Ce 29 avril 1945, il y a tout juste 80 ans, les femmes ont  pu enfin aller voter en France, Elles sont devenues politiquement citoyennes à part entière à l’occasion de ce premier tour des élections municipales. La route pour obtenir ce droit aura été longue et Hubertine Auclert -féministe célèbre enterrée au Père Lachaise- a milité une bonne partie de sa vie pour faire obtenir ce droit.. 

Nous publions à nouveau l’article qui lui est consacré, paru pour la première fois le 17 avril 2021.

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Hubertine Auclert, le journal retrouvé

« Du 151 de la rue du de la Roquette au Père-Lachaise, le trajet est court » nous écrit le 10 avril 1914 le journaliste des Nouvelles. En effet, Hubertine Auclert vient de décéder deux jours plus tôt. Sa tombe se trouve en face de celle de Balzac, sur le chemin des derniers combats de la Commune, lors de la Semaine sanglante.

Le Monde daté du 16 avril 2021 nous informe que l’historienne Nicole Cadène a retrouvé son journal et vient de faire paraître le livre qui lui est consacré.

 

Le féminisme, ou le vote au féminin

Féministe, comme elle se définit elle-même, Hubertine Auclert -par ailleurs une des premières franc-maçonnes- va consacrer sa vie à lutter pour le droit des femmes. Elle préfère commencer par le droit de vote et le droit de se présenter aux élections, objectif prioritaire et plus pérenne à ses yeux que militer l’égalité des droits sociaux.

Au printemps 1877, elle lance un appel aux femmes de France. Le Gaulois du 30 septembre 1877 en fera un article polémique avec en titre : « Le Manifeste de ces dames ». Son rédacteur écrit en introduction : « je reçois aujourd’hui de cette indépendante dame un manifeste électoral, dont la galanterie française m’interdit de refuser l’insertion ».

Badge "lutte des femmes"

Tombe d’Hubertine Auclert en mars 2023-PG

Et de son côté, Hubertine Auclert en appelle aux électeurs masculins, puisqu’à cette époque eux seuls ont le droit de voter :

 

« Citoyens,

Au moment où s’ouvre la période électorale, laissez-nous vous confier une mission solennelle : celle de voter pour nous…Ces neuf millions de femmes sont assujetties aux mêmes lois répressives que les hommes, aux mêmes contributions ; cependant elles ne délèguent aucun mandataire pour prendre leurs intérêts dans la confection des lois et des budgets… »

 

Droit de vote des femmes

Affiche la Société pour l’amélioration du sort de la femme en 1925-BnF

 

Trois ans plus tard, elle écrit une lettre qui sera rendue publique :

« Puisque je n’ai pas le droit de contrôler l’emploi de mon argent, je ne veux plus en donner. … Je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges ; je ne vote pas, je ne paye pas ».

Droit de vote par ordonnance et postérité

Nous savons ensuite que la route sera longue après sa mort pour accéder enfin à ce que nous considérons aujourd’hui comme un droit fondamental : les femmes auront encore attendu trente ans après son décès le droit de pouvoir voter, grâce à une ordonnance datée du 29 avril 1944.

Hubetine Auclert dans le 11e arrondissement

Hubetine Auclert, plaque rue de la Roquette où elle a habité-PG

Quant à sa postérité, une plaque commémorative sera posée en 1924 sur le mur de la maison où elle est morte : au 151, rue de la Roquette. Plusieurs rues en France et une place dans le 11e arrondissement porteront le nom d’Hubertine Auclert.

Enfin en 2009, son nom sera également donné au Centre francilien pour l’égalité femmes–hommes.

Le 7 novembre 2011, la vie engagée d’Hubertine Auclert a fait l’objet d’une conférence à deux voix, à la BnF. À voir en cliquant sur le lien ci-dessous.




Alain Decaux raconté
Conférence animée par Thierry Halay

Historien et conteur hors pair, Alain Decaux aura passionné pendant des années des millions d’auditeurs, de téléspectateurs et de lecteurs.

Né à Lille en 1925, il s’oriente très tôt vers le journalisme et l’écriture, influencé par ses premières lectures et un grand-père instituteur. Il sera un pionnier de l’Histoire à la radio avec La Tribune de l’Histoire, puis à la télévision avec des émissions aux titres restés célèbres : La caméra explore le temps ou Alain Decaux raconte.

Cet homme-orchestre de l’Histoire est aussi le prolifique auteur d’une cinquantaine de livres et d’une vingtaine de scénarios de films et de spectacles, notamment pour Robert Hossein. Son talent d’écrivain et ses multiples ouvrages seront consacrés par son élection à l’Académie française en 1979.

Il a enfin été lui-même acteur de l’Histoire en étant ministre de la Francophonie de 1988 à 1991.

Il repose avec une partie de sa famille au cimetière du Père-Lachaise, non loin de personnages historiques qu’il a évoqués au cours de ses nombreux récits.

Couverture du livre Alain Decaux raconté par Thierry Halay aux éditions l'Harmattan

Thierry Halay est l’auteur d’articles et de livres historiques, cofondateur et président d’honneur de l’AHAV. À l’occasion de cette conférence, il signera son livre Alain Decaux raconté.

 

La conférence a lieu :

📅 Jeudi 15 mai 2025
🕡 À 18h30 précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement

   Entrée gratuite, nombre de places limité, uniquement sur inscription par mail à ahav.paris20@gmail.com

 

Affiche de la conférence du 15 mai 2025 de Thierry Halay "Alain Decaux raconté"




Le blason du 20e arrondissement

 

À Paris, la campagne municipale vient d’être lancée. Les élections auront lieu dans un an, normalement en mars 2026. L’occasion de nous rappeler que chaque mairie d’arrondissement dispose de son propre logo, auquel s’ajoute celui de l’Hôtel de Ville. Quant à notre association, elle se distingue par son propre blason, bien différent de celui de la mairie du 20e. En voici l’origine.

Robert Louis, artiste héraldiste

À sa fondation en 1991, l’AHAV a pris pour sigle le blason du 20e arrondissement. Dessiné pendant la seconde guerre mondiale par l’artiste héraldiste Robert Louis, ce blason a été homologué par la Commission d’héraldique de la Seine dans sa séance du 26 février 1944 (Archives nationales, Inventaire du fonds Robert et Mireille Louis 748AP/60).

Robert Louis était un spécialiste d’héraldique, dessinateur héraldiste français, né à Douai le 20 février 1902 et mort à Vincennes le 22 septembre 1965. Ingénieur textile de formation, il étudie les documents anciens du Musée des Tissus à Lyon. De 1939 à 1944, il est officier de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, puis il est détaché au service historique des armées.

Tampon commercial Robert Louis artiste heraldiste

Tampon commercial de Robert Louis – Archives Nationales

Son tampon commercial porte les mentions :

Robert LOUIS
ARTISTE HÉRALDISTE
Dessinateur Symboliste des Services Officiels
18, Avenue de Paris, 18
VINCENNES (Seine) – Tél. DAU. 25-30

De 1943 à 1965, Robert Louis dessine la quasi-totalité des timbres des séries de blasons des provinces françaises et des villes de France. En 1966, sa fille Mireille prend sa succession.

Le dossier des Archives nationales contient une carte postale double en couleurs représentant les SYMBOLES HERALDIQUES DES VINGT ARRONDISSEMENTS DE PARIS entourant les Grandes armes de la ville de Paris.

 

Carte postale double en couleurs représentant les symboles héraldiques des 20 arrondissements de Paris

Les blasons des arrondissements, carte postale de Robert Louis – Archives Nationale 748AP

 

Le blason du 20e arrondissement

Voici la description du blason du 20e arrondissement dans le langage héraldique :

De gueules au chevron d’argent chargé de cinq pals ondés d’azur accompagné en chef à dextre d’une branche de lilas d’or fleurie d’argent à senestre d’une grappe de raisin d’or tigée et feuillée d’argent et en pointe d’une tour d’or mouvant de la pointe maçonnée de sable sommée d’un télégraphe optique Chappe d’argent

La signification des symboles a été précisée par le créateur du blason dans une note manuscrite :

Symboles :
– Le chevron indique que le point culminant de Paris se trouve dans le 20e arrondissement rue du Télégraphe
– Les pals ondés chargeant le chevron symbolisent les nombreux ruisseaux qui descendaient jadis des hauteurs de Belleville et qui ont laissé leurs noms à des rues du 20e
– La branche de lilas rappelle les forceries de lilas qui existaient dans l’arrondissement
– Le pampre symbolise les jardins, les guinguettes et les folies qui faisaient autrefois le caractère de Belleville et de Ménilmontant
– La tour et le télégraphe rappellent que c’est dans la partie haute du 20e arrondissement que Chappe avait fait son premier essai de télégraphe optique.

 

Note manuscrite de Robert Louis précisant la signification des symboles utilisés dans le blason du 20e

Note manuscrite de Robert Louis – Archives Nationales

 

Ainsi, pour caractériser le 20e arrondissement, trois éléments appartenant au patrimoine du quartier de Ménilmontant ont été choisis par Robert Louis. Ils respectent en cela le nom officiel d’« Arrondissement de Ménilmontant » attribué en 1860 lors du rattachement à Paris des villages et hameaux de la périphérie et de la création des 20 arrondissements de Paris.
L’article R. 2512-1 du code général des collectivités territoriales précise en effet que le 20e arrondissement porte également le nom d’« arrondissement de Ménilmontant », même si cette appellation est rarement employée dans la vie courante.

Ces éléments sont :

  • la grappe de raisin d’or tigée et feuillée d’argent symbolisant les vignobles qui couvraient les pentes de Ménilmontant et les guinguettes qu’elles abritaient aussi,
  • le télégraphe rappelant les essais de Claude Chappe qui eurent lieu sur l’emprise du château de Ménilmontant,
  • les cinq pals ondés d’azur figurant les cours d’eau ruisselant des hauteurs de Ménilmontant.

 

Du blason au logo

Aujourd’hui, nous ne parlons plus de blason, mais de logo. Il y a deux ans, la mairie du 20e s’est choisi un nouveau logo, le précédent ayant été utilisé pendant 14 ans.

Logo de la mairie du 20e créé en 2023 par l'agence Graphéine

Logo de la mairie du 20e arrondissement

Que reste-t-il de ces blasons ? 

Finalement, de l’utilisation de ces dessins proposés par Robert louis, aucune décision municipale locale ne l’officialisera en tant que blason. Aucune, sauf une : la mairie du 16e arrondissement.

Logo du 16e arrondissement de Paris

Logo de la mairie du 16e arrondissement

Il y a tout juste 150 ans, le 26 mars 1875, Agricol Perdiguier décèdait à Paris. Sa tombe au Père Lachaise, originale  par les symboles qui y figurent, se situe non loin de l’entrée Gambetta. Nous republions ici notre article paru pour la première fois le 1er juin 2022.

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Une plaque en hommage à Agricol Perdiguier

Les Compagnons de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis et la Société des Compagnons et Affiliés, Menuisiers et Serruriers du Devoir de Liberté annoncent l’inauguration d’une plaque en hommage à

Agricol PERDIGUIER

le samedi 4 juin 2022, à 14h30,
au 16, passage de la Bonne Graine, Paris 11e

Plaque Perdiguier 4 juin 2022

Invitation à la pose de la plaque à la mémoire d’Agricol Perdiguier

 

Agricol Perdiguier, dit Avignonnais la Vertu (1805-1875)

Compagnon menuisier du Tour de France, écrivain et député, il repose au cimetière du Père-Lachaise (85e division), sous un curieux monument, en forme de ruche symbolisant le travail collectif. Selon sa volonté, il a eu droit à des funérailles civiles. Perdiguier est sans doute le compagnon du devoir (de liberté) le plus connu des historiens et sa tombe fait toujours l’objet de fréquentes commémorations de Compagnons de tous rites.

Perdiguier, une ruche comme symbole

Tombe d’Agricol Perdiguier au cimetière du Père-Lachaise (85e division)-PG

Compagnon du Tour de France

En 1823, à 17 ans, il entre chez les Compagnons d’Avignon pour apprendre le dessin technique (l’art du trait) et devient affilié chez les Compagnons du Devoir de la Liberté. Bientôt, il commence son Tour de France qui va le mener de Marseille à Nîmes, puis à Montpellier, où il est fait compagnon reçu sous le nom d’Avignonnais la Vertu, de Béziers à Bordeaux, enfin de Nantes à Chartres où il devient compagnon fini.

Puis, il gagne Lyon où il est placé à la tête de sa « Société » comme premier compagnon, puis dignitaire.

Dans toutes ces villes, il découvre le combat fratricide des différentes sociétés de compagnonnage, reflet des conflits sociaux de cette époque. Convaincu de l’inutilité des conflits entre compagnons de différents devoirs, pour faire mieux passer ses idées sur « l’indispensable réunification », il compose des chansons qu’il réunit en cahiers et fait distribuer gratuitement à travers la France.

Perdiguier et l'indispensable réunification

La réconciliation des compagnons. Lithographie éditée par A. Perdiguier. Cliché MUCEM

Perdiguier complète son éducation, lit beaucoup, notamment les poètes et Voltaire. En 1839, il publie son célèbre Livre du Compagnonnage, le premier écrit sur les compagnons et par un compagnon, qui attire l’attention d’intellectuels comme Eugène Sue et George Sand, dont il devient un ami très proche. Paru à compte d’auteur, cet ouvrage, tout en décrivant les différents Devoirs compagnonniques,dénonce leur manque de fraternité et propose de moderniser les structures, de développer le rôle de société de secours mutuel et de formation professionnelle.

Livre d'Agricol Perdiguier

Le Livre du Compagnonnage, éd. 1857

À travers ses ouvrages publiés ensuite, Perdiguier se montre l’ardent ouvrier de la réconciliation entre les différentes sociétés de compagnonnage. Pour lui, tout passe par l’éducation et la lecture.

Malade des yeux, blessé à la main, il doit abandonner l’établi pour se consacrer à l’enseignement du trait. Passionné par le livre et l’écriture, il ouvre à Paris, dans le faubourg Saint-Antoine, une librairie où il donne ses cours, fréquentés par Gambetta, Jules Ferry et d’autres acteurs sociaux de l’époque.

Ce travailleur autodidacte qui connaissait et citait Socrate, Platon, Aristote et… Machiavel, admirait chez les Modernes aussi bien Chateaubriand que Victor Hugo, Eugène Sue et George Sand.

Républicain engagé et franc-maçon

Très actif durant la révolution de 1830, il se rapproche de son compatriote François-Vincent Raspail au cours de l’insurrection provoquée par les incidents du 5 juin 1832, lors des funérailles du général Lamarque.

Républicain de conviction, il prend position pour la laïcité de l’enseignement. La fraternité, l’entraide mutuelle et l’accès à l’instruction sont les moteurs de son action qui se déplace sur un terrain plus politique. En 1846, il est initié à la franc-maçonnerie, dans la loge parisienne « Les hospitaliers de la Palestine » du Suprême Conseil de France.

Perdiguier en bande dessinée

Agricol Perdiguier en BD par François Icher et Mor, Cairn, 2021

Défenseur des ouvriers charpentiers lors de la grève de 1845, combattant inlassablement la présence du « troisième ordre » (caste aristocratique et patronale) dans le compagnonnage, Perdiguier est conscient que la défense des travailleurs nécessite une action politique. Il répond à l’appel de Raspail, le 24 février 1848, lorsqu’il proclame la République à l’Hôtel de Ville de Paris.

Perdiguier se présente à la députation et, avec l’appui de Béranger, de Lamartine et de George Sand, il est élu dans la Seine et dans le Vaucluse. Il choisit la Seine et siège sur les bancs de la Montagne. Son opposition au coup d’État du 2 décembre 1851 lui vaut l’exil politique en Belgique. Il rejoint Genève, où il reprend son métier de menuisier et ses cours de dessin, et entretient une correspondance avec d’autres proscrits comme Victor Hugo et il écrit Mémoires d’un Compagnon en 1854.

Après la proclamation de la République, en septembre 1870, il est nommé maire-adjoint du 12e arrondissement de Paris, fonction qu’il occupe pendant le siège de la capitale. En tant qu’adjoint, il préside à l’élection des chefs de sections d’un grand nombre de compagnies de Gardes Nationaux et tente d’organiser la défense de Paris dans son secteur.

La maladie le contraint à démissionner et il continue ses combats par la plume pour le suffrage universel, l’abolition de la peine de mort, la liberté de la presse et la suppression du budget des cultes.

Agricol Perdiguier meurt à Paris, le 25 mars 1875, dans une grande pauvreté, laissant le souvenir d’un homme qui n’a travaillé qu’à un seul but : le bonheur et le bien-être des travailleurs.

Livre d'Agricol Perdiguier

Perdiguier, Mémoires d’un Compagnon, 1854

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Pour en savoir plus :

https://fr.wikipedia.org/w iki/Agricol_Perdiguier

Les Mémoires d’un compagnon ont été rééditées par Alain Faure, Maspero, 1977, La Découverte, 2002.

Les 2 tomes du « Livre du compagnonnage » (édition 1857) d’Agricol Perdiguier sont accessibles et téléchargeables ici :

Tome 1  : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5684793z?rk=42918;4  (322 pages)
Tome 2 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5684841k?rk=21459;2# (310 pages)

Dans le cadre de notre partenariat avec Histoire et Patrimoine du 12e, Jean-Marc Cholet, administrateur de l’association, nous propose cette visite guidée.

Découverte du faubourg Saint-Antoine… ou du travail du bois à la start-up

A l’origine de cette rue, un chemin traversait un hameau et des marécages où se trouvait l’abbaye Saint Antoine qui va donner son nom à cet axe. Axe devenu majeur dans les liaisons Est–Ouest. C’était le lien entre les châteaux royaux de Vincennes, Paris et Saint Germain en Laye.

C’est le chemin royal après les couronnements à Reims avant d’entrer dans Paris par la porte Saint Antoine. Cette rue de 1 800 m entre la place du Trône (Nation de nos jours) et la Bastille voit sa largeur varier entre 17 m et 30 m, un lieu idéal pour dresser des barricades…

Notre visite se concentrera sur un quadrilatère de 500 m de côté. Le clou de cette promenade réside dans la découverte d’une dizaine de cours et de passages. Ce sont des endroits où l’on peut imaginer le Paris artisanal et industrieux des siècles passés dans un calme absolu.

Plan de l'abbaye St Antoine

Plan de l’abbaye St Antoine

Ces temps calmes nous permettront d’aborder par séquences :

  • l’histoire de l’Abbaye aux Dames de Saint Antoine des Champs fondée au début du XIIIème siècle et disparue en 1795 ;
  • un écosystème avant l’heure constitué par la proximité de stocks de bois disponible sur le quai de la Rapée, une exemption royale pour les artisans de se dispenser de dépendre des corporations et de ce fait de pouvoir inventer de nouveaux meubles avec une variété d’essence (ex : les placages en ébène feront les ébénistes) ;
  • l’histoire du quartier ne se résume pas à la seule activité du meuble. Il faut ajouter le textile (toile, bas) les miroirs, le travail des métaux, le papier peint…
  • la visite de la cour du Bel-Air sera l’occasion d’évoquer la présence des Mousquetaires Noirs qui résidaient depuis 1699 dans une caserne située rue de Charenton. La caserne sera transformée à la fin du XVIIIème siècle en hospice pour les aveugles, les Quinze-Vingts…
  • le passé agité du quartier sera évoqué avec les révoltes du XVIIIème et XIXème siècle.

La promenade se terminera par une observation et une réflexion sur ce qui reste du domaine du meuble après six siècles d’activité.

Commode réalisée rue de Charenton

Commode réalisée par Pierre MIGEON IV (1696 – 1758) – L’atelier de cet ébéniste-marchand était situé rue de Charenton – Ce meuble est conservé au musée Louis VOULAND à Avignon

Jeudi 3 avril à 14h30
15 personnes maxi
Date limite d’inscription : 27 mars
 

Les visites guidées sont réservées à nos adhérents ; le lieu de rendez-vous sera indiqué après inscription sur ahav.paris20@gmail.com.



Le Père Lachaise au féminin

Conférence animée par Camille Paix

Mère Lachaise en 100 portraits. Éditions Cambourakis

 

Si les allées du Père-Lachaise sont désormais une promenade parisienne incontournable, le cimetière du XXe arrondissement doit surtout sa popularité aux hommes célèbres qui y sont enterrés. Et pourtant, nombreuses sont les femmes, écrivaines, peintres, comédiennes, cinéastes, acrobates, mathématiciennes, résistantes ou encore militantes féministes, qui ont pour dernière demeure le cimetière parisien. Au Père-Lachaise, à côté des Molière, Oscar Wilde ou Jim Morrison, elles attirent peu les touristes.

Notre conférencière, Camille Paix, journaliste à Libération, s’est lancée sur leurs traces et compulse depuis plusieurs années les archives pour exhumer leur passé.

La conférence a lieu :

📅 Mercredi 19 mars 2025
🕡 À 18h30 précises
🪧 À la Mairie du 20e arrondissement, 6 place Gambetta, salle des mariages

     Entrée gratuite, nombre de places limité, uniquement sur inscription par mail à ahav.paris20@gmail.com

 

Père Lachaise au féminin conférence

Père Lachaise au féminin, affiche de la conférence

 

Le Père-Lachaise revient vers nous en actualité  à l’occasion des 120 ans de la loi de 1905. Un rappel  à propos de notre loi de séparation des églises et de l’État votée très précisément le 9 décembre 1905. Dès le début de cette année 2025, l’événement est déjà largement médiatisé et le sera tout au long de ces prochains mois.

Père-Lachaise : religion et laïcité au 19ème siècle

 

Il faut savoir qu’en France et dans chaque service public, une action sur la laïcité doit être organisée en ce jour anniversaire. 

Il en est ainsi depuis 2015 à l’Éducation nationale : chaque 9 décembre est l’occasion de mettre en place pour les élèves une action liée à la laïcité. Cette journée a été étendue à toute la Fonction publique depuis 2021.

Plus localement, nous avons la chance de disposer dans notre arrondissement de ce cimetière-musée pas comme les autres et entièrement géré  par la mairie de Paris.

Le Père-Lachaise et l’intégration des croyances

Alors, laïc notre cimetière ? En tout cas il s’agit bien du premier cimetière en tant que tel et qui ait jamais existé en France. Mais pas si simple tout au long du 19ème  siècle. En fait, le Père Lachaise a dû s’adapter et se développer suivant les décisions des différents régimes politiques qui se sont succédés.

L’intégration des croyances se déroule progressivement dès sa création en 1804. Elle se poursuit jusqu’au tout début du 20ème siècle.

Le Père-Lachaise - Tombes crématorium

Tombes du Père-Lachaise près du crématorium-PG

Les anciens enclos et les monuments -religieux et laïcs- au Père-Lachaise

L’intérêt de cette balade est bien évidemment de nous guider uniquement vers son approche historique, celle de l’évolution du cimetière à travers le temps. Pas de croyance, uniquement la connaissance des faits dans le passé.

Deux heures de balade à travers les enclos, les monuments et quelques tombes pour mieux comprendre l’aventure de notre cimetière… avant d’aboutir à celui que nous connaissons aujourd’hui.

Philippe Gluck, président de l’AHAV, propose cette visite guidée, gratuite sur inscription (cliquez ci-dessous) et réservée  aux adhérent-e-s.

Elle est limitée à 20 membres et le lieu de rendez-vous  sera envoyé en retour avec la confirmation de votre inscription.

samedi 29 mars 2025 à 10h précises

15 personnes maximum

(Date limite d’inscription : 22 mars)



Un historien de Belleville s’en est allé : Maxime BRAQUET (1945-2025)

 

Nous apprenons avec grand regret le décès à Paris, le 27 janvier 2025, de notre ami Maxime Braquet, qui fut un historien passionné et prolifique de Belleville et de ses environs.

Né en 1945, Maxime Braquet avait été correcteur puis réviseur pour diverses revues et journaux, dont le magazine gastronomique Le Gault & Millau, Jeune Afrique, Usine Nouvelle, Courrier international, le Chasseur français…

Ainsi, il était un « homme de lettres ». Il entretenait aussi une relation passionnée avec les livres, des livres dont la lecture alimentait une autre de ses passions : la connaissance du passé nos quartiers de l’Est parisien. Maxime Braquet était un curieux infatigable et un bon connaisseur de notre arrondissement. On lui doit un nombre considérable d’articles très bien documentés sur divers aspects de l’histoire de Belleville et de Ménilmontant. Un travail titanesque de recherche et de rédaction qu’il a continué en permanence à enrichir.

S’il n’était pas historien de formation, il maitrisait parfaitement la recherche documentaire et connaissait bien les bibliothèques patrimoniales et les archives parisiennes, dans lesquelles il passa beaucoup d’heures heureuses…

Maxime Braquet aimait à partager sa passion et son savoir. Il a ainsi collaboré avec générosité avec plusieurs groupes d’histoire locale de l’Est parisien, dont l’AHAV, et, dès 1990, avec le magazine Quartiers Libres en version papier. Il a aussi longuement et étroitement coopéré avec le site www.des-gens.net, sur lequel nombre de ses articles sont toujours accessibles. On en trouvera aussi sur le site  habitantsduplateaudesbutteschaumont.blogspot.com

 

Maxime Braquet sur la butte Bergeyre en 2019

Maxime Braquet sur la butte Bergeyre en 2019

 

L’Association d’histoire et d’archéologie du 20arrondissement de Paris a eu, à plusieurs reprises, le plaisir d’accueillir Maxime Braquet dans ses réunions à la Mairie du 20e arrondissement. Ces conférences, toujours suivies avec intérêt par un public curieux de mieux connaître l’histoire de notre arrondissement, ont été publiées dans notre Bulletin :

  • « Jean Dolent, l’amoureux d’art, un Bellevillois remarquable du XIXe siècle », n° 27, 3e trim. 2003.
  • « La gloire de la Courtille. Des cabarets aux cinémas de quartier (1800-1975) », n° 30, 3e trim. 2004.
  • « Le site Carré de Baudouin. 300 ans d’histoire d’un lieu inspiré de Ménilmontant », n° 37, 3e trim. 2006.
  • « Ménilmontant en goguettes. A l’aube du mouvement ouvrier (1815-1850) », n° 38, 4e trim. 2007.
  • « Belleville – Ménilmontant, une grande page du mouvement ouvrier : juin 1848 », n° 41, 4e trim. 2008.
  • « Souvenirs du Théâtre de Belleville », n° 45, 2e trim. 2010.
  • « De Belleville à Romainville dans les romans de Paul de Koch », n° 54, 2e trim. 2013.
  • « Les bals musette de Belleville-Ménilmontant », n° 63, 2e trim. 2016.
  • « Un grand peintre à la rencontre de notre Montagne : Eugène Carrière » (avec Sylvie Legratiet), n° 65, 2e trim. 2017.

Il est possible de se procurer ces bulletins sur cette page.

Nous nous associons à tous ceux qui rendent aujourd’hui hommage à Maxime Braquet et à l’œuvre qu’il nous laisse.

La crémation de Maxime Braquet se déroulera le lundi 24 février 2025, à 11h00, au Crématorium du cimetière du Père-Lachaise, 71 rue des Rondeaux, 75020 Paris. Une occasion de rendre un dernier hommage à l’ami Maxime !

 

Un historien de Belleville s’en est allé : Maxime BRAQUET

Comme chaque année, la mairie du 20e organise une commémoration en hommage au groupe Manouchian. Elle  a lieu :

📅 Vendredi 21 février 2025
🕒 17h30
📍 Passage du Surmelin, puis rue du groupe Manouchian

À l’occasion de  cette commémoration dans notre arrondissement, nous republions cet article paru pour la première fois le 13 février 2024

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Le monument FTP-MOI au Père Lachaise,

l’œuvre associée au groupe Manouchian et son inauguration

Ce 21 février 2024 a lieu la panthéonisation de Missak Manouchian avec sa femme, Mélinée. La ville de Paris commémore chaque année les FTP-MOI dans notre arrondissement, rue du Groupe Manouchian. Au-delà du nom de leur rue, plusieurs œuvres ici nous rappellent à eux : les plaques commémoratives dans cette même rue, l’activité de l’association l’Affiche Verte Manouchian (AVM) toujours pleine de projets sur place pour les mettre en valeur, et non loin une grande fresque de Popof rue du Surmelin.

Après différents articles que nous lui avons consacrés, nous abordons ici tout spécialement la présentation du monument FTP-MOI du Père Lachaise et son inauguration. Missak Manouchian en a été le commandant pour Paris.

Foule monument FTP-MOI - Cimetière Père Lachaise Paris

Rassemblement devant le monument FTP-MOI- PCF

L’origine du sigle « MOI »

Il faut se souvenir qu’en 1925, le PCF avait créé la MOE, une section du parti pour y intégrer -de manière séparée- la Main d’Œuvre Étrangère. Dans les années 1930, cette dénomination sera remplacée par l’acronyme « MOI », Main d’Œuvre Immigrée, jugée moins péjorative.

Elle deviendra une composante des FTP pendant la guerre, d’où le nom accolé, FTP-MOI. Quant à Missak Manouchian, il adhère au PCF en 1934 et intègre la MOI, section qui va plus tard naturellement devenir clandestine. Leur mission est plus précisément d’harceler l’ennemi par des actions terroristes et tenir Paris.

Leurs actions de résistance, puis l’Affiche rouge de la propagande nazie, leur arrestation et leur exécution sont gravés  dans nos mémoires sous différentes formes et à différents endroits.

20 mai 1989 au Père Lachaise, l’hommage des communistes aux combattants FTP-MOI.

L’initiative du monument au Père Lachaise en revient à Rol Tanguy, chef des FFI d’Ile de France, puis membre du comité central du PCF en 1962. Cette année-là il va même lui être demandé de se présenter aux élections législatives dans la circonscription Charonne-Père Lachaise.

Parallèlement en juillet 1962 quatre concessions à perpétuité sont achetées par le PCF, sans affectation, près du mur des fédérés. L’un de ces emplacements sera ainsi disponible en 1989 pour y installer ce cénotaphe.

la mosaïque FTP-MOI

Discours de Georges Marchais, à gauche du monument FTP-MOI- PCF

Sur la tribune montée à côté du monument, Georges Marchais secrétaire national du PCF prend la parole devant la foule rassemblée. Dans son discours, il présente

« Ces héros, ces martyrs (qui) n’étaient pas nés dans notre pays. Juifs, ou révolutionnaires -et, bien souvent, juifs et révolutionnaires-, ils avaient dû fuir leur patrie parce que le fascisme les en avait chassés ».

À la fin des discours, Georges Marchais demande à Rol Tanguy de venir auprès de lui pour dévoiler la stèle ; leurs rapports ne sont pas très bons et selon Jean Vigreux, historien, expert à la Fondation Jean Jaurès et rédacteur à l’Humanité, Rol Tanguy refuse.

 

De son côté, Gaston Plissonnier justifie le choix de l’emplacement, c’est-à-dire celui à la 97ème division face au mur des fédérés. Il se trouve situé entre la tombe dédiée au Comité national du PCF et celle de Waldeck Rochet :

« La MOIa aujourd’hui une place à elle tout près des tombes des dirigeants du parti communiste, français, de personnalités progressistes, de personnalités illustres, de témoignages d’hommage aux déportés ».

Six ans plus tard, lui-même sera d’ailleurs enterré dans cette tombe mitoyenne du Comité national du PCF.

Le monument présenté par son mosaïste

La stèle du monument est l’œuvre de l’architecte Jean-Michel Daquin et du mosaïste Verdiano Marzi qui explique les choix du lieu retenu et sa composition personnelle.

 

Dernières finitions du monument FTP-MOI

Monument FTP MOI, mosaique en cours de montage-PCF

 

Avec des petits cubes de couleur (tesselles) provenant d’Italie, « le rouge d’Alicante, les marbres marrons d’Europe centrale, le grand bleu d’Argentine et du Brésil, nous avons conçu le monument comme un engagement fait de respect et d’admiration pour les combattants de la MOI, l’un de nous étant lui-même immigré.

L’œuvre s’intègre à la solennité du lieu avec ce qu’il représente comme mémoire de l’histoire française et de sa culture. Lieu de visite très fréquenté, chacun y reconnaîtra des symboles. Ceux qui sont suggérés nous paraissent accessibles à toutes les cultures. »

Morts pour la France, en majuscules

Les strophes d’Aragon gravées au pied de la stèle FTP-MOI-PG

Pourquoi une réalisation si tardive ?

Danielle Tartakowsky, professeure émérite d’histoire contemporaine, constate le fait qu’à coté de cette œuvre se trouve le monument qui date de 1975 « en hommage aux femmes communistes qui ont donné leur vie pour la victoire de la liberté contre le nazisme pour le triomphe de la paix ».

Pourquoi ces deux mémoriaux érigés si tard ? Elle nous fait remarquer qu’« ils ont pour effet pervers de souligner que les deux groupes concernés avaient jusqu’alors été sous-représentés, voire ignorés ».

Peut-être aussi, parce que quatre ans avant l’installation de ce monument, un documentaire très controversé sur cette période passe à la télévision sur Antenne 2 :  il s’intitule « des terroristes à la retraite » de Mosco Boucault, et fait l’objet de polémiques au point d’être censuré pendant près de deux ans. Dans ce long métrage, Mélinée Manouchian met en cause le Parti Communiste, en l’accusant d’avoir sciemment envoyé le groupe à une mort certaine. À signaler la participation de Simone Signoret (au Père Lachaise) en tant que récitante du documentaire.

Pour autant le 20 mai 1989, Mélinée Manouchian sera présente à l’inauguration parmi d’autres personnalités. Elle décédera six mois plus tard.

Mélinée Manouchian, jardin dans le 20e arrondissement

La fresque de Mélinée, rue du groupe Manouchian-PG

Les FTP dans le 20e

À la Libération de Paris, le 23 août 1944, les résistants FTP interviennent à la station de la Petite Ceinture, gare de Ménilmontant. Ceux du réseau Nord-Libération et un groupe local de résistants (le groupe Piat, du nom de la rue voisine) font prisonniers les soldats allemands et s’emparent du train. Dans cet assaut, cinq résistants ont été tués. Aujourd’hui, trois plaques mémorielles restent visibles : sur la passerelle rue de la Mare, rue de Ménilmontant sur la grille au- dessus de la voie ferrée, et au 26 rue Piat.

Sans oublier Salomon Jacob, évadé de l’hôpital Tenon le 23 novembre 1941 après avoir été interné au camp de Drancy, réservé aux juifs. Il rejoindra les FTP-MOI en mars 1943 et décédera en Roumanie en 1988. Un an avant l’inauguration du monument.

Il y a 50 ans nous quittait Pierre Dac

 

 

Comment être sérieux quand on parle de l’inventeur du Schmilblick, un objet « rigoureusement intégral, qui ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout » ?

Pierre Dac, ce célèbre humoriste, un résistant, un créateur de journal et d’émissions radiophoniques, toujours dans le domaine de son talent. Il est décédé il y a tout juste cinquante ans, le 9 février 1975.

Il est né à Châlons-sur-Marne en 1893, et a très sérieusement demandé que, compte tenu de ses origines juives, elle soit rebaptisée Chalom-sur Marne. Son père Salomon, boucher de profession, était un homme plein d’humour connaissant la langue des bouchers, le louchebem. Il a été pour lui sa première source d’inspiration.

Pierre Dac est un bon élève, mais en 1908 son goût pour les farces lui vaut à l’âge de 15 ans d’être renvoyé de son lycée : il avait accroché un hareng saur à la queue de l’habit d’un professeur, ce qui a marqué la fin de ses études.

Humoriste à partir des années 1920

Au début de la guerre de 14-18, au lendemain de ses vingt ans, Il est mobilisé puis plusieurs fois blessé. Après la Première Guerre mondiale, Pierre Dac vit de petits métiers à Paris. Sa carrière d’humoriste commence dans les années 1920, et il obtient très vite du succès. Un humour tout personnel avec ce genre d’intervention :

À l’éternelle triple question toujours demeurée sans réponse : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? » je réponds : « en ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne ».

En 1935, il crée une émission humoristique de radio, La Course au Trésor, et en anime une autre, La Société des Loufoques, puis il fonde L’os à moelle, organe officiel des loufoques.

Pierre Dac rejoint Londres en 1943 après beaucoup de péripéties, et travaille dans l’équipe de Radio Londres « Les Français parlent aux Français ».

Il forme après la guerre, avec son ami Francis Blanche, un duo devenu célèbre et qui remportera un immense succès.

En 1965, il se déclare candidat à la présidentielle avec comme dénomination le MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) et comme slogan « Les temps sont durs, votez MOU ! ».

Mais sous son apparence d’amuseur se cache un homme dépressif et désespéré : entre 1958 et 1960, il fait quatre tentatives de suicide.

 

La dernière ligne droite de l’artiste

Pour lui, la fin se rapproche. Le souci de sa santé devient important et il va mourir d’un cancer du poumon après avoir beaucoup fumé durant sa vie. Il aborde le sujet, comme toujours, à travers son humour par l’absurde. Ainsi, à propos de la prison parisienne :

Il vaut mieux, à mon avis, être en bon état de santé qu’en mauvais état d’arrestation. Encore que l’un n’empêche pas l’autre

Il meurt en 1975, car :

Si active et si diligente qu’elle soit, la police ne parviendra jamais à arrêter le temps qui s’enfuit.

 

Urne funéraire de Pierre Dac au cimetière du Père Lachaise à Paris

Pierre Dac au colombarium – wikimedia

 

À toutes choses égales, il vaut mieux s’enfoncer dans la nuit qu’un clou dans la fesse droite, ou gauche selon le cas et les circonstances.

 

Il a été crématisé (incinéré dans le langage courant) et ses cendres sont déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise.

Et en guise de conclusion :

Quand on est passé de vie à trépas, on n’a plus rien à craindre de la mort, car celle-ci ne s’intéresse qu’aux vivants.