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Belleville et le vin guin-gai

 

 

Belleville et le vin guin-gai

Paris Vingtième, le journal municipal du 20e arrondissement, vient de sortir son numéro 2.

 

Journal municipal 20 arrondissement Paris - Belleville, le vin est guin-gai

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En quatrième de couverture de ce nouveau numéro, Christiane Demeulenaere-Douyère, Vice-présidente de l’AHAV, nous présente le village de Belleville au temps de ses guinguettes, l’origine de cette dénomination et les raisons de son déclin. Voici la retranscription de cet article.

À Belleville, le vin est guin-gai !

Au 19e siècle, à Belleville un commerce sur deux est un marchand de vin. Non, les Bellevillois ne sont pas des Pochards notoires. Mais 70% de la population sont des ouvriers habitués à des travaux de force, durs et fatigants, qui boivent facilement plusieurs litres de vin par jour ! Avant 1860, les guinguettes sont déjà nombreuses sur nos côteaux. La « petite banlieue » n’est pas incluse dans l’enceinte financière de Paris et les taxes d’octroi qui pèsent notamment sur les boissons entrantes, y sont moins élevées.

Mieux encore, l’Est parisien a une production viticole assez importante, un petit vin blanc aigrelet, que nos palais seraient tentés d’appeler une piquette, le « vin guinguet », celui-là même qui a donné son nom aux guinguettes… C’est dans cette zone encore rurale que les Parisiens viennent se délasser, surtout l’été : en famille le dimanche, le lundi pour les ouvriers fêtant la Saint-Lundi et le jeudi pour les étudiants.

On s’y promène dans les jardins champêtres ou dans les bois des Lilas. On s’y fait même des émotions aux combats d’animaux ou sur les Montagnes russes de la rue Bisson et, le soir venu, on envahit les guinguettes. Dans ces petits bâtiments sans luxe, entourés d’un grand jardin planté, on peut boire le « vin guinguet », manger sur de longues tables rustiques une cuisine simple et revigorante et même danser.

Il suffit de pousser bancs et tables pour dégager la piste de danse et passer une belle soirée. Les guinguettes sont installées près des barrières de Paris, à la Courtille notamment. Journal municipal 20 arrondissement Paris - Belleville, le vin est guin-gai C’est le temps du célèbre Tambour Royal de Ramponneau. Puis elles gravissent la « chaussée de Ménilmontant » et la rue de Paris, actuelle rue de Belleville.

La plupart conservent leur charme simple de cabaret populaire, d’autres s’embourgeoisent comme le Lac Saint-Fargeau, situé tout en haut de la rue de Belleville, dont le propriétaire donne à son établissement une architecture un brin prétentieuse et, comble de luxe, fait creuser dans son parc un « lac » où ses clients peuvent pêcher et canoter.

Belleville a d’ailleurs installé sa mairie dans une ancienne guinguette, L’Ile d’Amour, du nom de son propriétaire M. Damour. En conservant sa décoration pittoresque… pour le moins curieuse dans un bâtiment officiel !

Le développement du chemin de fer a entrainé le déclin des guinguettes de Belleville, qui ont dû céder la place à celles de Nogent, de Joinville-le-Pont, de Robinson ou des bords de Seine…


Dans ce même numéro, un article sur le lycée Lucie Faure et sa plaque mémorielle des enfants déportés. Celle-ci a donné aux professeurs l’occasion de créer un atelier pluridisciplinaire pour leur classe de 3e C. Il s’agit pour les ados d’aller retrouver l’histoire vécue de l’un des noms inscrits : Chana Finkielsztajn, jeune fille déportée.

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