perdu des illusions »

L’intellectuel
Son œuvre en tant que sociologue, chercheur, cinéaste, écrivain et enseignant est considérable.

Il a écrit plus de cent livres. À l’âge de 100 ans il a publié Leçons d’un siècle de vie, Paris, Éditions Denoël, et, en 2022, à l’âge de 101 ans, Réveillons-nous ! Paris, Éditions Denoël. Il a participé ou réalisé neuf films.

Edgar Morin Révéillons nous !Édité chez Denoël

Il a beaucoup travaillé sur le concept de complexité, cette « pensée complexe » qui, selon lui, aide les dirigeants à mieux comprendre le monde qui les entoure. Si le mot complexité s’oppose apparemment à la simplicité, lui a le don de nous expliquer ici -en moins de 14mn agréables et pédagogiques- toute son utilité.

« Dans la vie, tout est lié » et il nous faut donc « relier ce qui est lié ». Une approche bien utile avant de prendre une bonne décision pour agir. Et dans cet entretien, son apparente simplicité conviviale et claire le rend accessible au grand public : elle fait à l’évidence de lui opportunément un bon « client » régulier pour les journalistes.

Terminons par une pensée d’Edgar Morin, toujours d’actualité : « À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence on oublie l’urgence de l’essentiel. »




De la porte de Bagnolet au quartier Saint Blaise, histoire de l’urbanisme contrasté de Charonne



Cette promenade urbanistique part à la découverte de l’architecture du quartier Est du 20e, ses espaces verts anciens et nouveaux, en évoquant l’histoire des différents projets de ce que fut la « ZAC St Blaise » (13 tours imaginées au départ), et les résistances pour la sauvegarde du village de Charonne : son église, son cimetière, ses ruelles.

Cette promenade explore le nouveau visage du quartier le plus dense de Paris entre patrimoine et modernité, ainsi que les nouveaux aménagements pour rendre ce quartier plus vivable.

Cette visite guidée est proposée par Jean-Marie Haumonté, membre de l’AHAV. Elle est réservée aux adhérents et sur inscription à ahav.paris20@gmail.com.

M Haumonté, habitant depuis les années 70 dans le quartier Réunion, a été l’animateur, à cette époque, du Comité de Liaison, d’Animation et de Développement du 20e (CLAD-20e) et à ce titre, a suivi les projets d’urbanisme de ce quartier en devenir.

 

📅  Samedi 6 juin 2026

🕙  À 9h45

Le lieu de rendez-vous vous sera précisé après inscription.

 

L’église Saint-Germain-de-Charonne et l’une des 3 tours – Wikimedia Commons

 

Les carrières de gypse, ou « plâtrières » qui parsemaient l’est parisien ont toutes disparu. Les dernières ont cessé leur activité à la fin du 19e siècle. 

Elles sont à l’origine du célèbre « plâtre de Paris ».

Il reste les bâtiments et autres curiosités qui les ont remplacées. Et les histoires qui vont avec, toutes emblématiques de la vie du 20e arrondissement.

C’est ce que nous vous proposons de découvrir (ou redécouvrir) au cours de ces deux heures de « flânerie » commentée. 

 

📅  Jeudi 28 mai 2026

🕙  À 9h45

 

Cette visite guidée est proposée par Pierre Besson, président de l’AHAV. Elle est réservée aux adhérents et sur inscription à ahav.paris20@gmail.com.

Le lieu de rendez-vous vous sera précisé après inscription.

 

Haut de la rue Champlain (carrières de Ménilmontant), vers 1877. Photographie de Charles Marville © Musée Carnavalet



La Commune d’hier et d’aujourd’hui au Père Lachaise,
ceux qui l’ont vécue et ceux qui s’en sont inspirés au XXe siècle

En 1870, la Prusse envahit la France  En 1871, les « communeux » ne veulent pas se rendre. La Commune va se terminer dramatiquement dans le vingtième arrondissement. Elle finira dans le sang -entre français- jusqu’aux exécutions sommaires devant le Mur des fédérés.

C’est à travers les tombes des personnalités et les différents monuments du cimetière que nous aborderons localement cette partie tragique, encore dans nos souvenirs… et toujours d’actualité. 

📅  Samedi 23 mai 2026

🕙  À 10h30

👥 20 personnes maximum

Cette visite guidée est proposée par Philippe Gluck, ancien président de l’AHAV. Elle est réservée aux adhérents et sur inscription à ahav.paris20@gmail.com.

Le lieu de rendez-vous vous sera précisé après inscription.