Les travaux sur  la ligne 3 du métro

La ligne 3 du métro parisien se refait une beauté cet été. Résultat : plus de trafic entre Opéra et Gallieni jusqu’au 3 août 2025 ! Dans son article en ligne, notre partenaire mon petit 20e nous en donne les précisions.  

https://monpetit20e.com/metro-parisien-une-grande-partie-de-la-ligne-3-fermee-pour-travaux-du-28-juin-au-3-aout-2025/

Plus proche de nous, juste en face de la place Édith Piaf, la RATP dispose  d’un important atelier de maintenance raccordé à la ligne 3. Cet espace est aussi actuellement en travaux, plus précisément en cours de démolition. 

RATP ligne 3, atelier de maintenance rue Belgrand

RATP ligne 3, atelier de maintenance rue Belgrand en démolition. 18 juillet 2025-PG

 

Une démolition avec en remplacement un projet d’urbanisme,  L’occasion pour l’AHAV de republier ci-dessous son article paru pour la première fois  le 17 juillet 2021.

Toujours à propos de la ligne 3, à lire également notre article sur la construction du premier escalator du métro, situé à la station Père Lachaise.

https://ahavparis.com/lescalator-du-metro-pere-lachaise-une-premiere/

Et enfin,  nos membres trouveront dans leur  espace adhérent, l’histoire un brin mouvementée des lignes 3 et 3-bis ». https://ahavparis.com/portfolio-item/histoire-des-lignes-de-metro-3-et-3bis/

 

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Sur le site de la RATP Belgrand, un projet urbain

En partenariat avec la Ville de Paris et la Mairie du 20e arrondissement, la RATP projette la réalisation d’un jardin, de logements et d’un établissement de santé dédié à l’enfance sur une partie du site des ateliers de maintenance des équipements (AME) Belgrand.

Le site RATP Belgrand

Situé le long des rues Belgrand, Pelleport et de la Py, en face de la place Édith Piaf, d’une superficie d’1,5 hectare, le site RATP Belgrand accueille aujourd’hui plusieurs fonctions liées aux activités du groupe RATP :

  • l’atelier de maintenance des trains des lignes de métro 3, 3bis et 7bis,
  • l’atelier de maintenance des équipements électroniques et électropneumatiques des métros, trams et RER,
  • le poste de commandes centralisées (PCC) et les équipes de direction des lignes 3 et 3 bis,
  • des logements.
 l'atelier RATP dans le 20e arrondissement

Entrée de l’atelier RATP rue Belgrand, PG

L’atelier dès la création du métro

La Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) est créée en 1899. Dès lors, elle a besoin d’ateliers de maintenance pour le matériel roulant, qui s’ouvrent au fur et à mesure des créations de lignes.

Ainsi, après l’atelier de Charonne conçu pour les lignes 1 et 2, le site RATP Belgrand accueille le deuxième atelier du métro parisien, construit en 1904 pour la ligne 3.

La ligne 3 est la troisième ligne du métropolitain parisien. Ouverte en octobre 1904 pour la section Villiers-Père-Lachaise, elle fait ensuite l’objet de plusieurs prolongations : jusqu’à Gambetta en 1905, Péreire en 1910, Porte de Champerret en 1911, Porte des Lilas en 1921, Pont de Levallois-Bécon en 1937.

En 1969, est ouverte la nouvelle station Gambetta, qui absorbe l’ancienne station Martin Nadaud dont les quais constituent désormais son prolongement et servent de sortie.

Création de la ligne RATP 3bis

Métro Gambetta en 1969

En 1971, la ligne 3 fait l’objet d’un remaniement important à l’est. Elle est prolongée jusqu’à Gallieni, tandis que son ancien tronçon terminal de Gambetta à Porte des Lilas est débranché et exploité séparément sous le nom de ligne 3 bis.

Longue de 11,665 kilomètres, la ligne 3 traverse Paris d’ouest en est sur la rive droite, et dessert les quartiers résidentiels du 17e arrondissement, la gare Saint-Lazare, les grands magasins, le quartier d’affaires autour de l’Opéra et l’est parisien. Elle a transporté 98 millions de voyageurs en 2009 (ligne 3 bis incluse) et se situe en neuvième position sur le réseau pour son trafic.

Périmètre du sIte RATP voué à la démolition - 20ème Arrondissement

Périmètre du site RATP voué à la démolition

Les ateliers du site Belgrand sont raccordés à la ligne 3 après son terminus Gambetta, sur l’arrière-gare de l’ancien terminus.

L’organisation initiale comprenait un atelier de petit entretien, des ateliers et une salle de peinture, une menuiserie, un hangar à bois ou encore des magasins, pour une superficie d’environ 12 000m2.

La ville s’est ensuite développée tout autour du site Belgrand, avec des grands ensembles et des rues étroites. Ce site industriel a été maintenu en milieu urbain dense pour répondre aux besoins liés à l’activité de transport.

Le projet en cours

Une partie du terrain RATP Belgrand va être libérée par le déménagement de l’Atelier de Maintenance des Equipements (AME) des réseaux métro, RER et tramways sur le site de Vaugirard dans le cadre du regroupement des fonctions de maintenance des réseaux ferrés gérés par la RATP. D’autre part, l’Atelier de Maintenance des Trains (AMT) doit être entièrement repensé et modernisé pour s’adapter à l’arrivée d’une nouvelle génération de trains sur les lignes 3, 3 bis et 7 bis. Ces nouveaux trains, appelés MF19, ont des caractéristiques différentes des trains actuels : ils sont équipés d’intercirculations qui permettent aux voyageurs de circuler entre les voitures et de ventilations réfrigérées en toitures pour un meilleur confort d’été.

Projet d'un immeuble RATP sur son site Belgrand

Projet d’un immeuble RATP sur son site Belgrand

La RATP, en partenariat avec la Ville de Paris et la Mairie du 20e et conformément au Plan local d’urbanisme (PLU), prévoit à la place la réalisation d’un jardin, de logements et d’un centre de santé pluridisciplinaire permettant l’accès aux soins des enfants et des adolescents.

La concertation avec les riverains

La RATP va mener une démarche de conception urbaine collaborative pendant la durée du projet, depuis les études jusqu’aux travaux et la livraison des futurs programmes, qui sera conduite par l’agence Res publica. Dès le lancement des études, d’avril à septembre 2021, elle organise une première séquence de concertation avec le public, riverains, habitants, associations, commerçants, élus, pour les associer à l’élaboration d’un diagnostic partagé et aux premiers scénarios d’aménagement de la parcelle.

Pour en savoir plus :

Ligne 3 du métro de Paris – Article Wikipedia

Le site RATP BELGRAND – Les composantes du futur projet

Pour participer à la concertation :

Site RATP BELGRAND – Concertation

 

L’église Saint-Jean-Bosco va ressusciter

 

Un chantier de restauration de l’église Saint-Jean-Bosco est à l’étude actuellement auprès de l’agence Point 05 sous la direction de Charlotte Langlois, architecte du Patrimoine, et Juliette Selingue, architecte collaboratrice.

Édifiée entre 1933 et 1938 grâce au financement des Chantiers du Cardinal, l’église Saint-Jean-Bosco va voir sa restauration financée à nouveau par cette même association créée en 1931.

 

À l’origine, un projet ambitieux

Dominant le quartier de la Réunion, l’église Saint-Jean-Bosco a été construite sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte Dumitru Rotter (1878-1937), d’origine roumaine, architecte jusqu’alors inconnu, puis, après sa mort, de son fils René Rotter. Le projet initial était très ambitieux : il correspondait alors à un programme incluant un vaste patronage et lieu d’enseignement, au cœur duquel était prévue l’insertion de l’église. Depuis, de nombreux travaux ont continué à être menés.

 

Maquette du projet d’ensemble Saint-Jean-Bosco

Maquette du projet d’ensemble, archives de la maison provinciale de l’ordre des Salésiens. (Photographie Valérie Gaudard, 2009. © CRMH Île-de-France).

L’église Saint-Jean-Bosco se compose de trois vaisseaux encadrés d’abord par un clocher-porche puis un transept, pour finir sur un chœur à chevet plat. Elle se divise en deux niveaux principaux accessibles au public : une église haute destinée aux fidèles, et une église basse dédiée aux élèves du patronage et aux enfants de la paroisse.

Au contraire de la plupart des églises dont l’axe et le chœur sont en principe dirigés vers l’orient, ici, le chevet est au nord, le portail au sud, tandis que les bas-côtés et les bras de transept s’étendent à l’ouest et à l’est. Cette orientation avait pour but de faire face à la rue, dans un quartier déjà fortement urbanisé avant sa construction en 1933. Le clocher-porche se dresse à 54 mètres en incluant la girouette à coq.

Inscrite partiellement à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, par arrêté du 14 mai 2001, à l’exception de l’église basse et du presbytère construit au-dessus de la sacristie, l’église Saint-Jean-Bosco fait l’objet d’une étude minutieuse préalable, qui va permettre d’orienter les lignes décisives quant à sa restauration.  Mais cette étude, remise en janvier 2025 par Point 05, a surtout permis de faire des découvertes.

 

Les découvertes issues de l’étude préalable

Ainsi l’église, qu’on croyait en béton, est essentiellement construite en briques enduites de ciment. Et la blancheur immaculée des murs extérieurs n’est pas du tout d’origine : ces murs étaient d’un ton pierre avec des faux joints et des effets de texture tracés à la main. De même, si l’unité esthétique semble étudiée jusqu’au moindre détail, des chaises aux poignées de porte des confessionnaux, les matériaux, eux, ne sont pas toujours homogènes, ce qui rendra délicates les reprises.

 

Baptistère de l’église Saint-Jean-Bosco

Baptistère de l’église Saint-Jean-Bosco © Art culture et foi

L’ensemble des décors peints intérieurs, y compris la chapelle des fonts baptismaux, et des mosaïques ainsi que le chemin de croix de l’église haute, ont été réalisés par Mauméjean Frères et sur leurs dessins d’intention. Les décors des autels et de la chaire ont été réalisés par la maison Guitard, sur modèles de Mauméjean Frères. Le chemin de croix en mosaïques initialement disposé dans l’église basse et aujourd’hui mis en dépôt sur les tribunes est l’œuvre de Léon Guillemaind.

Avec ses lignes modernistes à pans coupés du plus pur style Art Déco, et son ornementation simple et raffinée, la chaire à prêcher, composée d’onyx, mosaïque et verre, est sans nul doute l’un des chefs d’œuvre de l’église Saint-Jean-Bosco.

 

La nature des travaux de restauration

La restauration du bâtiment va traiter en premier lieu les problèmes d’infiltration. Cela concerne principalement les vitraux, coincés entre deux claustras de béton armé. Ces vitraux souffrent en effet de l’explosion des bétons sous l’effet de la corrosion de leurs fers. Les eaux pluviales s’y insinuent, des morceaux de béton tombent à l’intérieur de l’église sur les tribunes latérales et des infiltrations d’eau pluviale en provenance des toitures provoquent de nombreuses taches et décollements sur les plafonds.

De multiples fissures apparaissent ici et là. La couverture ondulée amiantée de la nef doit être changée sans délai et ses prolongations en zinc, ainsi que les toits terrasse en revêtements bituminés, doivent aussi être rénovés. L’étanchéité du bâtiment est donc la priorité absolue, avant toute intervention sur l’intérieur de l’église même. Les premiers travaux sur les toitures auront lieu dès 2026.

 

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L’article complet de Frédérique Gaudin est à lire dans l’espace adhérent : Saint-Jean-Bosco va ressusciter



Une pensée pour Fernande Onimus de la rue des Rondeaux

 

 

Nous gardons toujours en mémoire les résistantes de notre arrondissement, parfois moins connues mais qui disposent d’une plaque commémorative en leur nom, fleurie officiellement chaque année par la Ville.

Parmi elles, Fernande Onimus, née Phal le 9 octobre 1899 à Charenton-le-Pont. Elle est la fille d’un employé de chemin de fer et d’une institutrice. Elle habitait 88 rue des Rondeaux (n°84 actuellement) à Paris 20e, avec son mari Robert et leurs deux enfants.

Réseau et ligne Comète

En juillet 1943, elle devient, avec Odile Verhulst son amie du quartier, cheffe-hébergeuse du 20e pour Comète, un réseau de résistance créé par une jeune belge, Andrée de Jong, pour récupérer, héberger, accompagner et exfiltrer les aviateurs alliés tombés en Belgique ou en France, jusqu’en Espagne via la frontière basque, et leur permettre ensuite de rallier Gibraltar alors sous contrôle britannique [1].

Andrée de Jong, dirigeante du réseau Comète – Imperial War Museum London

Comète est financé par le MI9 britannique mais opère de manière indépendante. Environ 800 aviateurs alliés et de nombreux résistants emprunteront la ligne Comète de juillet 1941 à juin 1944.

 

Routes utilisées par le réseau Comète (en rouge), le réseau Pat O'Leary (en bleu), et le réseau Shelburn (en brun) -National museum of the US Air Force

Routes utilisées par le réseau Comète (en rouge), le réseau Pat O’Leary (en bleu), et le réseau Shelburn (en brun) – National museum of the US Air Force

Le réseau comporte des refuges clandestins pour quelques jours ou plusieurs semaines, où les militants logent, nourrissent et habillent en civil les pilotes. Avec d’autres, elles constituent un petit réseau de planques, notamment chez Odile Verhulst, rue du Cher, « la maison à quatre pattes » (il fallait se faufiler par une trappe).

Pour les faux papiers indispensables aux aviateurs, elles sont en lien avec Marguerite Cécile du bureau militaire de la mairie du 20e, sous-lieutenant dans un groupe résistant lié à Libération-Nord. Pour des raisons de sécurité, Robert et Fernande Onimus envoient alors leur fils à la campagne car à l’école Sorbier, il rêve de devenir pilote…

 

Blason du réseau Comète

Blason du réseau Comète

En 1943, Fernande Onimus est connue dans la clandestinité sous divers pseudonymes : Rosa, ou parfois « Madame Françoise », ou encore décrite comme « The little lady in black« , car « elle mesure 1m40 et s’habille toujours en noir. On la rencontre dans tout le 20e arrondissement, serrant contre elle un grand sac noir ».[2]

À plusieurs reprises, les dirigeants et agents nationaux et parisiens du réseau Comète sont déjà « tombés », dénoncés par des agents infiltrés par l’Abwehr, le contre espionnage allemand. Le 18 janvier 1944, les Allemands arrêtent les membres parisiens du réseau dont Fernande Onimus et Odile Verhulst, mais aussi d’autres responsables parisiens ainsi que George Goldstein, un aviateur américain caché alors rue du Cher.

 

7 rue du Cher, domicile d'Odile Verhulst - PG

7 rue du Cher, domicile d’Odile Verhulst – PG

 

De Romainville à Ravensbrück

Fernande Onimus et ses camarades sont d’abord incarcérées dans les quartiers allemands, puis regroupées au camp de Romainville. Elles partent de la gare du Nord en wagons à bestiaux le 13 mai 1944, elles retrouvent les résistantes communistes des Comités féminins du 20e « libérées » par la Gestapo de la Centrale de Rennes [3].

Toutes sont déportées au camp de concentration de Ravensbrück, « l’Enfer des femmes », dans le cadre de la procédure NN, Nacht und Nebel (secret, pas de nouvelles ni contact avec l’extérieur).

Fernande Onimus meurt à 45 ans à Ravensbrück le 23 ou le 24 avril 1945. Mais il sera mentionné le 5 avril 1945 comme date fictive collective, comme c’est l’usage, avec mention portée à l’état civil du 20e arrondissement le 11 février 1947. L’état lui reconnaît le statut de militaire des forces combattantes : agent P2 de juin 1943 au 18 janvier 1944, « Morte pour la France » [4].

 

Plaque à la mémoire de Fernande Onimus, du réseau d'évasion Comète, 84 rue des Rondeaux Paris 20

Plaque à la mémoire de Fernande Onimus – 84 rue des Rondeaux – PG

 

Une plaque commémorative honorant sa mémoire est apposée au bas de son immeuble, 84 rue des Rondeaux. Selon l’historienne Corinne Von List, l’aide à l’évasion a été la forme de résistance la plus mortelle : 51,2 % des femmes engagées dans cette forme de résistance ont succombé.

Par ailleurs, Odile Verhulst, 64 ans, est gazée à Ravensbrück le 20 février 1945, avec 18 autres femmes.[5]

Le dénonciateur infiltré belge travaillant pour l’Abwehr, Jean-Jacques Desoubrie, aurait participé à l’arrestation de plus de mille personnes. Arrêté en Allemagne en 1947 par les Américains, il est jugé puis fusillé en 1949 en France, en criant « Heil Hitler ! ».[6]

 

[1] Odile de Vasselot, Tombés du ciel, Histoire d’une ligne d’évasion, Le Félin, 2005, p139.
[2] https://evasioncomete.be/fgoldstgg.html
[3] Liste de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, I-212. : 552 femmes dont 77% rentreront.
[4] GR28 P4 256280 – 16P473803.
[5] www.bddm.org
[6] AN AJ72/45



La Foire du Trône est ouverte… !



Ouverte cette année le 4 avril, la Foire du Trône vous attend jusqu’au 9 juin 2025, de midi à minuit (jusqu’à une heure du matin les samedis et veilles de jour férié), sur la pelouse de Reuilly, au bois de Vincennes.

Un espace « forain » très populaire du 20e arrondissement

La Foire du Trône, aussi appelée « foire aux pains d’épices », a été longtemps associée au passé festif et récréatif du 20e arrondissement. Créée en 957, c’est la plus ancienne et la plus grande fête foraine de France et elle a une riche histoire.

En 957, la famine frappe le royaume et le roi Lothaire autorise les moines-boulangers de l’abbaye Saint-Antoine à vendre leur pain à la population affamée. Puis la vente de charité se transforme en fête populaire où viennent se produire des jongleurs, des clowns et d’autres saltimbanques. La Foire du Trône est lancée, avec son fameux cochon en pain d’épices.

 

Les cochons en pain d'épices

Le fameux cochon en pain d’épices… DR

 

Pourquoi un cochon ? Le 13 octobre 1131, le fils du roi Louis VI Le Gros, traverse Paris à cheval. Son cheval est effrayé par un cochon surgi au milieu de son chemin, il se cabre et fait chuter le cavalier qui décédera des suites de ses blessures. Le roi interdit alors toute divagation de pourceaux dans la capitale, à la seule exception de ceux de l’abbaye Saint-Antoine. En remerciement de cette faveur royale, les moines inventent un cochon en pain d’épices… vendu pendant la foire, à laquelle il donne son nom.

Pourquoi Foire du Trône ?

La plupart des rois de France étaient sacrés à Reims. Au retour, c’est donc par la porte de Vincennes qu’ils font leur entrée dans Paris. Selon la tradition, un immense trône est installé sur l’actuelle place de la Nation. Le roi y prend place et la population vient lui rendre hommage. D’où le nom de place du trône, qui donnera bien plus tard son nom à la fête qui se tient, jusqu’alors, le long de l’avenue de Vincennes voisine.

A la fin du XIXe siècle, la foire connaît un immense essor, avec plus de 2 000 forains en 1880. Le public vient nombreux pour y voir femmes à barbe, frères siamois, nains et géants. Les trains fantômes, les manèges de chevaux de bois et les dompteurs de fauves y font aussi leur apparition.

 

Place de la Nation, Foire du Trône, vers 1900. Carte postale

Place de la Nation, Foire du Trône, vers 1900. Carte postale

 

Mais l’installation de la Foire du Trône dans le quartier de la Nation est de moins en moins commode et les riverains se plaignent. En 1964, on décide de déplacer l’événement sur la pelouse de Reuilly, où elle se tient toujours aujourd’hui.

La présence de la Foire du Trône dans le 20e arrondissement y a attiré l’installation d’une population assez nombreuse de gens du cirque, et même, à la fin du XIXème siècle, la création d’un petit cirque rue des Prairies : le Théâtre-Cirque miniature Corvi. Ses divertissants spectacles d’animaux dressés ont eu leur petite heure de gloire avant la Première Guerre mondiale.

 

Affiche du Théâtre-Cirque CORVI

Affiche du Théâtre-Cirque CORVI, Paris, BHVP. Photo CDD

 

Les « forains » dans le paysage urbain

Longtemps la population parisienne n’a pas été composée seulement d’urbains. Quoique majoritaires, les urbains cohabitaient avec des ruraux, jardiniers et maraîchers qui nourrissaient les Parisiens, nombreux particulièrement dans notre arrondissement, et des gens du voyage, forains, bohémiens… plus exotiques, dont les roulottes sont bien visibles sur de nombreuses représentations de l’espace parisien.

 

Les Bohémiens à Paris, campement, L’Illustration

Les Bohémiens à Paris, campement-L’Illustration

 

Le 20e arrondissement, comme les autres arrondissements périphériques, comportait naguère encore de vastes espaces de friches non occupées. C’était la « zone », héritée du système défensif mis en place autour de Paris dans les années 1840. Les fortifications militaires enserrant la capitale étaient précédées, côté banlieue, d’un vaste espace de 250 mètres de large, sur laquelle il était prohibé d’élever toute construction en dur. À partir de 1919, les fortifications ont été peu à peu démantelées, mais la « zone non edificandi » était restée et est devenue le refuge d’une population précaire survivant tant bien que mal.

La « zone », sur laquelle sera ouvert le boulevard périphérique de Paris à partir des années 1970, était le refuge, entre autres populations précaires (sans domicile fixe, chiffonniers et récupérateurs de vieux métaux et objets, clochards…), des forains, artistes ou commerçants ambulants qui parcouraient les villes et les villages et faisaient étape à Paris.

Roulottes porte d’Ivry, photographie d'Eugène Atget

Eugène Atget, Roulottes porte d’Ivry, Paris. BHVP

A Paris, les roulottes des forains investissent tous les lieux disponibles, comme les terre-pleins et contre-allées des boulevards ouverts sur le tracé de l’ancien mur des Fermiers généraux. Ainsi, les registres de l’état civil relèvent, par exemple en 1896, le décès d’une foraine, Catherine Landauer, décédée « boulevard de Belleville face au 87 », et en 1907, celui d’une Louise Caroline Landauer « face au n°6 boulevard Rochechouart ».

Et ce 20e arrondissement bigarré, où les roulottes de forains faisaient partie du paysage, a duré longtemps. Les plus anciens se souviennent sans doute de la roulotte de la cartomancienne, fort célèbre à Paris disait-on alors, stationnée jusqu’il y a peu, boulevard de Ménilmontant, à la sortie du métro Père-Lachaise.

Mais aujourd’hui Mme Irma s’en est allée… Où maintenant allons-nous aller nous faire dire la bonne aventure ou tirer les cartes ?

La caravane de la cartomancienne du métro Père-Lachaise

La caravane de la cartomancienne du métro Père-Lachaise. DR

Le Pré-Saint-Gervais, ni Paris, ni Belleville, mais tout près

Balade animée par Marie-Ange Daguillon, présidente d’Histoire et Vies du 10e

 

Le 25 mai 1913, Jean Jaurès enflammait la butte du Chapeau-Rouge, alors sur le territoire du Pré-Saint-Gervais. 150 000 pacifistes étaient rassemblés, les manifestations pour la paix étant interdites à Paris.

Nous commencerons notre balade par le parc parisien ayant remplacé le terrain vague de la zone des fortifs, puis rejoindrons le Pré-Saint-Gervais d’aujourd’hui.

 

Jean Jaurès lors de la manifestation au Pré-Saint-Gervais contre la loi des trois ans (25 mai 1913). Photographie de Maurice-Louis Branger, reproduite dans L'Illustration.

Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913

 

Avec 17 000 habitants pour 70 hectares, le Pré-Saint-Gervais, plus petite commune de Seine-Saint-Denis, a conservé son identité, pas seulement municipale, aux portes de Paris.

De la villa du Pré à la cité-jardin en passant par les friches industrielles, nous explorerons les traces des métamorphoses successives d’un hameau champêtre transformé en banlieue ouvrière, puis désindustrialisé et pour partie gentrifié.

Au fil de l’histoire, nous découvrirons de nombreux liens entre « Le Pré » et ses grands voisins.

 

Samedi 24 mai de 10h à 12h
20 personnes maxi
Date limite d’inscription : 17 mai


Bonne condition physique recommandée car il y a pas mal de dénivelé et escaliers.

Les visites guidées sont réservées à nos adhérents ; le lieu de rendez-vous sera indiqué après inscription sur ahav.paris20@gmail.com.



Les Otages et l’îlot du Télégraphe

Visite animée par Jacques Benoist, prêtre et historien, membre de l’AHAV

 

Chaque année au mois de mai, nous avons l’occasion de nous rappeler les derniers combats de la Commune de Paris. Ils se sont terminés dans notre arrondissement et nous connaissons bien le Père Lachaise, le mur des Fédérés et sa plaque rappelant la semaine sanglante.

Mais nous connaissons beaucoup moins bien, rue Haxo, le massacre des Otages… et les importantes constructions immobilières qui ont suivi sur place et tout autour du lieu. Elles avaient en premier lieu une vocation religieuse et sociale, avant d’être transmises pour une grande partie en biens collectifs.

 

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Cette visite se situe dans le quadrilatère suivant : la rue Haxo, la rue du Borrégo, la rue du Télégraphe et la rue de Belleville. Un large héritage immobilier méconnu dans le 20e arrondissement, l’ensemble issu des années qui ont suivi la Commune de Paris, et inspiré en la mémoire du massacre des Otages.

Que reste-t-il du patrimoine lié à la Commune ? Bien sûr, l’église Notre-Dame des Otages au 85 rue Haxo, et -sûrement moins connu- son petit musée extérieur situé juste derrière elle et plus difficilement accessible.

Cette édification fait suite au drame qui s’est passé les tout derniers jours des combats de la Commune de Paris, très exactement le 26 mai 1871.
50 otages seront fusillés rue Haxo et parmi eux, 10 ecclésiastiques.

 

Photographie de la pelle Starck Villa des Otages Paris 20e arrondissement

Pelle Starck Villa des Otages – PG

 

Un îlot à vocation religieuse et sociale

L’année qui suit le massacre des Otages et à la fin de la Commune, des jésuites et des religieuses deviendront les initiateurs d’importantes acquisitions des terrains sur les lieux et autour de ces lieux. Leurs bâtisses appartenaient à des particuliers sous le Second Empire.

Au début de la IIIe République, ces propriétés privées seront affectées en tant que biens à usage religieux et social.

De 1872 à 1950, ces biens fonciers sont devenus, à divers titres, à différents moments, et sous le couvert de diverses SCI (Sociétés Civiles Immobilières), la propriété de la Compagnie de Jésus et de trois congrégations religieuses féminines qui se sont succédé.

Les jésuites céderont également à l’Association Diocésaine de Paris (ADP) l’église, plusieurs bâtiments, un terrain et un parking.

 

L’importance des biens collectifs offerts aux institutions républicaines

Ces institutions avaient donc collecté des fonds pour fonder des œuvres religieuses et sociales.

Puis dans les années 1970, les religieuses ont dévolu leurs biens à la Croix-Rouge et à la ville de Paris.

Dans les années 1960, les jésuites en ont fait autant au profit de la ville de Paris. Ils en ont fait de même en cédant leur patrimoine à des sociétés qui se sont par la suite regroupées sous diverses  bannières :
– « Antin résidence », pour la MJC et le FJT (foyer de jeunes travailleurs).
– « Villa des Hauts de Belleville », pour la barre du 47-49, rue du Borrégo.
– simple immeuble pour le 83 rue Haxo, avec parking, en copropriété particuliers et paroisse des Otages.

D’autres projets sont en cours dans cet îlot, l’aventure continue.

 

 

Samedi 17 mai à 14h30
15 personnes maxi
Date limite d’inscription : 6 mai

Les visites guidées sont réservées à nos adhérents ; le lieu de rendez-vous sera indiqué après inscription sur ahav.paris20@gmail.com.

Ce 29 avril 1945, il y a tout juste 80 ans, les femmes ont  pu enfin aller voter en France, Elles sont devenues politiquement citoyennes à part entière à l’occasion de ce premier tour des élections municipales. La route pour obtenir ce droit aura été longue et Hubertine Auclert -féministe célèbre enterrée au Père Lachaise- a milité une bonne partie de sa vie pour faire obtenir ce droit.. 

Nous publions à nouveau l’article qui lui est consacré, paru pour la première fois le 17 avril 2021.

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Hubertine Auclert, le journal retrouvé

« Du 151 de la rue du de la Roquette au Père-Lachaise, le trajet est court » nous écrit le 10 avril 1914 le journaliste des Nouvelles. En effet, Hubertine Auclert vient de décéder deux jours plus tôt. Sa tombe se trouve en face de celle de Balzac, sur le chemin des derniers combats de la Commune, lors de la Semaine sanglante.

Le Monde daté du 16 avril 2021 nous informe que l’historienne Nicole Cadène a retrouvé son journal et vient de faire paraître le livre qui lui est consacré.

 

Le féminisme, ou le vote au féminin

Féministe, comme elle se définit elle-même, Hubertine Auclert -par ailleurs une des premières franc-maçonnes- va consacrer sa vie à lutter pour le droit des femmes. Elle préfère commencer par le droit de vote et le droit de se présenter aux élections, objectif prioritaire et plus pérenne à ses yeux que militer l’égalité des droits sociaux.

Au printemps 1877, elle lance un appel aux femmes de France. Le Gaulois du 30 septembre 1877 en fera un article polémique avec en titre : « Le Manifeste de ces dames ». Son rédacteur écrit en introduction : « je reçois aujourd’hui de cette indépendante dame un manifeste électoral, dont la galanterie française m’interdit de refuser l’insertion ».

Badge "lutte des femmes"

Tombe d’Hubertine Auclert en mars 2023-PG

Et de son côté, Hubertine Auclert en appelle aux électeurs masculins, puisqu’à cette époque eux seuls ont le droit de voter :

 

« Citoyens,

Au moment où s’ouvre la période électorale, laissez-nous vous confier une mission solennelle : celle de voter pour nous…Ces neuf millions de femmes sont assujetties aux mêmes lois répressives que les hommes, aux mêmes contributions ; cependant elles ne délèguent aucun mandataire pour prendre leurs intérêts dans la confection des lois et des budgets… »

 

Droit de vote des femmes

Affiche la Société pour l’amélioration du sort de la femme en 1925-BnF

 

Trois ans plus tard, elle écrit une lettre qui sera rendue publique :

« Puisque je n’ai pas le droit de contrôler l’emploi de mon argent, je ne veux plus en donner. … Je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges ; je ne vote pas, je ne paye pas ».

Droit de vote par ordonnance et postérité

Nous savons ensuite que la route sera longue après sa mort pour accéder enfin à ce que nous considérons aujourd’hui comme un droit fondamental : les femmes auront encore attendu trente ans après son décès le droit de pouvoir voter, grâce à une ordonnance datée du 29 avril 1944.

Hubetine Auclert dans le 11e arrondissement

Hubetine Auclert, plaque rue de la Roquette où elle a habité-PG

Quant à sa postérité, une plaque commémorative sera posée en 1924 sur le mur de la maison où elle est morte : au 151, rue de la Roquette. Plusieurs rues en France et une place dans le 11e arrondissement porteront le nom d’Hubertine Auclert.

Enfin en 2009, son nom sera également donné au Centre francilien pour l’égalité femmes–hommes.

Le 7 novembre 2011, la vie engagée d’Hubertine Auclert a fait l’objet d’une conférence à deux voix, à la BnF. À voir en cliquant sur le lien ci-dessous.




Alain Decaux raconté
Conférence animée par Thierry Halay

Historien et conteur hors pair, Alain Decaux aura passionné pendant des années des millions d’auditeurs, de téléspectateurs et de lecteurs.

Né à Lille en 1925, il s’oriente très tôt vers le journalisme et l’écriture, influencé par ses premières lectures et un grand-père instituteur. Il sera un pionnier de l’Histoire à la radio avec La Tribune de l’Histoire, puis à la télévision avec des émissions aux titres restés célèbres : La caméra explore le temps ou Alain Decaux raconte.

Cet homme-orchestre de l’Histoire est aussi le prolifique auteur d’une cinquantaine de livres et d’une vingtaine de scénarios de films et de spectacles, notamment pour Robert Hossein. Son talent d’écrivain et ses multiples ouvrages seront consacrés par son élection à l’Académie française en 1979.

Il a enfin été lui-même acteur de l’Histoire en étant ministre de la Francophonie de 1988 à 1991.

Il repose avec une partie de sa famille au cimetière du Père-Lachaise, non loin de personnages historiques qu’il a évoqués au cours de ses nombreux récits.

Couverture du livre Alain Decaux raconté par Thierry Halay aux éditions l'Harmattan

Thierry Halay est l’auteur d’articles et de livres historiques, cofondateur et président d’honneur de l’AHAV. À l’occasion de cette conférence, il signera son livre Alain Decaux raconté.

 

La conférence a lieu :

📅 Jeudi 15 mai 2025
🕡 À 18h30 précises
🪧 À la mairie du 20e arrondissement

   Entrée gratuite, nombre de places limité, uniquement sur inscription par mail à ahav.paris20@gmail.com

 

Affiche de la conférence du 15 mai 2025 de Thierry Halay "Alain Decaux raconté"




Le blason du 20e arrondissement

 

À Paris, la campagne municipale vient d’être lancée. Les élections auront lieu dans un an, normalement en mars 2026. L’occasion de nous rappeler que chaque mairie d’arrondissement dispose de son propre logo, auquel s’ajoute celui de l’Hôtel de Ville. Quant à notre association, elle se distingue par son propre blason, bien différent de celui de la mairie du 20e. En voici l’origine.

Robert Louis, artiste héraldiste

À sa fondation en 1991, l’AHAV a pris pour sigle le blason du 20e arrondissement. Dessiné pendant la seconde guerre mondiale par l’artiste héraldiste Robert Louis, ce blason a été homologué par la Commission d’héraldique de la Seine dans sa séance du 26 février 1944 (Archives nationales, Inventaire du fonds Robert et Mireille Louis 748AP/60).

Robert Louis était un spécialiste d’héraldique, dessinateur héraldiste français, né à Douai le 20 février 1902 et mort à Vincennes le 22 septembre 1965. Ingénieur textile de formation, il étudie les documents anciens du Musée des Tissus à Lyon. De 1939 à 1944, il est officier de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, puis il est détaché au service historique des armées.

Tampon commercial Robert Louis artiste heraldiste

Tampon commercial de Robert Louis – Archives Nationales

Son tampon commercial porte les mentions :

Robert LOUIS
ARTISTE HÉRALDISTE
Dessinateur Symboliste des Services Officiels
18, Avenue de Paris, 18
VINCENNES (Seine) – Tél. DAU. 25-30

De 1943 à 1965, Robert Louis dessine la quasi-totalité des timbres des séries de blasons des provinces françaises et des villes de France. En 1966, sa fille Mireille prend sa succession.

Le dossier des Archives nationales contient une carte postale double en couleurs représentant les SYMBOLES HERALDIQUES DES VINGT ARRONDISSEMENTS DE PARIS entourant les Grandes armes de la ville de Paris.

 

Carte postale double en couleurs représentant les symboles héraldiques des 20 arrondissements de Paris

Les blasons des arrondissements, carte postale de Robert Louis – Archives Nationale 748AP

 

Le blason du 20e arrondissement

Voici la description du blason du 20e arrondissement dans le langage héraldique :

De gueules au chevron d’argent chargé de cinq pals ondés d’azur accompagné en chef à dextre d’une branche de lilas d’or fleurie d’argent à senestre d’une grappe de raisin d’or tigée et feuillée d’argent et en pointe d’une tour d’or mouvant de la pointe maçonnée de sable sommée d’un télégraphe optique Chappe d’argent

La signification des symboles a été précisée par le créateur du blason dans une note manuscrite :

Symboles :
– Le chevron indique que le point culminant de Paris se trouve dans le 20e arrondissement rue du Télégraphe
– Les pals ondés chargeant le chevron symbolisent les nombreux ruisseaux qui descendaient jadis des hauteurs de Belleville et qui ont laissé leurs noms à des rues du 20e
– La branche de lilas rappelle les forceries de lilas qui existaient dans l’arrondissement
– Le pampre symbolise les jardins, les guinguettes et les folies qui faisaient autrefois le caractère de Belleville et de Ménilmontant
– La tour et le télégraphe rappellent que c’est dans la partie haute du 20e arrondissement que Chappe avait fait son premier essai de télégraphe optique.

 

Note manuscrite de Robert Louis précisant la signification des symboles utilisés dans le blason du 20e

Note manuscrite de Robert Louis – Archives Nationales

 

Ainsi, pour caractériser le 20e arrondissement, trois éléments appartenant au patrimoine du quartier de Ménilmontant ont été choisis par Robert Louis. Ils respectent en cela le nom officiel d’« Arrondissement de Ménilmontant » attribué en 1860 lors du rattachement à Paris des villages et hameaux de la périphérie et de la création des 20 arrondissements de Paris.
L’article R. 2512-1 du code général des collectivités territoriales précise en effet que le 20e arrondissement porte également le nom d’« arrondissement de Ménilmontant », même si cette appellation est rarement employée dans la vie courante.

Ces éléments sont :

  • la grappe de raisin d’or tigée et feuillée d’argent symbolisant les vignobles qui couvraient les pentes de Ménilmontant et les guinguettes qu’elles abritaient aussi,
  • le télégraphe rappelant les essais de Claude Chappe qui eurent lieu sur l’emprise du château de Ménilmontant,
  • les cinq pals ondés d’azur figurant les cours d’eau ruisselant des hauteurs de Ménilmontant.

 

Du blason au logo

Aujourd’hui, nous ne parlons plus de blason, mais de logo. Il y a deux ans, la mairie du 20e s’est choisi un nouveau logo, le précédent ayant été utilisé pendant 14 ans.

Logo de la mairie du 20e créé en 2023 par l'agence Graphéine

Logo de la mairie du 20e arrondissement

Que reste-t-il de ces blasons ? 

Finalement, de l’utilisation de ces dessins proposés par Robert louis, aucune décision municipale locale ne l’officialisera en tant que blason. Aucune, sauf une : la mairie du 16e arrondissement.

Logo du 16e arrondissement de Paris

Logo de la mairie du 16e arrondissement

Il y a tout juste 150 ans, le 26 mars 1875, Agricol Perdiguier décèdait à Paris. Sa tombe au Père Lachaise, originale  par les symboles qui y figurent, se situe non loin de l’entrée Gambetta. Nous republions ici notre article paru pour la première fois le 1er juin 2022.

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Une plaque en hommage à Agricol Perdiguier

Les Compagnons de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis et la Société des Compagnons et Affiliés, Menuisiers et Serruriers du Devoir de Liberté annoncent l’inauguration d’une plaque en hommage à

Agricol PERDIGUIER

le samedi 4 juin 2022, à 14h30,
au 16, passage de la Bonne Graine, Paris 11e

Plaque Perdiguier 4 juin 2022

Invitation à la pose de la plaque à la mémoire d’Agricol Perdiguier

 

Agricol Perdiguier, dit Avignonnais la Vertu (1805-1875)

Compagnon menuisier du Tour de France, écrivain et député, il repose au cimetière du Père-Lachaise (85e division), sous un curieux monument, en forme de ruche symbolisant le travail collectif. Selon sa volonté, il a eu droit à des funérailles civiles. Perdiguier est sans doute le compagnon du devoir (de liberté) le plus connu des historiens et sa tombe fait toujours l’objet de fréquentes commémorations de Compagnons de tous rites.

Perdiguier, une ruche comme symbole

Tombe d’Agricol Perdiguier au cimetière du Père-Lachaise (85e division)-PG

Compagnon du Tour de France

En 1823, à 17 ans, il entre chez les Compagnons d’Avignon pour apprendre le dessin technique (l’art du trait) et devient affilié chez les Compagnons du Devoir de la Liberté. Bientôt, il commence son Tour de France qui va le mener de Marseille à Nîmes, puis à Montpellier, où il est fait compagnon reçu sous le nom d’Avignonnais la Vertu, de Béziers à Bordeaux, enfin de Nantes à Chartres où il devient compagnon fini.

Puis, il gagne Lyon où il est placé à la tête de sa « Société » comme premier compagnon, puis dignitaire.

Dans toutes ces villes, il découvre le combat fratricide des différentes sociétés de compagnonnage, reflet des conflits sociaux de cette époque. Convaincu de l’inutilité des conflits entre compagnons de différents devoirs, pour faire mieux passer ses idées sur « l’indispensable réunification », il compose des chansons qu’il réunit en cahiers et fait distribuer gratuitement à travers la France.

Perdiguier et l'indispensable réunification

La réconciliation des compagnons. Lithographie éditée par A. Perdiguier. Cliché MUCEM

Perdiguier complète son éducation, lit beaucoup, notamment les poètes et Voltaire. En 1839, il publie son célèbre Livre du Compagnonnage, le premier écrit sur les compagnons et par un compagnon, qui attire l’attention d’intellectuels comme Eugène Sue et George Sand, dont il devient un ami très proche. Paru à compte d’auteur, cet ouvrage, tout en décrivant les différents Devoirs compagnonniques,dénonce leur manque de fraternité et propose de moderniser les structures, de développer le rôle de société de secours mutuel et de formation professionnelle.

Livre d'Agricol Perdiguier

Le Livre du Compagnonnage, éd. 1857

À travers ses ouvrages publiés ensuite, Perdiguier se montre l’ardent ouvrier de la réconciliation entre les différentes sociétés de compagnonnage. Pour lui, tout passe par l’éducation et la lecture.

Malade des yeux, blessé à la main, il doit abandonner l’établi pour se consacrer à l’enseignement du trait. Passionné par le livre et l’écriture, il ouvre à Paris, dans le faubourg Saint-Antoine, une librairie où il donne ses cours, fréquentés par Gambetta, Jules Ferry et d’autres acteurs sociaux de l’époque.

Ce travailleur autodidacte qui connaissait et citait Socrate, Platon, Aristote et… Machiavel, admirait chez les Modernes aussi bien Chateaubriand que Victor Hugo, Eugène Sue et George Sand.

Républicain engagé et franc-maçon

Très actif durant la révolution de 1830, il se rapproche de son compatriote François-Vincent Raspail au cours de l’insurrection provoquée par les incidents du 5 juin 1832, lors des funérailles du général Lamarque.

Républicain de conviction, il prend position pour la laïcité de l’enseignement. La fraternité, l’entraide mutuelle et l’accès à l’instruction sont les moteurs de son action qui se déplace sur un terrain plus politique. En 1846, il est initié à la franc-maçonnerie, dans la loge parisienne « Les hospitaliers de la Palestine » du Suprême Conseil de France.

Perdiguier en bande dessinée

Agricol Perdiguier en BD par François Icher et Mor, Cairn, 2021

Défenseur des ouvriers charpentiers lors de la grève de 1845, combattant inlassablement la présence du « troisième ordre » (caste aristocratique et patronale) dans le compagnonnage, Perdiguier est conscient que la défense des travailleurs nécessite une action politique. Il répond à l’appel de Raspail, le 24 février 1848, lorsqu’il proclame la République à l’Hôtel de Ville de Paris.

Perdiguier se présente à la députation et, avec l’appui de Béranger, de Lamartine et de George Sand, il est élu dans la Seine et dans le Vaucluse. Il choisit la Seine et siège sur les bancs de la Montagne. Son opposition au coup d’État du 2 décembre 1851 lui vaut l’exil politique en Belgique. Il rejoint Genève, où il reprend son métier de menuisier et ses cours de dessin, et entretient une correspondance avec d’autres proscrits comme Victor Hugo et il écrit Mémoires d’un Compagnon en 1854.

Après la proclamation de la République, en septembre 1870, il est nommé maire-adjoint du 12e arrondissement de Paris, fonction qu’il occupe pendant le siège de la capitale. En tant qu’adjoint, il préside à l’élection des chefs de sections d’un grand nombre de compagnies de Gardes Nationaux et tente d’organiser la défense de Paris dans son secteur.

La maladie le contraint à démissionner et il continue ses combats par la plume pour le suffrage universel, l’abolition de la peine de mort, la liberté de la presse et la suppression du budget des cultes.

Agricol Perdiguier meurt à Paris, le 25 mars 1875, dans une grande pauvreté, laissant le souvenir d’un homme qui n’a travaillé qu’à un seul but : le bonheur et le bien-être des travailleurs.

Livre d'Agricol Perdiguier

Perdiguier, Mémoires d’un Compagnon, 1854

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Pour en savoir plus :

https://fr.wikipedia.org/w iki/Agricol_Perdiguier

Les Mémoires d’un compagnon ont été rééditées par Alain Faure, Maspero, 1977, La Découverte, 2002.

Les 2 tomes du « Livre du compagnonnage » (édition 1857) d’Agricol Perdiguier sont accessibles et téléchargeables ici :

Tome 1  : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5684793z?rk=42918;4  (322 pages)
Tome 2 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5684841k?rk=21459;2# (310 pages)