Les résistantes du 20e … des ombres légères

Bulletin N°87
Les résistantes du 20e… des ombres légères
par Françoise RAMAUT, de l’AHAV
Comme le dit l’historienne Michelle Perrot, « le silence est l’ordinaire des femmes », imposé par l’ordre symbolique. Pendant longtemps, l’histoire des résistantes n’a pas vraiment fait exception.
Effectuée de 2013 à 2018, cette recherche est basée essentiellement sur la lecture des historiens spécialisés et sur le dépouillement des archives de la répression des résistantes du 20e arrondissement pendant l’Occupation. Elle a pour but de les faire connaître davantage et de trouver un peu de rationalité dans leur parcours.
Le 20e en 1939-1940
C’est alors un quartier un peu spécifique de 200 000 habitants, populaire, ouvrier, longtemps terre d’asile et cosmopolite. De nombreux immigrés sont arrivés là : ils ont fui le génocide arménien ou la montée du fascisme en Italie, du franquisme en Espagne, du nazisme en Allemagne, ou encore fuyant l’antisémitisme pour les juifs d’Europe orientale. Depuis le Front populaire, le Parti communiste est bien implanté avec plusieurs élus (dont Emmanuel Fleury), mais les socialistes et la droite modérée dont une partie deviendra gaulliste, restent également présents. Les mouvements collaborationnistes (le Rassemblement national populaire) ont aussi des racines locales (Marcel Déat) mais son élu, Maurice Levillain soutiendra cependant certaines demandes de femmes internées. Les souvenirs de la Grande Guerre étant encore récents, les mouvements pacifistes restent très actifs.
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