,

L’architecte Henri Sauvage à l’honneur

L’architecte Henri Sauvage à l’honneur

 

Les grands magasins de la Samaritaine viennent de faire beaucoup parler d’eux dans les gazettes. Après 16 années de fermeture et une « rénovation haute couture », ils viennent de rouvrir leurs portes au public.

Un empire commercial au cœur de Paris

 

L’ensemble immobilier, fondé dans les années 1891-1932 par le couple de commerçants Ernest et Marie-Thérèse Cognacq-Jaÿ, par ailleurs philanthropes et collectionneurs d’art, était une suite de « grands magasins » où, selon une publicité très connue, « on trouvait tout ».

Il appartient aujourd’hui au groupe de luxe français LVMH, qui a réduit la taille du grand magasin emblématique par quatre pour laisser place à un palace de 72 chambres (en front de Seine), à des bureaux, une crèche et 96 logements sociaux. Une spectaculaire restauration qui remet aussi en valeur son escalier monumental, ses laves émaillées – c’est l’édifice qui en comporte le plus en France – et sa magnifique fresque des paons naguère repeinte en blanc. La nouveauté est, sur la rue de Rivoli, dans sa façade en verre ondulé de 25 m de haut, signée des architectes de l’agence Saana, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, lauréats du prix Pritzker 2010.

Nouvelle façade, prix Pritzker 2010

La Samaritaine d’aujourd’hui avec sa façade en verre

Si la plupart des bâtiments sont l’œuvre de l’architecte belge Frantz Jourdain (1847-1935), un des promoteurs de l’Art nouveau et de l’architecture du fer en France, entre 1891 et 1910, puis en 1930-1932, celui-ci s’est adjoint, en 1926-1928, la collaboration de l’architecte français Henri Sauvage (1873-1932), pour agrandir le bâtiment principal vers la Seine dans un magnifique style Art Déco.

Les « Sauvage » du 20e arrondissement

 

Le 20e arrondissement a aussi le privilège de posséder dans son patrimoine architectural deux édifices remarquables dus à Henri Sauvage, qui fut aussi, il faut le rappeler, l’architecte de la Villa Majorelle à Nancy (1902), de l’immeuble à gradins de la rue Vavin (6e arrondissement) (1912-1913) et de l’immeuble des Amiraux et de sa piscine (18e arrondissement) (1913-1930), entre bien d’autres.

Un de ces édifices est un ensemble d’habitations à Bon Marché (HBM), sis 1 rue de la Chine, construit par Henri Sauvage et Charles Sarazin en 1907-1908 pour la Société des logements hygiéniques, qu’ils avaient créée en 1903. Né au tout début du XXe siècle, le courant hygiéniste en architecture vise à lutter contre la tuberculose et l’insalubrité des logements. Les logements bon marché sont plus spacieux et doivent laisser entrer l’air et la lumière.

Une construction de l'architecte Sauvage dans le 20e

HBM de l’architecte Sauvage au 1 rue de la Chine

Sa façade en briques calco-fer produit une impression de grande austérité, tandis que les volumes des bow-windows surmontés de loggias animent un peu la façade. Cet immeuble de logements populaires s’inscrit alors dans les recherches de H. Sauvage pour produire un type de construction sociale alliant rentabilité et économie maximale. On peut le rapprocher des HBM construites en 1903-1904 par H. Sauvage rue de Trétaigne (18e arrondissement).

L’autre bâtiment est bien connu des habitants de l’arrondissement. C’est le cinéma MK2 Gambetta (ancien « Gambetta-Palace »), 6 rue Belgrand, construit par Henri Sauvage en 1920, à l’emplacement d’un ancien théâtre, dans un style très original conçu et dessiné par lui.

La devanture, à l’architecture très atypique, attire inévitablement le regard, avec sa rotondité et sa façade blanche et quasi aveugle qui évoquent immanquablement un écran de cinéma.

Le MK2 du 20e rénové

La façade du cInéma MK2 Gambetta

La façade est ornée d’un décor égyptisant ou japonisant en stuc, très stylisé, fait de masques de théâtre et de bas-reliefs à motifs végétaux peints à l’or. Les grands masques et marionnettes, disposés à l’origine sur la façade par le décorateur Hellé, ont malheureusement disparu dans les années 1950. A l’intérieur, la salle semi-circulaire était construite en béton et pouvait accueillir 1 500 personnes.

En 1928, la Société Gaumont fait l’acquisition du Gambetta-Palace. En 1970, le cinéma est divisé en trois salles, dénaturant le décor d’origine, et deux salles supplémentaires sont ajoutées en 1980. Depuis 1997, ce cinéma est la propriété du groupe MK2 et dispose de six salles. La devanture actuelle est classée aux monuments historiques depuis 2012.

 

Pour en savoir plus sur Henri Sauvage et son œuvre :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Sauvage

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.