De Charonne au Père Lachaise

Le 13 février 1962

 

60 ans se sont passés depuis les accords d’Évian du 18 mars 1962 qui ont mis fin à la guerre d’Algérie, prélude à son indépendance. La France était alors plongée dans une série d’attentats et de manifestations.

Le mois précédent ces accords, un drame devenu tristement célèbre a eu lieu au métro Charonne : le 8 février 1962, 250 manifestants sont blessés et neuf tués -dont un journaliste de l’Humanité- par la police sous les ordres du préfet Papon. Les neuf victimes ont été étouffées contre les grilles fermées du métro.

Les 9 morts du métro Charonne

Une pleine page sur les victimes du 8 février 1962- (l’Humanité de cette période ?)

Plusieurs organisations politiques et syndicales viennent de commémorer le 60ème anniversaire de cette tragédie. À Paris, il s’agit principalement du PCF (huit militants sur les 9 morts étaient communistes), de la CGT (tous les 9 en étaient membres), du PS et de la Ligue des Droits de l’Homme. Une exposition lui est également dédiée devant la mairie du 11e arrondissement.

60ème anniversaire de Charonne

Présentation de l’exposition Charonne devant la mirie du 11e. PG

Par ailleurs, le préfet de police, Didier Lallement, est venu officiellement fleurir la sépulture collective du Père-Lachaise au nom du président de la République. « C’est la première fois qu’un président de la République rend hommage aux victimes de Charonne » souligne l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie.

 

Tombe des victimes de Charonne

Tombe des victimes de Charonne le 22 février 2022. PG

Gerbe pour la tombe des victimes de Charonne en 2022

Gerbe du président de la République le 8 février 2022. Site de l’Élysée

Le 8 février 1962 au métro Charonne

La manifestation de « défense républicaine » du 8 février a été organisée en réaction à une série d’attentats commis la veille par l’OAS (180 plasticages en deux mois) et qui bouleversent les parisiens. Cette manifestation est interdite comme les précédentes et se termine par une « tuerie », mot repris plus tard par Alain Dewerpe, lui qui avait 10 ans au moment où sa mère Fanny Dewerpe est tuée sur place ce jour-là.

Alain Dewerpe est devenu historien et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). À l’issue de nombreuses recherches documentaires (fonds du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police), il en arrive à conclure que les morts du métro Charonne ne sont pas le résultat d’une « bavure » ou d’un « dysfonctionnement ». D’où le titre explicite de son livre : « Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État ».

Enterrement des victimes de Charonne en 1962

13 février 1962, le cortège à l’enterrement au Père Lachaise. Photo prise à l’angle du boulevard de Ménilmontant et de l’avenue de la République

Au Père Lachaise, les obsèques des neuf victimes 

Le 10 février 1962, le journal Le Monde titrera : Le plus sanglant affrontement entre policiers et manifestants depuis le 6 février 1934.

Le 13 février 1962, une grève générale de protestation et de solidarité avec les familles des victimes paralyse le pays. Les obsèques des 9 victimes ont lieu ce jour-là au Père Lachaise, avec un cortège évalué en centaines de milliers de personnes. Sur la pierre tombale, le nom des morts y est gravé, surmonté de l’inscription suivante : « À la mémoire des victimes du 8 février 1962 ».

Manouchian : une rue, un monument, une cérémonie

 

Depuis 1996, le 21 février donne lieu à une commémoration annuelle dans notre arrondissement. À cette date en 1944, 23 membres du groupe FTP-MOI ont été fusillés par l’Allemagne nazie.

Ce groupe a été appelé groupe Manouchian depuis la création de « l’Affiche rouge » apposée dans Paris. Le 20e en garde la mémoire avec le nom d’une rue, une fresque murale et un monument au Père Lachaise.

Rue du groupe Manouchian

Rue du groupe Manouchian, cérémonie du 21 février 2022 devant les trois plaques commémoratives. La plaque à la mémoire des membres du groupe sera inaugurée en 1999 par Michel Charzat, sénateur-maire du 20e. PG

À l’origine des FTP-MOI

Dès 1924, le Parti Communiste choisit de créer un organisme spécifique « permettant de développer l’action solidaire des travailleurs français et immigrés » (1).

Cette section s’est d’abord appelée la « section de Main-d’Oeuvre Étrangère », la MOE, qui deviendra en 1936 la MOI, « section de Main d’Œuvre Immigrée », période où beaucoup d’entre eux sont partis rejoindre les Brigades internationales en Espagne.

Les FTP-MOI étaient composés de communistes et sympathisants d’origine immigré -avec la section communiste juive-  en relation étroite avec la direction des FTP français.

Le récit de ce mouvement de résistance a été diffusé sur France 3 : il fait partie de l’excellente série documentaire produite par Patrick Rotman en 1994 « les brûlures de l’histoire ». En fin d’émission, l’historien Stéphane Courtois, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du mouvement communiste, nous affirme à l’appui des derniers documents connus que « le groupe n’a pas été trahi. Ni par la direction communiste, ni par des responsables communistes ».

Procès du groupe Manouchian dans la presse

La une du Matin daté du 20 février 1944

Sur les 24 accusés qui font face au tribunal militaire allemand, 1 accusé est transféré devant une juridiction française. Les 23 autres sont condamnés à mort sans possibilité d’appel, et 22 sont fusillés le 21 février, au fort du Mont-Valérien ; la 23ème, Olga Bancic voit sa condamnation suspendue pour supplément d’enquête. Elle sera rejugée le 10 mai 1944 à Stuttgart et exécutée par décapitation le jour de ses 32 ans.

Les lieux mémoriels du groupe Manouchian dans le 20e

Au Père Lachaise, un large espace appelé parfois « le panthéon des communistes » s’étire près du mur des Fédérés. C’est à cet endroit que le monument (cénotaphe) des FTP MOI a été érigé, entre la tombe de Waldeck-Rochet et le caveau du PCF.

La mosaïque posée sur la stèle est l’œuvre du mosaïste Verdiano Marzi ; sur la pierre tombale nous pouvons lire un extrait du poème d’Aragon écrit en 1956 qui leur est dédié. Ces vers seront mis en musiques et chantées en 1959 par Léo Ferré sous le titre « l’Affiche Rouge »,puis repris par Marc Ogeret, Leny Escudero et Bernard Lavilliers.

Monument FTP MOI groupe Manouchian

Monument FTP-MOI au Père Lachaise. PG

Ce monument à l’initiative du Parti communiste français a été inauguré le 20 mai 1989 par Georges Marchais, secrétaire du PCF et Henri Rol-Tanguy, entourés de la direction du parti et Mélinée, la veuve de Missak Manouchian.

Henri ROL-TANGUY, responsable des FFI de la région parisienne, a pris la parole pour notamment rappeler les faits sur les derniers jours de leur vie :

… Les nazis vont alors reprendre l’idée d’un procès public ; dans l’impossibilité de détruire la Résistance, ils vont tenter de la diviser. Ce sera le procès dit de l’Affiche rouge. La Résistance focalisée sur les étrangers et les juifs…

Procès Manouchian par la presse

La une de Paris Soir daté du 21 février 1944

Le 17 février 1944, à l’Hôtel Continental à Paris, vingt-trois FTP-MOI ayant participé à cent cinquante actions, de janvier à novembre 1943, défiaient la cour martiale.

Le 21 février, ils tomberont au Mont-Valérien… L’Affiche rouge se couvrit d’inscriptions : « martyrs », « Morts pour la France ».

L'affiche rouge, verso du tract

L’Affiche Rouge a été décliné sous form de  tract. Ci-dessus le texte imprimé au verso  « L’armée du crime »  . Wikipédia

 

En plus du cénotaphe au Père Lachaise, vous pouvez lire notre article sur la rue du groupe Manouchian, son histoire, son projet en cours et sa fresque toute proche qui lui est dédiée.

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(1) Extrait du discours de Georges Marchais le 20 mai 1989 au Père Lachaise.

Les 40 ans du TGV et le rail au Père Lachaise

 

La SNCF vient de célébrer le 17 septembre les 40 ans du TGV à la Gare de Lyon. Le président de la République Emmanuel Macron était présent et, à l’occasion de cet anniversaire, a pu dévoiler le TGV du futur, le « TGV M ».

Le train le plus rapide du monde

 

En France dès 1955, le record du monde de vitesse sur rail est monté jusqu’à 331 km/h. En 1981, ce record est battu avec le TGV qui va atteindre les 380 km/h. Le projet était à l’étude depuis 1967 et François Mitterrand, à peine élu, viendra inaugurer son lancement. D’autres records de vitesse suivront par la suite : 482,4 km/h le 5 décembre 1989, puis 515,3 km/h, le 18 mai 1990.

 

 Rame TGV - premier modèle de TGV - turbine à gaz - sncf

Essais en ligne de la rame TGV-001 entre Vesoul et Belfort, premier modèle de TGV roulant avec une turbine à gaz. Archive SNCF

 

L’exploit du 22 septembre 1981 est d’importance nationale : sur Antenne 2, le journaliste Patrick Poivre D’arvor débute son journal de 20 heures sur l’inauguration du TGV Paris-Lyon :

Madame, Messieurs, Bonsoir ! Dans la grande histoire des chemins de fer, une naissance et un baptême aujourd’hui, ceux du TGV. Ce train, super rapide, dont les premiers pas sur le papier remontent à déjà 13 ans. TGV, Train à Grande Vitesse, en effet 2h40 pour relier Lyon et Paris, 2h dans moins de 2 ans. Songez qu’au début du siècle, il en fallait 7 heures et demi.

Grâce à cette nouvelle génération de train conçue par la SNCF et Alstom -et la construction d’une nouvelle ligne de rails plus droite- les voyageurs peuvent désormais circuler à 260 km/h de moyenne.

Le résultat commercial ne se fait pas attendre et dès l’année suivante, la ligne Sud-Est affiche un excédent brut de 478 millions de francs. Avec cette performance, la clientèle d’affaires reviendra progressivement vers le train, à un tel point qu’en dix ans sa fréquentation aura augmenté de 105 %.

L’origine du chemin de fer en France

 

La première ligne de chemin de fer française date de 1827. Elle est longue de 21 km et sert à transporter le charbon des mines de Saint-Étienne à la Loire, le tout tiré par des chevaux.

Par la suite, cinq grandes compagnies ferroviaires privées vont naître et se développer. Elles seront fusionnées le 1er janvier 1938 en application du décret-loi de 1937 qui nationalise leur activité : la SNCF est née avec ses 515 000 cheminots et 42 700 km de voies. À la création de cette toute nouvelle entreprise publique, 51 % du capital appartient à l’État. Aujourd’hui, la Société Nationale lui appartient à 100%.,

Chemin de fer et SNCF au Père Lachaise

 

En 1938, le premier président de la SNCF Pierre Guinand a été premier président à la Cour des comptes. Il sera démis de ses fonctions à la SNCF sous le régime de Vichy en 1940.

À la SNCF, il y a ceux qui la président et ceux, moins connus, qui la dirigent.

Ainsi, Robert Le Besnerais devient premier directeur général de la SNCF après avoir été le dernier directeur général de la Compagnie du Nord. Né en 1893, c’est un polytechnicien formé à l’École des Mines.

 

Le Besnerais au Père Lachaise

Sépulture Jules Loebnitz et Robert Le Besnerais. PG

pierre tombale de Robert Le Besnerais

Détail de la pierre tombale de Robert Le Besnerais : sur la croix, « fondateur de la SNCF ». PG

En 1948 Robert Le Besnerais deviendra délégué général du CNPF après avoir été président de la Fédération des minerais et métaux bruts. Il décède la même année et sur sa pierre tombale, on peut lire : « Robert Le Besnerais, fondateur de la SNCF ».

À son sujet, Georges RIBEILL, directeur de recherches à l’École nationale des Ponts et Chaussées, a écrit :

Le Besnerais n’était pas aimé des syndicats car c’était avant tout un homme de dossiers, froid et méthodique. Il n’était pas assez présent sur le terrain, et la CGT a donc tenu a le faire renvoyer à la Libération. Il n’a pas été possible d’accéder aux dossiers officiels de l’épuration et d’avoir confirmation des motifs retenus contre LE BESNERAIS.

Sa tombe est commune à celle de Jules LOEBNITZ (1836-1895), célèbre céramiste et faïencier.

Gilbert Morard, de la RATP au TGV

 

Sur la stèle de Gilbert Morard figure le dessin du TGV. Lui-même est représenté sous forme d’un médaillon sculpté, son profil tourné vers le train. Quant à sa biographie, elle reste visiblement discrète : suivant le très petit nombre de sources différentes qui existent, on le désigne en tant que « dirigeant de la SNCF-train » voire même « patron de la SNCF » ou tout simplement « a participé au développement de la SNCF ».

Reste son titre énigmatique gravé sur sa stèle, effacé par le temps, et qui nous rappelle par son intitulé la nature de la Société d’État : « fonctionnaire supérieur SNCF ». Sous son portrait figure un panneau de signalisation ferroviaire, également au ¾ effacé.

Une chose est sure : Gilbert Morard était bien aux commandes lors de la création du TGV, après avoir eu la paternité de la modernisation du métro parisien. D’où en reconnaissance, tous ces tickets de métro qui décorent en nombre sa sépulture.

Gilbert Morard au Père Lachaise

Tombe de Gilbert Morard avec les tickets RATP

À propos de la RATP, signalons au Père Lachaise la tombe de Fulgence Bienvenüe, l’ingénieur qui réalise en 1900 la première ligne de métro à l’occasion de l’Exposition universelle. Lui aura eu plus de chance en termes de visibilité, avec l’ancienne station Maine, renommée Bienvenüe de son vivant en 1933.

Nous connaissons aujourd’hui cette station sous le nom de Montparnasse-Bienvenüe, rebaptisée ainsi en 1942 après la transformation des lignes de correspondance.

Tombe de Fulgence Bienvenüe - Cimetière Père Lachaise

Tombe de Fulgence Bienvenüe. PG

Napoléon et le Père-Lachaise

 

2021, c’est aussi l’année où l’on commémore en France le 200e anniversaire de la mort de Napoléon Ier, le 5 mai 1821, sur l’île de Sainte-Hélène. Mais pourquoi parler de Napoléon Ier à propos du 20e arrondissement ?… Eh bien, parce que sans lui, nous n’aurions sans doute pas le cimetière du Père-Lachaise, ses 75 000 sépultures et ses 3 millions de visiteurs par an qui en font le cimetière le plus visité du monde…

 

L’empreinte de Napoléon sur Paris

Paris porte l’empreinte profonde de Napoléon Ier qui rêvait d’en faire « la nouvelle Rome ». Mais les monuments majestueux qu’on peut encore admirer : la Colonne Vendôme, faite du bronze de centaines des canons autrichiens et russes sur le modèle de la colonne Trajane, La Madeleine, temple à la gloire des armées, l’Arc de Triomphe de l’Etoile qu’il ne verra jamais achevé, etc. – autant de clins d’œil à l’Italie – sont plutôt implantés dans l’Ouest parisien.

Napoléon a fait aussi œuvre d’urbaniste. Paris, dont la monarchie s’était peu occupée à la fin de l’Ancien Régime et qui a perdu près de 150 000 habitants après 1789, regagne à partir de 1805 des habitants, atteignant la densité de plus de 40 000 personnes au km2. Une population plus nombreuse pose des problèmes cruciaux comme celui de l’approvisionnement en eau, auquel il répond par le chantier pharaonique du percement d’un canal de 108 km depuis Mareuil-sur-Ourcq (Oise). Les canaux Saint-Denis et Saint-Martin permettent de mettre en œuvre dans la capitale un programme ambitieux de fontaines publiques.

Une autre facette de l’œuvre d’assainissement public de Napoléon a directement influé sur l’organisation et le paysage d’un petit village rural de l’Est parisien, Charonne (600 habitants en 1800).

Vue du Père-Lachaise à sa création

Vue du Père-Lachaise depuis l’entrée, par Courvoisier

Et c’est ainsi que le Père Lachaise a été créé

Dans la suite des réflexions hygiénistes de la fin du XVIIIe siècle et de la fermeture du cimetière des Innocents le 1er décembre 1780, Napoléon prend la décision d’exclure les cimetières de Paris. Un premier décret du consul Bonaparte prescrit que « chaque citoyen a le droit d’être enterré quelle que soit sa race ou sa religion ». Puis, le 12 juin 1804, un décret impérial sur les sépultures fixe définitivement les règles à appliquer pour l’emplacement et l’organisation des cimetières.

Nicolas Frochot et Alexandre Brongniart en charge de la mise en place

Chargé de mettre en œuvre ces décisions, le préfet de la Seine Nicolas Frochot (1761-1828) décide d’affecter à la création du « cimetière de l’Est », le premier envisagé, les 17 hectares de l’ancien domaine de Mont-Louis. Il s’agit de la maison de repos et de convalescence des Jésuites de Paris jusqu’à leur expulsion, en 1762, et la demeure entre autres du Père François de la Chaize d’Aix (1624-1709), confesseur du roi Louis XIV.

Alexandre Brongniart architecte créateur du Père Lachaise

Alexandre Théodore Brongniart par Béranger

En 1804, c’est Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813), par ailleurs auteur de la Bourse de Paris, qui est chargé de la conception du nouveau cimetière. Cet architecte reconnu, inspecteur général en chef de la deuxième section des travaux publics du département de la Seine et de la Ville de Paris, dessine les grands axes du cimetière sous la forme, pour la première fois, d’un immense jardin à l’anglaise, aux allées accidentées, bordées de diverses essences d’arbres et de plantes et de sépultures sculptées. Brongniart crée un parc tout en courbes, exploitant les dénivelés du terrain, ménageant les surprises et les vues sur la capitale. Il opte pour un style néoclassique très en vogue à l’époque, riche d’éléments gréco-romains et se caractérisant par une grande sobriété des formes pouvant s’accompagner de discrets décors sculptés.

Le nouveau « cimetière de l’Est » est ouvert aux inhumations le 21 mai 1804, et la première personne inhumée en « fosse temporaire individuelle » est une petite fille de cinq ans, Adélaïde Paillard de Villeneuve.

Les premières années difficiles

Mais l’engouement pour le nouveau cimetière n’est pas immédiat. Les Parisiens hésitent à faire ensevelir leurs défunts si loin de Paris. Il faudra se livrer à une véritable campagne de promotion pour redorer l’image du cimetière : en 1825, les pouvoirs publics organisent le transfert des dépouilles d’Héloïse et d’Abélard, ainsi que de Molière et La Fontaine.

Dans les années suivantes, cette politique sera poursuivie par la Restauration avec la création de plusieurs nouveaux cimetières hors des limites de la capitale : à l’ouest, le cimetière de Passy (vers 1820), le cimetière du Montparnasse au sud (1824) et le cimetière de Montmartre au nord (1825).

 

Le cimetière du Père Lachaise en 1813

Plan du cimetière Mont-Louis en 1813 par Brongniart

 

Pour en savoir plus :

Le site Internet « Père-Lachaise 1804-1824. Naissance du cimetière moderne » (notamment, https://perelachaisehistoire.fr/que-reste-t-il-du-mont-louis/ et https://perelachaisehistoire.fr/la-premiere-inhumation/).

Le renard du Père Lachaise un an après

 

En mai 2020 sur notre site, nous vous avions informés de l’apparition des quatre renardeaux au Père Lachaise. Nous étions alors en tout début de période de confinement dû au covid, le cimetière était fermé au public et la nature reprenait ses droits .

Cette information pour le moins originale avait alors obtenu un retentissement national. Et puis dans un deuxième temps, la question s’était posée, à savoir : fallait-il dans l’intérêt général les laisser sur le lieu de leur enfance ou valait-il mieux les remettre dans la nature ?

Finalement, après avis contradictoires, la décision a été prise : les renardeaux resteront au Père Lachaise.

Un an a passé depuis cette décision, et aujourd’hui que sont-ils devenus ? Sur sa page Facebook, le site d’information locale « Ménil info » nous a donné hier de leur nouvelles : voici donc la photo d’un de nos renards devenu adulte, photographié le 23 avril 2021 à 21h00 par Benoît GALLOT, conservateur du Père-Lachaise.

L’aventure continue !

L’appareil photo au Père Lachaise

 

 

Surprenante cette chapelle, avec comme inscription en façade : « La Mémoire Nécropolitaine ».

Elle se trouve particulièrement bien située, bien visible près du rond-point Casimir Périer. Intrigante aussi : S’agit-il d’un monument ou d’une sépulture ?

En apparence, plutôt un monument puisque personne n’y est enterré… pour l’instant. Parce qu’en réalité, son heureux concepteur/propriétaire est bien vivant, et par ailleurs reconnu en tant que spécialiste des cimetières.

Il s’appelle André Chabot, il a restauré cette ancienne chapelle à son image et a créé également d’autres tombes au Père Lachaise : nous l’avions déjà cité le 4 janvier dernier, dans notre article Stèle d’immeuble, histoire d’un legs :

https://ahavparis.com/stele-dimmeuble-histoire-dun-legs/

 

Lui-même passionné de monuments funéraires, André Chabot a traversé le monde et s’est ainsi constitué un fonds photographique de 220 000 captures d’images qui ont été exposées dans de nombreux pays.

André Chabot devant sa réalisation

 

Quant à cette chapelle, elle est bien prévue pour lui et sa femme. À l’occasion de la mise en place de l’appareil photo qui pèse 950 kg, un reportage professionnel (11mn) nous  donne de manière conviviale la description détaillée de cet ensemble : « La  Mémoire Nécropolitaine » est mise en ligne depuis le 7 mai dernier, André CHABOT nous y présente son œuvre dans la bonne ambiance. Et Anne, sa femme souriante, est avec lui.

https://www.youtube.com/watch?v=GpkKKEjlP2c