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L’histoire des animaux à Paris

Animaux vivant au Père Lachaise

La place des animaux parisiens depuis le moyen-âge

 

Il suffit qu’un loup d’Eurasie soit percuté par une voiture en forêt de Fontainebleau (le 11 janvier 2023) pour que le Parisien aussi bien que la presse nationale s’empare du sujet.

Plus près de nous, des renards, des fouines, des hulottes, des chauves-souris et des hérissons se sont durablement installés au Père-Lachaise. Les poissons reviennent dans la Seine et, d’après la Mairie de Paris,nous devrions bientôt pouvoir nous baigner.

Mais en vingt ans 72% des moineaux ont disparu et, en réponses à ces nombreux signaux, les perspectives d’avenir tendent à l’intégration de la nature dans nos projets urbains. Celui de la porte de Montreuil devrait voir la construction de plusieurs bâtiments sur un espace à végétaliser, comme le demandent les écologistes parisiens.

L’exposition actuelle au pavillon de l’Arsenal, ouverte du 29 mars au 3 septembre 2023, nous retrace l’histoire de l’animal à Paris.

La vie urbaine des animaux au Moyen Âge

Au Moyen Âge, porcs et cochons se promenaient librement dans la ville.
En 1131, le prince Philippe , fils ainé du roi Louis VI « le Gros », meurt à Paris à cause d’une chute de cheval due à un cochon errant. Une mort à l’origine de l’interdiction de la « divagation », l’errance des porcs dans les rues de Paris… interdiction à l’exception de ceux appartenant au clergé.

Les volailles sont aussi très présentes et par ailleurs les parisiens apprécient les poissons de la Seine, en particulier les perches.

Plus dangereux : des meutes de loups s’aventurent dans la ville. Dans les années 1430, des dizaines de personnes succombent à des attaques de loups. Une meute particulièrement féroce, menée par un loup sans queue, que les Parisiens nomment « Courteau », sévit dans l’est parisien, il sera abattu en face de la cathédrale Notre-Dame.

Traire les vaches dans le 16e arrondissement

Vaches laitières, exploitation marchande près de la tour Eiffel, vers 1895-PHD

Quant aux vaches, si elles restent en périphérie de la ville, le cheval et l’âne sont eux largement utilisés en ville. Des rues nous rappellent ce passé, comme la rue de Bièvre, du gaulois « bebros » qui signifie le castor, et la rue aux Ours, « oes » en bas latin, qui signifie non pas ours mais « oie ».

Finalement par décision sous forme d’édits, en particulier l’édit royal de 1539 tel qu’enregistré au parlement de Paris, amèneront l’interdiction des animaux errants, source de nuisances et d’accidents.

Une ville aux 80 000 chevaux.

Au 19ème siècle, les cochons errants et les loups ont depuis longtemps disparu et le cheval a envahi la ville. En 1880, on en compte près de 80 000 appartenant à environ 9 800 propriétaires, dont environ un quart est utilisé par la Compagnie Générale des Omnibus.

Les chevaux exploités par la CGO

Un omnibus Madeleine-Bastille-PHD

À cette époque, le cheval est le moyen le plus répandu pour le transport des marchandises (maraîchage, matériaux, déchets etc.) et des humains. En 1907, Paris compte 60 000 véhicules hippomobiles et 45 lignes en fonctionnement. La rue des Pyrénées sera creusée en tranchée pour permettre la montée des hippomobiles.

Tous les soirs, les chevaux rejoignent leurs dépôts parisiens qui servent de greniers à fourrage, de remises de voitures, d’écuries et d’ateliers. Une multitude de métiers (palefreniers, cochers, bourreliers, maréchaux-ferrants etc.) travaillent autour de ce mode de locomotion.

Le cocher reçoit le chapeau pour son cheval

en aout 1901, la SPA offre des chapeaux pour chevaux, les protégeant soleil.

En 1914, le nombre d’automobiles correspond au double de celui des voitures hippomobiles qui bientôt auront complètement disparues.

60 espèces d’oiseaux

On trouve à Paris 60 espèces d’oiseaux. L’épervier s’y est installé ainsi que le faucon pèlerin. Le plus petit oiseau parisien est le roitelet huppé qui ne pèse que cinq grammes. Trois espèces de pigeons fréquentent Paris. Le biset aime les greniers, les halls de gare et les immeubles, le pigeon ramier niche dans les arbres, quant au pigeon colombin, très discret, il préfère les toits pour surveiller son territoire.

Le chant des oiseaux s’est adapté à l’environnement sonore urbain, les espèces qui se sont le mieux adaptées sont celles qui émettent leur chant à des fréquences élevées. Certaines espèces disparaissent comme le moineau domestique et le martinet. D’autres apparaissent comme la tourterelle turque qui, depuis 1952, colonise de vastes espaces.

À noter également, l’impact de la rénovation des façades qui entraîne la suppression d’anfractuosités permettant aux moineaux et aux mésanges de nicher… et auquel s’ajoute la prolifération des chats, une catastrophe pour beaucoup d’espèces d’oiseaux.

La nature en ville d’aujourd’hui

L’interdiction des insecticides est un grand progrès, ainsi que la volonté de créer une trame verte permettant aux animaux de se déplacer. La ville protège des havres de biodiversité comme le cimetière du Père Lachaise qui a vu naître des renardeaux.

Il en est de même dans les jardins, en ce qui concerne la conservation des souches d’arbres abattus permettant ainsi l’installation de la petite faune sauvage et laminaire. On végétalise quand c’est possible et on adapte l’architecture en créant des murs accueillant une biodiversité animale et végétale.

Action rurale dans Paris

Transhumance, action rurale organisée à la Vilette

Mais aujourd’hui, les seuls mammifères sauvages encore en nombre à Paris ce sont les rats qui, par millions, peuplent souterrains, caves et égouts et quelques rescapés dans des parcs et des cimetières.
Demain, après les rats, les animaux domestiques resteront de très loin les mammifères les plus nombreux. Mais gardons en mémoire au quotidien notre attachement aux animaux domestiques : 43% des parisiens déclarent avoir au moins un animal de compagnie, dont 37% un chien et/ou un chat.

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Nota : Les photos proviennent du catalogue de l’exposition.

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