Rénovation du Pavillon Carré de Baudouin

Le Pavillon Carré de Baudouin avait besoin d’être réhabilité dans sa partie réservée au public. Le début des travaux est finalement programmé en juillet 2022 pour durer environ 6 mois.

Aucune exposition n’aura donc lieu pendant cette période. Cette initiative a été rendue possible grâce à deux projets issus des budgets participatifs de 2019 et 2021.

Pour mémoire, l’AHAV a été à l’origine de la sauvegarde du lieu voué à la promotion immobilière. Le PCB a finalement été racheté  par la ville. Longtemps caché aux regards des passants, cette folie  du 18ème  siècle a été restaurée puis ouverte au public en 2007.

La nature des besoins de réhabilitation

Pour restituer le détail de cette toute prochaine réalisation, Éric Pliez maire du 20e a invité les associations concernées et ceux qui ont contribué à la vie du PCB à une réunion d’information.

Celle-ci s’est tenue le 18 février en présence du maire du 20e arrondissement, de membres de la municipalité et du cabinet d’architecture JAGG situé rue de Belleville.

À l’intérieur du PCB, Il s’agit d’en améliorer l’entrée, la circulation interne, la signalétique, l’espace d’accueil vieux et non fonctionnel, l’auditorium en mauvais état (acoustique, qualité d’image, besoin de remise aux normes…) et les salles d’expositions.

PCB, présentation de la rénovation

Prochains travaux au PCB 2022 : exposé du cabinet JAGG

L’extérieur du PCB aussi concerné

Madame Jeanne Gerbeaud, architecte du cabinet JAGG en charge du projet, a également présenté les autres interventions à l’extérieur du PCB :

  • La façade « Palladio » sera visible depuis la rue grâce au remplacement partiel du mur par une grille d’une longueur de 7,5 mètres.
  • Un « pavé enherbé » sera posé entre le PCB et le début du jardin
  • Une grille basse séparera le Pavillon Carré de Baudouin du jardin.
Pavillon Carré de Baudoui en travaux

PCB projet de grille donnant rue de Menilmontant

Après le feu vert de tous les intervenants et celui de l’Architecte des Bâtiments de France, le permis de construire -qui n’a pas fait l’objet d’oppositions- devrait être obtenu tout prochainement.

La présentation illustrée de madame Jeanne Gerbeaud a été suivie par plusieurs questions-réponses et seul un opposant au projet a regretté un manque de concertation, affirmation  contestée sur place par les représentants de la municipalité.

Enfin à propos de ces toutes prochaines améliorations, retenons la formule poétique exprimée ainsi sur place : ce bâtiment unique à Paris deviendra après sa rénovation, le phare culturel de l’arrondissement. L’annonce d’une ambition déjà en germe dans les progrès de sa programmation actuelle.

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Pour en savoir plus :

https://mairie20.paris.fr/pages/les-travaux-de-rehabilitation-du-pavillon-carre-de-baudouin-20420

La «Passion à Ménilmontant» fête ses 90 ans en 2022

 

Le 20e arrondissement a toujours été une terre d’élection du théâtre. Une des expressions les plus populaires et les plus originales en a été, depuis 1932, la fameuse « Passion à Ménilmontant », qui met en scène le procès et la mort de Jésus. Cette œuvre collective conçue, mise en scène et jouée par des habitants du quartier, de tous âges, de toutes origines et de toutes conditions sociales, a longtemps été représentée au Théâtre de Ménilmontant, 15 rue de Retrait.

La Passion à Ménilmontant théâtre

La Passion à Ménilmontan, le final

La fermeture brutale du théâtre à la fin de 2018, puis les vicissitudes imposées par la pandémie avaient semblé en marquer la fin définitive.

Eh bien, non… Heureuse nouvelle ! la Passion de Ménilmontant va renaître en cette année 2022, date anniversaire des 90 ans de sa création, les samedi 26 mars et dimanche 27 mars à 16h00, les samedi 2 avril et dimanche 3 avril à 16h00, et les samedi 9 avril et dimanche 19 avril à 16h00

Les représentations se dérouleront cette année dans la crypte de l’église Saint-François d’Assise, 16 rue du Général Brunet, 75019 Paris.

Les réservations sont d’ores et déjà ouvertes !

Vous pouvez déjà réserver sur le site lapassion.fr ou directement sur BilletReduc.com.

Bulletin n° 77

En 2021, la commémoration du 150e anniversaire de la Commune de Paris a marqué profondément l’héritage de l’Est parisien et particulièrement de notre arrondissement.

Ce bulletin n° 77 complète et enrichit notre bulletin n° 75, publié en mars 2021 sous la coordination de la même autrice, Christiane Demeulenaere-Douyère.

Précédement sur le même sujet, le bulletin n° 76 nous présente Félix Pyat, républicain engagé par ceux qui l’ont connu, par Guy Sabatier.

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Pour mémoire, en 1870 la Prusse envahit la France, Paris encerclé résiste. En 1871, le Gouvernement provisoire négocie avec les Prussiens et se charge de « prendre » Paris : là débute la Commune.

Le 20e arrondissement y a pris une place toute particulière, d’où cette première compilation  de 10 articles sur les 20 concernant la Commune, et qui sont extraits des 34 « actualités » publiées sur notre site internet.

La Commune de Paris et le 20e

Gabriel Ranvier, maire du 20e pendant la Commune, in No 1 de Paris 20e, magazine de la Mairie

Au sommaire de ce numéro :

Nos articles parus en 2020

 Décembre 1870, que la vie est dure à Belleville 

 Noël 2020… Noël 1870  

 

Nos articles parus en 2021

 L’Affiche rouge du 7 janvier 1871                    

Paris et l’armistice du 26 janvier 1871 

66 ballons pour sauver Paris… en 1870 et 1871

Législatives du 8 février 1871 : « Ruraux » contre Parisiens                                                                                                                              

La Commune divise l’Hôtel de Ville 

La « vache à Gambon » 

Gabriel Ranvier dans le journal de la Mairie du 20

Main-basse sur les canons de Montmartre 

 

Et le 31 décembre, qu’est-ce qu’on fait ?

La Taverne du Bagne… ça vous dit ?

 

Discothèques et cabarets interdits en cette fin d’année 2021 ? Qu’importe… Belleville a toujours été un lieu de divertissements et de plaisirs. Alors, histoire de finir joyeusement l’année du 150e anniversaire de la Commune de Paris, nous vous proposons une soirée à la Taverne du Bagne.

En février 1884, est inauguré, au 12 rue de Belleville, à un jet de pierre des Folies-Belleville, un drôle de cabaret : La Taverne du Bagne et des Ratapoils.

« Le d’Artagnan de la Commune »

Le directeur en est Maxime Lisbonne, ancien colonel de la Commune, qu’un de ses biographes a surnommé pour son courage « le d’Artagnan de la Commune ». Cluseret disait de lui : « Qui ne se souvient de Lisbonne, caracolant sur son cheval arabe, vêtu mi-partie en garde national et mi-partie en je ne sais quoi de grenadier de Sambre et Meuse ? D’une bravoure hors ligne… ». Né à Paris, en 1839, il a d’abord connu la vie militaire, notamment en Crimée. Puis, en 1864, il s’est lancé dans le théâtre aux Folies-Saint-Antoine.

En 1871, il s’est engagé avec bravoure pour défendre la Commune. Il a été blessé, pris et condamné aux travaux forcés en Nouvelle-Calédonie, puis amnistié en 1880.

Lisbonne, fondateur de la Taverne du Bagne

Maxime Lisbonne, photo.

En 1880, la vie à Paris n’est pas facile pour qui revient de dix années de bagne à l’autre bout du monde. Heureusement, Lisbonne a de la ressource. Il reprend les Bouffes du Nord et monte des pièces militantes de Louise Michel, d’Emile Zola et de Victor Hugo. Chaque soir, son théâtre est le rendez-vous des vieux communards et des jeunes collectivistes. Il crée un journal, L’Ami du Peuple – Seul journal qui ose dire la vérité, qui ne dure pas. Comme il a de l’imagination et de l’humour à revendre, il se lance dans le cabaret, à Montmartre et à Belleville.

Forçats et Ratapoils

Rue de Belleville, sa Taverne du Bagne ne manque pas d’originalité. Son décor est directement inspiré d’une caserne de Nouméa. Au-dessus de la porte, une lanterne rouge. Sur la toiture, à droite et à gauche, deux canons. L’intérieur est d’un minable à faire fuir. Les murs sont décorés de scènes de bagne, de paysages de Nouvelle-Calédonie ou de portraits de forçats célèbres comme Henri Rochefort.

Le service est confié à des « forçats », ayant au pied une chaîne terminée par un boulet. Mais le boulet est creux, il s’accroche à la ceinture, s’ouvre et contient… la serviette avec laquelle le serveur essuie les tables. Le bock s’appelle un boulet et sont au menu « soupe canaque, gourgane de Toulon et Badinguet ». On ne sort de l’établissement qu’avec un « certificat de libération » attestant que « le Condamné a consommé et s’est bien conduit ».

Taverne du bagne, "certificat de libération"

Taverne du bagne, « certificat de libération »

A Belleville, Lisbonne ajoute une attraction supplémentaire : les Ratapoils, « beaux messieurs en redingote, ayant sur le chef un chapeau haut de forme. Au-dessus de celui-ci planait un aigle empaillé dont le bec tenait un morceau de lard ». Il y a aussi du spectacle : par moments, une dispute s’engage entre forçats et ratapoils. « Cinq ou six forçats se jetaient sur un ratapoil, s’en emparaient et le poussaient sur un petit théâtre simulant une forge. Ils le couchaient de force sur un banc et lui mettaient les fers aux pieds. C’était la revanche de l’opprimé ! » (C. Chincholle, Les Mémoires de Paris, 1889).

Déceptions et revers de fortune

Quand La Taverne du Bagne de Belleville doit fermer, Lisbonne lui donne une longue descendance d’autres cabarets tout aussi fantaisistes : La Taverne de la Révolution française, aux Halles (1886), Les Frites révolutionnaires, boulevard de Clichy, La Brioche politique, rue du faubourg-Montmartre (1893), ou encore Le Casino des Concierges (1894). En 1898, ce sera Le Jokey-Club de Montmartre, à l’inauguration duquel on sert des « maquereaux pêchés dans le bassin de la place Pigalle ».

Mais la fortune ne sourit pas à Maxime Lisbonne. Il finit sa vie, en 1905, dans l’oubli d’un bureau de tabac à la Ferté-Alais (Essonne), où il est enterré et où une rue porte son nom.

Maxime Lisbonne, portrait dans la rue. Taverne du Bagne

Maxime Lisbonne, par Morèje-République.

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Pour en savoir plus :

Charles Chincholle, « Les Fantaisies de Maxime Lisbonne », Les Mémoires de Paris, Paris, Librairie moderne, 1889, p. 61-79.

Marcel Cerf, Le D’Artagnan de la Commune (Le Colonel Maxime Lisbonne), Bienne, Editions du Panorama, 1967 ; rééd. Paris, Dittmar, 2014.

Sur Internet : https://www.lafertealais.com/les-personnages-de-la-ferte-alais-au-temps-des-cabarets/maxime-lisbonne/

 

Cet article a été cliqué de nombreuses fois ces derniers jours, nous vous le proposons donc à nouveau. Il avait été mis en ligne le 11 novembre 2020.

 

 

Le boxeur « gueule cassée » de Belleville

Comme chaque année, nous commémorons aujourd’hui la fin de la première guerre mondiale, mais cette fois-ci en version confinée. Au moment de cette date anniversaire, rappelons-nous cette époque qui est aussi celle de ceux que nous avons appelé les « gueules cassées ».

La semaine dernière, France Culture a eu la riche idée de nous proposer un documentaire sur la vie d’un bellevillois populaire aujourd’hui méconnu, celle d’Eugène Criqui. Apprenti tourneur-décolleteur, à 16 ans, il se lance dans le monde de la boxe, en deviendra un champion puis sera mobilisé en 1914.

Blessé l’année suivante, il fera partie de ceux que l’on appellera « les gueules cassées ». Malgré son handicap, il voudra continuer sa carrière et arrivera jusqu’au plus haut sommet de la réussite.

Le boxeur prêt au combat

Eugène Criqui au visage refait

Une série de France Culture en deux épisodes de 28mn chacun.

Pour les écouter, cliquez sur le bouton à gauche de l’image :

Épisode 1 : Eugène Criqui, de Belleville à Verdun

Épisode 2 : Eugène Criqui, le boxeur à la mâchoire de fer

Les gueules cassées nous rappellent bien-sûr la cruauté de la guerre, la douloureuse situation des victimes devant vivre ensuite « réparées » au mieux grâce aux extraordinaires innovations des chirurgiens de l’époque.

Beaucoup de ces personnalités médicales sont enterrées au Père Lachaise : citons notamment les docteurs Henry DELAGENIÉRE,Hippolyte MORESTIN, PONROY, Maurice VIRENQUE, et l’infirmière Bernadette de BEAUCHENE.

Journal des "gueules cassées"

Bimensuel « La Greffe générale » du 15 décembre 1917 – RetroNews BnF

 

 

Belleville et le vin guin-gai

Paris Vingtième, le journal municipal du 20e arrondissement, vient de sortir son numéro 2.

 

Journal municipal 20 arrondissement Paris - Belleville, le vin est guin-gai

Retrouvez cette publication en cliquant sur cette bannière.

En quatrième de couverture de ce nouveau numéro, Christiane Demeulenaere-Douyère, Vice-présidente de l’AHAV, nous présente le village de Belleville au temps de ses guinguettes, l’origine de cette dénomination et les raisons de son déclin. Voici la retranscription de cet article.

À Belleville, le vin est guin-gai !

Au 19e siècle, à Belleville un commerce sur deux est un marchand de vin. Non, les Bellevillois ne sont pas des Pochards notoires. Mais 70% de la population sont des ouvriers habitués à des travaux de force, durs et fatigants, qui boivent facilement plusieurs litres de vin par jour ! Avant 1860, les guinguettes sont déjà nombreuses sur nos côteaux. La « petite banlieue » n’est pas incluse dans l’enceinte financière de Paris et les taxes d’octroi qui pèsent notamment sur les boissons entrantes, y sont moins élevées.

Mieux encore, l’Est parisien a une production viticole assez importante, un petit vin blanc aigrelet, que nos palais seraient tentés d’appeler une piquette, le « vin guinguet », celui-là même qui a donné son nom aux guinguettes… C’est dans cette zone encore rurale que les Parisiens viennent se délasser, surtout l’été : en famille le dimanche, le lundi pour les ouvriers fêtant la Saint-Lundi et le jeudi pour les étudiants.

On s’y promène dans les jardins champêtres ou dans les bois des Lilas. On s’y fait même des émotions aux combats d’animaux ou sur les Montagnes russes de la rue Bisson et, le soir venu, on envahit les guinguettes. Dans ces petits bâtiments sans luxe, entourés d’un grand jardin planté, on peut boire le « vin guinguet », manger sur de longues tables rustiques une cuisine simple et revigorante et même danser.

Il suffit de pousser bancs et tables pour dégager la piste de danse et passer une belle soirée. Les guinguettes sont installées près des barrières de Paris, à la Courtille notamment. Journal municipal 20 arrondissement Paris - Belleville, le vin est guin-gai C’est le temps du célèbre Tambour Royal de Ramponneau. Puis elles gravissent la « chaussée de Ménilmontant » et la rue de Paris, actuelle rue de Belleville.

La plupart conservent leur charme simple de cabaret populaire, d’autres s’embourgeoisent comme le Lac Saint-Fargeau, situé tout en haut de la rue de Belleville, dont le propriétaire donne à son établissement une architecture un brin prétentieuse et, comble de luxe, fait creuser dans son parc un « lac » où ses clients peuvent pêcher et canoter.

Belleville a d’ailleurs installé sa mairie dans une ancienne guinguette, L’Ile d’Amour, du nom de son propriétaire M. Damour. En conservant sa décoration pittoresque… pour le moins curieuse dans un bâtiment officiel !

Le développement du chemin de fer a entrainé le déclin des guinguettes de Belleville, qui ont dû céder la place à celles de Nogent, de Joinville-le-Pont, de Robinson ou des bords de Seine…


Dans ce même numéro, un article sur le lycée Lucie Faure et sa plaque mémorielle des enfants déportés. Celle-ci a donné aux professeurs l’occasion de créer un atelier pluridisciplinaire pour leur classe de 3e C. Il s’agit pour les ados d’aller retrouver l’histoire vécue de l’un des noms inscrits : Chana Finkielsztajn, jeune fille déportée.