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Saint-Jean-Bosco va ressusciter !

Statue de Saint Jean-Bosco dans l'église Saint-Jean-Bosco

 

L’église Saint-Jean-Bosco va ressusciter

 

Un chantier de restauration de l’église Saint-Jean-Bosco est à l’étude actuellement auprès de l’agence Point 05 sous la direction de Charlotte Langlois, architecte du Patrimoine, et Juliette Selingue, architecte collaboratrice.

Édifiée entre 1933 et 1938 grâce au financement des Chantiers du Cardinal, l’église Saint-Jean-Bosco va voir sa restauration financée à nouveau par cette même association créée en 1931.

 

À l’origine, un projet ambitieux

Dominant le quartier de la Réunion, l’église Saint-Jean-Bosco a été construite sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte Dumitru Rotter (1878-1937), d’origine roumaine, architecte jusqu’alors inconnu, puis, après sa mort, de son fils René Rotter. Le projet initial était très ambitieux : il correspondait alors à un programme incluant un vaste patronage et lieu d’enseignement, au cœur duquel était prévue l’insertion de l’église. Depuis, de nombreux travaux ont continué à être menés.

 

Maquette du projet d’ensemble Saint-Jean-Bosco

Maquette du projet d’ensemble, archives de la maison provinciale de l’ordre des Salésiens. (Photographie Valérie Gaudard, 2009. © CRMH Île-de-France).

L’église Saint-Jean-Bosco se compose de trois vaisseaux encadrés d’abord par un clocher-porche puis un transept, pour finir sur un chœur à chevet plat. Elle se divise en deux niveaux principaux accessibles au public : une église haute destinée aux fidèles, et une église basse dédiée aux élèves du patronage et aux enfants de la paroisse.

Au contraire de la plupart des églises dont l’axe et le chœur sont en principe dirigés vers l’orient, ici, le chevet est au nord, le portail au sud, tandis que les bas-côtés et les bras de transept s’étendent à l’ouest et à l’est. Cette orientation avait pour but de faire face à la rue, dans un quartier déjà fortement urbanisé avant sa construction en 1933. Le clocher-porche se dresse à 54 mètres en incluant la girouette à coq.

Inscrite partiellement à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, par arrêté du 14 mai 2001, à l’exception de l’église basse et du presbytère construit au-dessus de la sacristie, l’église Saint-Jean-Bosco fait l’objet d’une étude minutieuse préalable, qui va permettre d’orienter les lignes décisives quant à sa restauration.  Mais cette étude, remise en janvier 2025 par Point 05, a surtout permis de faire des découvertes.

 

Les découvertes issues de l’étude préalable

Ainsi l’église, qu’on croyait en béton, est essentiellement construite en briques enduites de ciment. Et la blancheur immaculée des murs extérieurs n’est pas du tout d’origine : ces murs étaient d’un ton pierre avec des faux joints et des effets de texture tracés à la main. De même, si l’unité esthétique semble étudiée jusqu’au moindre détail, des chaises aux poignées de porte des confessionnaux, les matériaux, eux, ne sont pas toujours homogènes, ce qui rendra délicates les reprises.

 

Baptistère de l’église Saint-Jean-Bosco

Baptistère de l’église Saint-Jean-Bosco © Art culture et foi

L’ensemble des décors peints intérieurs, y compris la chapelle des fonts baptismaux, et des mosaïques ainsi que le chemin de croix de l’église haute, ont été réalisés par Mauméjean Frères et sur leurs dessins d’intention. Les décors des autels et de la chaire ont été réalisés par la maison Guitard, sur modèles de Mauméjean Frères. Le chemin de croix en mosaïques initialement disposé dans l’église basse et aujourd’hui mis en dépôt sur les tribunes est l’œuvre de Léon Guillemaind.

Avec ses lignes modernistes à pans coupés du plus pur style Art Déco, et son ornementation simple et raffinée, la chaire à prêcher, composée d’onyx, mosaïque et verre, est sans nul doute l’un des chefs d’œuvre de l’église Saint-Jean-Bosco.

 

La nature des travaux de restauration

La restauration du bâtiment va traiter en premier lieu les problèmes d’infiltration. Cela concerne principalement les vitraux, coincés entre deux claustras de béton armé. Ces vitraux souffrent en effet de l’explosion des bétons sous l’effet de la corrosion de leurs fers. Les eaux pluviales s’y insinuent, des morceaux de béton tombent à l’intérieur de l’église sur les tribunes latérales et des infiltrations d’eau pluviale en provenance des toitures provoquent de nombreuses taches et décollements sur les plafonds.

De multiples fissures apparaissent ici et là. La couverture ondulée amiantée de la nef doit être changée sans délai et ses prolongations en zinc, ainsi que les toits terrasse en revêtements bituminés, doivent aussi être rénovés. L’étanchéité du bâtiment est donc la priorité absolue, avant toute intervention sur l’intérieur de l’église même. Les premiers travaux sur les toitures auront lieu dès 2026.

 

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L’article complet de Frédérique Gaudin est à lire dans l’espace adhérent : Saint-Jean-Bosco va ressusciter

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